‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 316 sur 359 · ApostumCf abcès · texte numérisé non relu

ApostumCf abcès

620 L£S EPlTRES DE SÉNEQUE.

raison plus propre que de ceux-ci qui jouent sur les échafauds*. Cettui-là que vous voyez qui porte ainsi le nez au vent, et dit :

En imperoy etc. *,

c'est un valet qui a i|n quart d'écu par mois, et sa vie*; celui qui fait le fendant^ et dit :

Demeure, Ménélas, ou tu perdras la vie ,

c est un autre bélttre, qui gagne sa vie à la journée, et couche sur de la paille en quelque galetas. Dites-en de même de tous ceux-ci que vous voyez se promener en housse ou en carrosse. Leurs félicités sont masquées : ôtez-leur ce qui les couvre; vous trouverez que ce n'est pas ce que vous pensez. Si vous achetez un cheval, vous le faites desseller ; si vous marchandez un esclave, vous lui faites mettre bas jusqu a la chemise^ et s'il est question de juger du mérite d'un homme, vous ne le considérez point hors du fourreau. Ceux qui vendent font ce qu'ils peuvent pour cacher le défaut de leurs marchandises; de là vient que les choses trop parées sont ordinairement suspectes. Si l'esclave que vous achetez avoit un bras en écharpe ou une jambe bandée, ne voudriez-vous pas voir ce que ce seroit ? Voyez-vous ce roi de Scythie ou de Sarmatie de qui vous admirez la tète si bien parée?

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