POUR CALISTE, A UN QUI LUI AVOIT ÉCRIT
Monsieur,
Je vois bien que ce que l'on dit est véritable, que le % refus irrite les affections, et qu'avec le temps il nous rend passionnés des choses que du commencement nous avons tenues pour indifférentes. La première fois que vous m'avez priée de vous écrire, je ne doute point que vous ne l'ayez fait par manière de discours plutôt quolpour autre dessein. Mais comme vous avez connu que je n'y étois nullement disposée, il se peut faire que vous vous êtes piqué de ma résistance, et avez pensé qu'il y alloit du vôtre de n'obtenir point ce que vous avez montré de désirer. A quelque 4tt (ïue vous l'ayez fait, je suis con-
5. Malherbe avait mis d'abord : c tous peuvent représenter. ■
6. Le brouillon donne : c puisque faute de mieux ; • et à la ligne suivante : c sy tous plaist. »
7. Dans le brouillon : c par qui , 1 et un peu plus loin : c votre très-humble.... *
Lkttbk h3. — 1. Cette lettre est la 17* du livre I (p. 53a) dans l'édition de i63o.
tente de vous donner cette satisfaction, à la charge que j'en recevrai une autre de vous, qui sera que je n'en oye jamais plus parler. Ce seroit me diminuer de la bonne opinion que vous me voulez donner de vous. Résolvezvous-y, croyez-moi ; et si vous voulez être du nombre de ceux qui m'honorent de leur amitié, ne me pressez point d'une chose qui est aussi éloignée de ma constance, comme elle est peu convenable à mon humeur.