A MADAME LA PRINCESSE DOUAIRIÈRE
Madame,
Quand vous partîtes je n'eus point l'honneur de vous baiser les mains, et vous confirmer le vœu de ma servitude. Ce ne fut pas à faute ni de le désirer avec passion, ni de le rechercher avec diligence ; mais il ne plut pas à
Lrtbb 3.— - i. Charlotte-Catherine de la Trémouille, veuve, depuis i588, de Henri I*r, prince de Condé. A cette lettre, publiée dan» l'édition de i63o, livre I, lettre a, p. 476, était joint le sonnet que nous avons donné au tome I, p. 68 (pièce xvn),etqui, comme nous l'avons dit d'après Ménage, fut composé en i6o5.
la fortune de me donner ce contentement. Je sais bien qu'aux choses de telle importance, qui est malheureux est coupable , et que la bonne intention ne justifie pas les mauvais succès. Voilà pourquoi, Madame, j'ai recours à votre miséricorde, et l'implore avec toute sorte de trèshumbles submissions. Celle de Dieu, bien qu'elle soit infinie, veut que sa justice soit satisfaite. J'en veux croire le semblable de la vôtre, et pour satisfaction , ne pouvant mieux faire, je vous apporte l'offrande d'un chétif sonnet, que je fis tout aussitôt que je sus qu'au lieu de revenir par deçà , vous tourniez le visage vers la Provence. Il vpus sera peut-être rendu trop tard ; mais le principal est tju'il vous fasse croire que je mets la gloire de votre nom entre les plus dignes sujets où je me saurois jamais employer. Si j'ai cette grâce de vous, j'ai toute la félicité que je désire; car avec cela je ne douterai point d'arriver à la gloire d'être tenu de vous pour votre très-humble et très-obéissant serviteur.