POUR UN MAL D'YEUX
L'aveugle enfant dont ma peine est Tente. Dou.
Car sa faveur ne leur avoit donné* Tant de clairtés, etc.
Voilà pas qui est galant : c cette femme-là m'a donnée des chemises ; cette lingère m'a faite des coiffes! i
O ciel clément, si juste est ma prière, Guaris sa vue, etc.
Cette transposition de juste est mauvaise ; car il veut dire : si ma prière est juste, et il semble qu'il dit : tant juste elle est.
La beauté de notre âge, à nulle autre égalée. Nota.
Du mal qu'elle soutient.
Mal parlé : soutenir du mal, pour avoir du mal. (A propos des derniers vers du sonnet, Malherbe dit ;) c U eût bien aussi nien fait de ne s'expliquer point. »
STANCES IV. (Sa maîtresse est malade.)
La beauté qui me blesse
Mal exprimé.
Pour le moins tant de jours qu'au lit elle sera Nonchalante de soi, ma frayeur cessera.
Car ceux qui me font crainte, etc.
Il est mal placé; et puis on dit : // me fait peur, et non : il me fait crainte.
i . On lit de plus dans la copie B de T Arsenal :
Mais ce qui pins rendrait ma douleur Rendre consolée, pour consoler.
Eh bien! elle mourra; m'en faut-il tourmenter? Rien de mieux en ce temps je ne puis souhaiter ;
Car s elle m'est ravie,...
Sa mort sera ma vie.
Je n'aurai plus l'esprit de fureur embrasé, etc.
Il se réjouit de ce qu'elle mourra, pource que sa mort le fera vivre, et n'aura plus de sujet de pleurer; et puis, tout aussitôt il dit : c je me tuerai dès qu'elle sera morte, 1 Cette imagînststn ne se peut défendre en façon du monde. Et pour bien faire, immédiatement après le couplet qui commence : Je naîtrai plus ? esprit , il devoit venir a celui qui se commence : O mort, hâte-toi donc, etc.
Et la nuit solitaire Ne m'orra tant de fois les hauts cieux blasphémer. Nota.
Car ma vie à l'instant de regret finira, Ou par glaive ou poison du corps se bannira Mon âme infortunée.
Ce premier ou se rapporte à finira et bannira; le second se rapporte à glaive et poison; cela brouille le sens et a mauvaise grâce : Ou par ma propre main du corps se bannira.
Car de tant de muguets qui l'aiment feintement, Je suis sûr que pas un, fors que moi seulement. 11 est donc du nombre des muguets qui aiment feintement.
Las ! en parlant ainsi, je sens soudainement
Un spasme, une foi blesse, un morne étonnement....
Puis en moi revenu
De ces mots je m'outrage :
c O méchant que je suis, ingrat et malheureux ! etc. s Il devoit continuer et dire : O mec/tant que je suis, etc. ; tans dire : je dis ainsi.
O ma belle homicide !
Homicide ne se doit point mettre avec un pronom possessif.
O Dieux qui d'ici-bas les destins gouvernez, Et qui des suppliants les malheurs détournez. Superflu.
Soleil, tu aideras à cet autre soleil
Qui éclaire en mon âme.
Froid. L'ayant prié, il lui falloit promettre quelque récompense, et il lui dit : c si tu aides à Madame, tu aideras au soleil de mon âme. »
SONNET LYI.
Je suis par votre éclipse en ténèbres réduit. Bre9 ré.
BONNET LYH.
Je sème an Tent mes cris, sans espoir je gémis. Rime au milieu du yen. — Se, gé.
Mes yeux trop désireux, ee sont mes ennemis. Nota. — Cette façon de parler ne me plaît pas. Il y auroit on grand discours à faire là-dessus, car il a confondu le sujet et l'attribut.
Ma nef i^s gouvernai,
Je dirois gouvernail.
Je devins papillon à ses yeux me brûlant, Je reçus saleraandre en feu si violant, Et fus caméléon à l'air de son visage. Froid et ridicule.
Puisqu'il semble à mon ame en cent chaînes étreinte. Étreinte en chaînes est mal parlé; il faut dire : t étreinte de chaînes, s
Et mes jours plus luisants,
Ce sont tristes horreurs
H pouvoit dire : sont funestes horreurs,
Et le pouvoir tyran d'un œil trop rigoureux. Le pouvoir tyran est ici mal mis pour tyrannie.
