A MADAME
Madame ,
Je suis très-marri qu'en m'écrivant que vous me desiriez employer, vous ne m'avez pas écrit en quoi. Vous
Lettre 72. — 1. Cette lettre a paru pour la première fois dans l'édition de i63o, livre I, lettre 17, p. 547. Il en existe au manuscrit Baluze, f° 49, une minute autographe, que M. Hauréau a publiée dans le Bulletin des Comités historiques (i85o, tome II, p. 147 et 148), en la rattachant à notre lettre 68 : c L'une des choses du monde, etc. • (ci-dessus, p. i3g). Cette minute est incomplète; elle commence ainsi : c Vous usez trop de cérémonies (ici deux mots biffés : c pour m'employer m) en mon endroit, et ne cohnoissez comme je sert volontiers mes amis. L'affection avec laquelle j'embrasserai votre affaire, vous témoignera que vous y deviez aller avec plus de liberté. Je n'ai point l'honneur de vous connoitre, mais la recommandation que m'en fait M. me seront (sic) des solliciteurs assez diligents, etc. » Pour tout ce qui suit, la minute est semblable à notre texte ; elle donne seule-
usez de trop de cérémonies en mon endroit, et ne connoissez pas comme je sers volontiers ceux qui me font cet honneur de m'en estimer digne, quand la fortune m'en donne le moyen. L'affection avec laquelle j'embrasserai votre affaire, mais que je sache1 ce que c'est, vous témoignera que vous y deviez aller avec plus de liberté. Je n'ai point l'bonneur de vous connottre , mais celui que généralement je porte à tout votre sexe , et l'opinion particulière que me donne de votre mérite la recommandation que m'en fait Madame votre bonne amie , me seront des solliciteurs assez diligents pour me faire apporter en ce qui sera de votre contentement tout ce qui sera de mon pouvoir. Je regretterai extrêmement le défaut que peut-être mon peu de moyen vous y fera trouver; mais au moins y verrez- vous, s'il plaît à Dieu, assez clair pour me donner la qualité de votre très-humble serviteur.