‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 162 sur 298 · A CALIStE · texte numérisé non relu

A CALIStE

Si je ne fais jamais autre faute que celle dont votre dernière lettre m'accuse, je ne crois pas que je sois jaa mais en peine d'implorer votre miséricorde. J'ai certes

(7 été quelques jours sans vous écrire, Madame ; mais

l'homme par qui j'avois accoutumé de vous faire tenir mes lettres n'étant pas en vos quartiers, vous jugez bien que sans nous exposer aux inconvénients qui en semblables occasions n'arrivent que trop souvent, je ne pouvois tenter une autre commodité. Aux choses où il ne va que de mon intérêt, je me commets volontiers à la fortune; en celles où il va de votre honneur, si la sûreté même ne m'est suspecte, je ne pense pas être assez considéré2. Mon affection, Madame, est montée à son dernier point. Il est temps que vous en ayez pitié. Si à cette heure que l'absence de votre fâcheux* vous en donne le moyen, vous ne vous y résolvez, il n'y a plus de salut pour moi. Je vous envoie ce courrier en diligence, avec charge de me revenir trouver sur le chemin. Renvoyez-le-moi instruit de votre volonté. Mon avis seroit que je vous (>t l± visse avant que l'on ait su que je airâ' dans le pays. Tou-

tefois en ceci, comme partout ailleurs, prenez l'autorité de commander, et ne me laissez pour ma part que la gloire d'obéir. Vous êtes ma félicité seule, il est raisonnable que vous soyez ma seule loi.

Lettre io3. — i. Cette lettre est la 37e du livre III (p. 715) dans l'édition de i63o. Nous eu avons comparé le texte à une copie conservée dans le manuscrit Baluze, f° 18.

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