Amour, au lieu du cœur qui t'estoit immolé. Testoitim, té9 toi, tint.
Puisqu'avec le dédain ma constance est forcée. Que voulez-vous dire?
Et mes yeux pour jamais a pleurer condamnés. Il devoit dire : c et que mes yeux sont pour jamais, etc.; » ou bien : c Puisque je vois ma foi, etc. Et mes yeux pour jamais condamnés à pleurer. »
Je te sacre, ô Vulcain, ces vers infortunés, Cette main malheureuse, et cette âme insensée : Venge-moi de moi-même, et ta flamme élancée Fasse que promptement Us soient exterminés, H ne devoit parler que de l'âme et non des vers. — Il devoit dire : elles soient exterminées; la main et Came sont toutes deux féminines.
Quant à l'âme amoureuse.
A tamamou.
Laisses en faire Amour.
Nota.
BONNET Lxn«
La beauté qui si douce à prêtent tous inspire, etc. Galimatias.
L'hiver de Totre teint les fleurettes perdra. Quo me vertam nesc'w1.
Cet orgueil dédaigneux qui vous fait ne m* aimer.
Cette phrase ne doit jamais être négative. Il devoit dire : f qui vous fait me naïr, me mépriser, etc. »
De revivre en mes vers chauds & amoureux désirs. Cheville.
sonnet LXin.
Cent fois tout courroucé de voir que mes écrits, etc. Belle phrase.
Aux destins de son maître il doit estre compris. Tri, dot, tes y tre.
J'en veux brûler l'histoire, et suivre un autre style. H devoit dire : prendre un autre sujet.
Il suffît que sans eux je sois seul consommé. Consumé.
SONNET LXY.
Et des livres d'amour faire ma seule étude. Étude, pour un lieu où l'on étudie, est féminin ; étude, pour le travail d'étudier, est masculin. Qui fait au contraire, n'y entend rien.
Que la plume est trop rude.
Tror, ru.
SONNET LXVT.
Beaux yeux, par qui l'Amour entretient sa puissance, Qui vous juge mortels se va trop abusant : Si vous étiez mortels, votre éclair si luisant Ne me rendrait pas dieu par sa douce influence. *
Bel argument.
Car ce qui vient du ciel ne peut faire nuisance. Et le foudre, quoi ?
Voilà comme en V esprit de vous je vais pensant. Penser en F esprit, aller pensant.
Et puis d'un petit bruit bassement lui contes. Conter a? un bruit.
i. « Je ne sait où me tourner. » Malherbe vent dire : « On ne tait ri le* moU de votre teint dépendent d'hiver on àt fleurettes. »
Vous lui direz ainsi : c Notre esprit enflammé Sort du feu de vos yeux dans un cœur allumé; U est vôtre, Madame, et rien ne peut l'éteindre, s fétre% à qui se rapporte-t-il ? Si au feu qui sort de yos yeux, que
veut-il dire r Si au cœur, est-ce bien dit : éteindre *n camr allumé?
tout aussi bien comme éteindre une maison allumée*
SONNET LXTIII,
Que d'agréables feux, que de douceurs amères. Il devoit dire : que a? amertumes douces , puisqu'il avoit dit des feux agréables.
Je me vante entre tous l'amant plus fortuné. Dis : le plus fortuné. Encore est-ce mal dit : plus fortuné entre tous; il faut dire : Je tous.
SONNET LXJX.
Quand je rois yos beautés admirables de tons. Admirable de quelqu'un ne se peut excuser. On dit : admirable à quelqu'un, à tout Je monde.
chanson ni.
Ouvrez mon cœur que tous avez, Et mes vœux plus ne recevez Si dedans vous n'êtes empreinte.
Mais pour y graver autre image Le trait d'Amour n'est assez fort.
Je ne sais à quoi est bon ce mais.
Non, il n'en est point sur la terre Qui garde en l'esprit tant de foi.
Façon de parler impertinente : garder de la foi en l'esprit, pour : être fidèle.
sonnet lxx.
