STANCES III
Quand au premier (c'est-à-dire : pour ta première fois).,,. Je ne goûte pas cette phrase : au premier.
Sur le midi plus de chaleurs épandre, Les vents cesser, etc.
Le vent s'élève ordinairement sur le midi. — Imagination bourrue 4 •
Qu'une humeur choleruf ces tempêtes me donne. U faut dire colérique.
Qui fait par sa rigueur qu'avant l'âge je meurs. Je je.
Las ! je n'ai point de fiel ; car je voudrais donner Cent baisers, en mourant, à ma belle adversaire, Pour montrer que ma mort je sais bien pardonner. Belle conclusion. Toutefois j'eusse dit : je lui voudrois donner, et
non : je voudrois donner à ma belle adversaire, vu qu'il venoit d'en
parler. — Cette transposition est dure.
S'il n'y a rien si froid ne si glacé que celle Qui me fait par ses yeux sans pitié consommer, D'où peut-elle en nos cœurs tant de flammes semer, Vu que le sien est pris d'une glace éternelle? Consumer. — Le sens de ce premier quatrain devoit finir au troisième vers. Le quatrième est cheville.
Comme on voit un caillou refrappé maintes fois Par force avec du fer, servir d'amorce au bois. Mal.
. Mais la faute première,
Et l'ennui que par vous je sois serf devenu,
i. Cette dernière critique se rapporte à toute 1a seconde moitié de la pièce.
LES AMOURS D'HIPPOLYTE. 3i5
Rend votre ardent désir, etc.
Vois ici deux nominatifs à un seul verbe.
C'est trop tard, pauvres yeux, c'est trop tard attendu. Tro, tar, ta, ten.
Ayant trois ans entiers toute Rome asservie,
L invincible César
Suspect de cheville.
Quelques vaillants Romains, à servir mal appris,
Tranchèrent par le fer son empire et sa vie.
Amour depuis trois ans ma franchise a ravie....
Et mes lâches pensers n'ont encore entrepris
D'exécuter un meurtre où l'honneur les convie. Voici une ratiocination étrange : a De vaillants Romains se sont défaits d'un tyran, et mes lâches pensera n'osent faire de même, i— Il falloit conclure par le sens du second quatrain f .
Quand le triumvirat tramoit ses factions, Rome ne vit jamais tant de proscriptions. Les proscriptions ne se firent pas quand le triumvirat tramoit ses factions.
SONNET LVU.
Les ombres vont, et font maint et maint tour, Aimants encor leur dépouille laissée.
Il faut user du gérondif aimant ; car usant du participe, il faudrait le décliner et dire aimantes, qui ne serait pas bien.
Et sans fléchir si longtemps enduré.
Fléchir n'exprime pas ce qu'il veut dire.
Je ne fais que songer
Que je dois faire
Note ».
COMPLAINTE II
Quelle manie est égale à ma rage?
Gat la, ma, ra.
Je ne saurais ni i. rier ni pleurer, Pressé du deuil qui grossis t (sic) mon courage. Grossit. — Nous disons bien avoir le cœur gros, quand l'on nous
i. Le second quatrain finit à : « l'honneur les convie. » a. On lit ici de plus dans la copie B de 1* Arsenal :
.... Qu'en la privant d'un qui est tout à elle. Froid.
Si6 COMMENTAIRE SUR DES PORTES.
a fait quelque chote qui nous a déplu ; mais du courage , j'en dou terois.
Mon œil aussi larme à larme répand.
Leur 9 ma, lar.
Versa sur moi ce qu'il avoit de pire.
Note.
Qui pour ma peine oubliront leur souffrance. Note.
Hâtons la mort
Mal exprimé.
Mais tout ainsi que mes jours ont été Couverts d'ennuis, d'horreur, d'obscurité, Soit mon trépas horrible et détestable.
Froide conclusion.
Et qui fait que tu as tant de force en nos cœurs. Ce vers est mal divisé.
Cest le douzième jour que cet œil courroucé Entre mille dangers sans clairté m'a laissé, N'ayant pour me guider que ma flamme immortelle.
De grâce, en ma faveur, Amour, va la blesser; Ou si tu la crains trop et ne me veux laisser, Tire de mon cœur même et frappe la cruelle. Étrange imagination.
Si les pleurs quej'épands
N'ont pouvoir d'amollir un cœur de diamant, Et ne font de pitié pâlir son beau visage. Le beau visage d'un coeur de diamant. J'eusse dit : son cœur de diamont, bien qu'il n'eût point parlé d'elle.
Encor ce doux loyer que j 'a vois acheté
Par tant de passions et de peine immortelle. La peine se peut appeler immortelle pour le regard de l'avenir, mais non pour le passé ; et d'ailleurs une peine immortelle ne vaut guère de bon argent.
Trois fois m'est empêché
I. En regard des quatre premiers et des six derniers vers de ce sonnet, Malherbe a écrit : bon ; et en regard du second quatrain : mal.
LES AMOURS D'HIPPOLYTE. 3i7
Trois fois m'est empêché f mal. Il devoit dire : m'a été empêché, is s'il a parlé trois fois à elle, comme a-t-il été empêché ?
Pour tant d'ennuis divers
Pour avoir conjuré des premiers à ma mort,,.. Je ne demande pas que m'accordiez la paix. Gela ne ▼eut rien dire. — Fous '.
Que tous soyez plus doux, que jetiez moins de flammes. Vous *.
SONNET LXm.
B ne vaut du tout rien.
En Tain la voulant voir sur les pieds je me dresse; Car mon foible regard assez ne s'avancoit.
Ce n'est pas ce qu'il veut dire.
SONNET LXIY,
Je tremble tout et suis aventureux.
Que veut dire cela?
Comme au chaos tout se méloit ensemble, Ainsi cet ail cent contraires assemble Dans le chaos de mon entendement.
Il devoit ajouter quelque chose qui s'opposât à mon entendement.
SONNET UCT.
Toujours foible et pesante en terre est arrestée. Tcn, terrcsty tarrest.
Celte ombre de beauté, qui vous fait renommer, Quand vous seriez, au ciel, se verroit transformer En la beauté parfaite et d'essence éternelle. Ceci est sans jugement, n'en déplaise à l'italien d'où il est pris.
C'est qu'en dépit du ciel, de Fortune et d'Envie* En dépit a* Envie n'est pas bien dit. Il faut dire : de C Envie; pour Fortune, passe.
Les courroux, la rigueur, le temps et la distance , Serviront de rempart pour garder ma constance.
Mal imaginé. Il suffisoit dire* qu'ils ne pourront rien contre ma constance.
i. Dans U copie B dt l'Armai : « Fous, oublié. » a. Dans la copie B de l'Arsenal : « Il suffisoit de dira.
3t8 COMMENTAIRE SUR DES PORTES.