I. Avec et f voyez p. 46 1, noie a
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rencontre' : « Comme supporterois-je d'un homme ^ qui ne puis pas supporter le vin ? » Que chacun à cette heure se ressouvienne de ceux à qui il ne fieroit pas sitôt la clef de sa cave, comme celle de son secret. Si est-ce que j'en dirai un que je me viens de ramentevoir, afin que la mémoire s'en conserve; car il est bon d'être fourni d'exemples illustres pour toutes les actions de notre vie, afin de ne les aller pas toujours mendier aux siècles passés. L. Piso, depuis qu'une fois, pour bien boire, il fut fait gouverneur de la ville , il s'y affrianda tellement qu'il y passoit ordinairement la plus grande partie de la nuit, et presque toujours dormoit jusques à midi : c'étoit son point du jour. Cependant il se comporta fort bien en son gouvernement. Auguste même l'envoyant pour commander en la Thrace rebellée, lui donna des commissions secrètes, desquelles il s'acquitta si dignement qu'il la reconquit. Tibère s'en allant en la Campanie', et laissant les affaires de Rome pleines de soupçon et en un état qui ne lui plaisoit point*, pource, à mon avis, que l'ivrognerie de Piso lui avoit bien réussi, laissa le gouvernement de la ville à Cossus, homme grave et modéré, mais qui se laissoit tellement emporter au vin, qu'une fois qu'au partir d'un festin il étoit allé au sénat, il le fallut remporter tout endormi, parce qu'il n'y eut jamais ordre* de l'éveiller. Cependant Tibère lui écrivoit souvent de sa main des choses qu'il ne vouloit pas même commettre à ses secrétaires. Conoime de fait il ne se trouve point qu'aucun secret d*affaire, ni publique ni privée, lui soit jamais