‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 127 sur 298 · à c a liste · texte numérisé non relu

à c a liste

Il y a, ma reine, trois ou quatre heures que vous êtes partie ; mais c'est au compte des cadrans et des horloges. Au mien, il y a mille ans et mille siècles * que je suis hors d'avec vous. Voilà pourquoi je ne crois pas que je puisse trop tôt commencer à vous écrire. Les douceurs de votre divine conversation sont perdues ; il faut voir, non de me les remplacer en quelque chose, puisqu'il n'y a rien au monde qui les vaille, mais de trouver en quelque remède la consolation d'en être privé. Le mal est que les paroles, qui n'avoient ni juge ni témoin que vous-même, étoient libres, et que les lettres, que la fortune peut faire choir en * mains étrangères, seroient véritablement indiscrètes, si elles ne taisoient quelque chose de ce que la passion leur voudroit faire exprimer. Je vous dirois volontiers que vous êtes la chose du monde que j'aime et que j'adore le plus (et certainement il ne se dit jamais rien de plus vé-

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