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74* Var. (édit. de 161 4) : de l'intérêt de Leurs Majestés. — Trois lignes plus loin, cette édition remplace Ijeurs Majesté* par elles.
ai* LETTRES A DIVERS.
ri elle étoit morte , vous ne voudriez pas vivre une heure après. C'est pourquoi je ne m'étonne pas que vous soyez en peine de son repos. Nous avons tous cette coutume , que le salut des choses qui nous sont chères71 n'est jamais si assuré que nous n'y soupçonnions quelque danger ; et certainement c'est là que la peur a bonne grâce , si elle peut jamais l'avoir en quelque part. Mais, Madame, à regarder les choses, non selon ce qu'elles semblent en apparence, mais selon ce qu'elles sont en effet, combien s'en faut-il que nous ne soyons si mal qu'on nous le veut persuader? Il se peut faire que nos derniers feux ont laissé quelque chaleur en leurs cendres. Mais qu'y a-t-il en cela qui soit digne des alarmes que nous prenons? Quelle doute pouvons-nous faire que la Reine, qui les a éteints, ne les empêche de se rallumer? Si nous étions aux premiers jours de son administration, la nouveauté nous en pourroit être suspecte ; mais aujourd'hui qu'elle a vu les affaires aux formes les plus extravagantes qu'elles puissent être , et que si victorieusement elle nous a mis hors du bourbier où notre fureur nous avoit précipités, à quel propos cette appréhension ? Comme ses yeux sont les plus beaux du monde, ils sont aussi les plus clairvoyants. Il n'y a nuage qui les offusque , artifice qui les trompe, ni charme qui les éblouisse. Tant qu'ils veilleront pour nous, assaille-nous qui voudra71, le passé nous doit assurer77 de l'avenir. Au pis aller, il ne faut plus que trois ou quatre ans au Roi pour faire le monde sage et châtier ceux qui ne le seront pas. Toutes grandes qualités ont en lui de très-grands commencements. C'est un jeune lion qui aura bientôt de la force aux ongles ; et alors malheur aux oppresseurs de son peuple et aux contempteurs de