Ma foi comme mon mal en tous temps est durable. Me mon mal.
Mais des ailes d'Amour mon bien est emplumé. Galimatias.
Ne sachant que je veux, je sais que je désire. Galimatias.
sonnet lxxi.
Se ficher des propos d'un amant courroucé, A qui l'accès du mal fait tenir ce langage, Et prendre garde a lui, comme s'il étoit sage, Montre que votre esprit d'amour n'est point blessé. Quel langage? Puisqu'il dit : votre esprit , Û devoit dire au premier vers : vous fâcher, etc.
Vous mettes tant pitié le feu dans mon ulcère, Et contre on furieux vous entrez en courroux. Superflu.
SONNET LXXn.
Las! je n*aime que tous,. ni ne le saurois faire.... Comme votre rigueur fut prompte à me défaire. Simple et composé.
SONNET LXXJII.
.... Pour garder ma raison, pour avoir l'âme saine,
Si comme une bacchante Amour ne me pourmène, etc. Mal rimé.
Je veux ne trouver rien si plaisant que ma peine. J'eusse dit : je ne peux rien trouver, etc. Je ne veux rien dire, je ne veux rien manger, et non : je veux ne dire rien, je veux ne manger rien.
L'œil et le port des ours est témoin de leur rage : Le contraire en vous seule a trahi mon repos. Mal exprimé.
Autrefois mes travaux tu rendais soulagés. Rendre soulagé, mal, pour soulager.
Mais hélas ! ta faveur s'est de moi départie. La, ta, fa.
La douleur et l'ennui de cent pointes félonnes. Félonnes, mauvais épithète.
Et d'un voile éternel mes yeux tienne fermés. Transposition fort rude.
SONNET LXXYI. — Abécnce.
Quel horrible péché me fait haïr des cieux? Je dirois plutôt : haïr aux cieux; et de fait, on dit : t tous me l'avez fait haïr; » or qui doute que me ne soit datif, comme : vous me donnez, etc. On dit : cette action Fa fait haïr au Roi; cela Ca fait hoir à tous ceux qui C aimoient .
Après m'avoir purgé de toute amour -volage, Après avoir marqué mon cœur de votre image, Comme étant trop à vous, tous l'avez rejeté, c Après avoir marqué mon cœur, etc. , vous l'avez rejeté. • Biais après m'avoir purgé de toute amour volage, qu'avez-voua fait ? Ce vous l'avez rejeté ne se rapporte qu'au cœur, et par ainsi le reste est sans construction, et le neuvième vers {Après m avoir purgé, etc.) inutile.
Et lorsque par raison je tache à la dompter. Ta eha la.
Poignante, âpre, importune et fière souvenance. Wière est superflu et mauvais.
Que souvent de raison il m'ôte tout usage. Te, tou} tu.
Doit-on awoir égard à un homme insensé, Quand durant sa folie il fait quelque dommage? Mal parlé.
SONNET LXXJC.
Derechef toutefois, ô (mon espoir) pipeur effronté, Tu penses rendre eneor mon esprit enchanté. Vaut voulez derechef faire encore cela} c'est mal parlé.
Prends donc une autre adresse, ou l ardente chaleur De me* justes soupirs te Brûlera les ailes. Ridicule. *
Songe au cours de ce monde et à son inconstance, Qui fait qu'tui même état ne se peut assurer. Mal exprimé.
Apres l'orage épais le temps clair fait retour.... Et le désespéré s'éjouit a son tour.
Simple et composé.
Soleil sans fin tournant, qui le jour nous dépars,
Puis qui nous fais la nuit
Puis qui ; ce qui est superflu. Il devoit dire : qui fais le jour, puis la mût, et puis ramènes la nuit; et non : puis qui.
Par la commune loi de Y antique nature. Froid. Cet épithète ne vaut rien; il n'y en a point de moderne.
SONNET LXXXIU.
Et cette ferme foi qu*est-elle devenue, Qui vous faisoit partout saintement révérer? Ce relatif est trop loin.
Et que son coeur tout mien s'est ailleurs diverti. Qui fut (tout mien).
Et que des eaux d'oubli je faste mon breuvage. Il s'exprime mal.
