‹ Œuvres de Malherbe (volume 3)Chapitre 195 sur 298 · POUR CALISTE, A UN PRESIDENT · texte numérisé non relu

POUR CALISTE, A UN PRESIDENT

Monsieur,

D est très-certain que les choses les plus désirées sont celles qui succèdent le moins1 . Je le dis, pource qu'à mon retour de Normandie, étant allée à Rouen, plus avec pasnon d'avoir le bien de vous y voir, que pour nécessité d'aucune affaire qui m'y appelât, mon malheur voulut que je fosse privée du contentement que je pensois en recueillir. Je crois bien, Monsieur, que vos gens vous auront fait savoir que sitôt que je fus arrivée j'envoyai chez vous pour y apprendre de vos nouvelles, mais qu'ils ne vous auront pas su dire le regret que j'eus de ne vous y avoir point trouvé1. C'est pourquoi je me suis résolue de vous en donner le témoignage par cette lettre, et par elle-même vous faire connottre le soin que j'ai 'de me conserver, sinon par services4 , au moins par compliments,

s. Vab. (Faret) : et désirer. Monsieur, de votre serviteur, etc.

Lsnms xia. — x. Cette lettre est la rô» du livre I (p. 53i) dans l'édition de i63o.Nous en avons revu le texte sur un brouillon autographe, que M. Michel Chasles a bien voulu mettre à notre disposition.

s. Dans le brouillon autographe : c que les choses les plus désirées imaèdent le moins. »

S. Cette phrase est ainsi dans l'autographe : c L'on vous aura pu que je fis ce que je pus pour apprendre de vos nouvelles , mais on ne vous aura pas pu ni su dire le regret que j'eus, et que j'ai encore de cette heure, de ne vous y avoir pas trouvé. >

4* Dans le brouillon autographe : c sinon par mes services. »

la part que si libéralement vous m'avez promise en vos bonnes grâces. Ge sont deux choses que malaisément les paroles seront capables de vous représenter1. Toutefois, puisqu'à faute de mieux* je suis contrainte de les employer, vous me ferez, s'il vous plaît, cet honneur de les en croire, et vous assurer, Monsieur, qu'entre celles que votre bienveillance a par le passé jamais obligées, et qu'elle obligera jamais à l'avenir, il n'y en a pas une à qui' je ne me fasse avec raison céder la gloire d'être votre bien humble et affectionnée servante.

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