‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 341 sur 359 · LES ÉPlTRES DE SÉNÈQUE · texte numérisé non relu

LES ÉPlTRES DE SÉNÈQUE

garde à la vérité qu'à la bienséance, et semble qu'il veuille qu'on le lise plutôt pour plaisir que pour apprendre à labourer. J'en laisserai assez d'autres exemples, pour vous en dire un qu'aujourd'hui j'ai été forcé de condamner :

Quand la tiède saison met les plantes en sève. On sème le sainfoin, et le mil, et la fève*.

Voulez-vous voir si ce qu'il dit est véritable , et si toul cela se doit semer en même saison ? Nous sommes à la fin du mois de juin ; et cependant aujourd'hui j'ai vu cueillir des fèves et semer du mil.

III. Je reviens aux oliviers, de quoi j'ai vu faire en deux façons. Quand ils veulent transplanter ces arbres déjà grands, après qu'ils les ont ébranchés à un pied près du tronc, ils les déplacent et leur ébarbent les racines, en sorte qu'il n'y demeure guère que la principale souche, laquelle ils enduisent de fumier, et la mettent dans sa fosse. Cela fait, ils jettent de la terre dessus, et marchent partout à l'entour, pour garder, à ce qu'ils disent, que le vent ni le froid ne leur fasse mal. Et de fait il y a bien de l'apparence que l'arbre ne s'en ébranle pas sitôt, et que par ce moyen les racines , qui sont encore tendres et qui ne tiennent que par emprunt, ont loisir de reprendre et de se loger à leur gré. Mais avant que de cou\Tir la souche, ils en raclent quelque peu, parce qu'ils tiennent que les racines nouvelles sortent mieux de ces endroits qui ont été découverts. Au reste il ne faut pas que le tronc sorte plus de trois ou quatre pieds de terre ; car de cette façon ils jetteront incontinent dès le pied, et ne seront ni flétris, ni liàlés, comme ils sont ordinairement devant que d'être renouvelés. Ils en plantent aussi d'une autre sorte. Us prennent des scions d'olivier, des plus forts et des plus

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