Il faut vaincre en fuyant, ainsi que fait le Parthe. C'est l'opinion de tous les auteurs que les Parthes vainquent en fuyant ; mais il n'est rien si ridicule. On peut bien en fuyant tuer quelques-uns des poursuivants ; mais de vaincre, il est inimaginable.
Ce sonnet ne veut rien dire, et tous ceux qui seront composés de pièces rapportées, comme cettui-ci» ne vaudront non plus que lui.
O sagesse ignorante, 6 malade raison, etc. Drôlerie.
Mer qui pour notre mort nourris mainte Serene.... Hiver qui se déguise en nouvelle saison. Puisqu'il a dit : mer qui nourris, en segonde personne, il davoit dire aussi : hiver qui te déguises,
La cour, qui m'a tant plu, ne m'est rien qu'un désert. A quel propos ce vers?
Et plus tant de vapeur n'écume en mes esprits. Cette façon d'exprimer la chaleur du sang ou la gaillardise de la jeunesse n'est pas bien.
L'un nous veut étonner par sa langue mauvaise,... L'autre ombrageux s'offense, et si ne sait de quoi ; L'autre est assez content, pourvu qu'il nous déplaise. Chevilles.
Qui de deux cœurs unis empêche Y entrevue,.,. Le penser aux amants sert de langue et de pue. Simple et composé.
Jamais d'un si grand coup âme ne fut atteinte. Ta y tein9 te.
Quelle course des ans.
Mais qu'on veuille en vivant de moi me séparer , J/Téter ma propre forme
Ce langage ne se doit tenir à une femme.
35o COMMENTAIRE SUR DES PORTES.
Et l'heure de ma fin sera l'heure première Que de quelque repos çà bas j'aurai goûté. Sans pointe, ce c à bas veut dire appeler Robinette.
sonnet xci.
D'une secrète trame à mon dam commencée. Cri, te, tra, ma, mon; ces syllabes se trouvent ainsi rangées au segond vers avec un son fort rude. Il eût mieux dit : et une tram* smgréte.
Mais pourra-t-elle bien perdre le souvenir, etc. Cette crainte en mon cœur ne se peut maintenir. Mal exprimé ce qu'il veut dire.
L'outrage du malheur se peut-il endurer Que si cruellement nous arrache d'ensemble? Je crois qu'il faut qui.
sonnet xcm.
Quel martyre assez fort, quelle gène inconnue Est égale au tourment d'un cœur bien allumé? Mal parlé : quel martyre assez fort, etc. Il ne falloit point d'assez :
quel martyre est égal, etc. Et puis, quel martyre et quelle gène est
égale, est-ce bien dit ?
De tranchantes douleurs l'esprit est entamé. Test, ten, ta.
C'est un chaos nouveau, mêlant confusément Avec mille glaçons le plus chaud élément. Je ne voudrais point appeler le feu le plus chaud élément; les autres ne sont pas chauds.
SONNET XCIY*
Si l'outrageuse loi d'un Injuste hyméné (sic). Mal.
De cous m'dte la part moins parfaite et moins belle. Mal.
La partie immortelle.
1%, im.
L'âme à qui mes écrits tant de gloire ont donné. Note1.
x. On lit de plus dans la copie B de l'Arsenal : « donné, pour donnée, »
ODE
J'ai l'œil cave, et pâle le teint.
Note.
Maint sillon repliiae mon front.
Il eût mieux dit : me pusse le front.
Propre à mon âge et ma tristesse.
Et à ma, etc.
Arrière espoir conçu de vont (sic), Qui senrois d'attiser ma flamme. Vent. — Attiser une flamme ne me plaît pas; attiser le feu, bon. Et puis le vent n'attise point ; il pouvoit dire : a* accroître ma flamme.
Un doux importun souvenir....
Garde que je ne puis tenir Contre Amour de place assurée.
Mal exprimé.
Mon cœur s'ouvrit par le milieu, Alors qu'au partir ae ce Heu.
Milieu et lieu riment comme font mijour et jour, michemÎM et chemin, minuit et nuit, etc.
Fasse le ciel ce qu'il voudra, Ce jour au cœur me reviendra.
Cela ne veut rien dire. Il devoit dire : éternellement, tant que je vivrai, ou quelque autre ohose semblable.