Tous qui m'avez en rocher transmué
Transmué semble être adjectif, et non pas verbe. Il faudrait dire : transmué en rocher. (Copie B.)
43o COMMENTAIRE SUR DES PORTES.
brûler davantage; oomme si se douloir faisoit brûler davantage. Je me veux pat aller au Palais pour me faire prendre prisonnier : cela. Teut dire que si vous alliez au Palais, tous auriez peur d'être pris prisonnier.
Nota* Vent.
Cest peu de cas qu'un mal qui se peut dire. L'air refrappé ne bruira que mes plaintes *.
Valets fâcheux, qui par rotre présence De voir mon bien m avez tant su garder. Voir est ici pour regarder 9 mais mal*.
Bien peu me chault qu'en ayez connoissance. Vous en ayez*.
Au moins ma mort pourra tous assurer.
La mort ne doit pas assurer les valets, et cependant vous ne peut se rapporter ailleurs.
Que non la peur, mais l'amour me commande. La peur et l'amour ne commandent pas choses semblables. Si je mis quelque insolence , je ne dirai pas : ce n'est pas la peur qui me le fait faire; car à quel propos? mais bien : c'est l amour , pourceque cette passion produit des violences.
SOUMET XXV
Je voyois foudroyer d'un effort incroyable .
Les murs d'une cité que l'ennemi tenoit, etc.
ce
Il s'explique mal , car il semble qu'il devint amoureux au siège : qui ne fut pas. U devoit dire : pavois été en un siège, et en étois
x. Auprès du mal dans l'esprit retenu.
Pour dire : un mal retenu dans l'esprit, il a dit * : un mal dont V esprit retenu, mal.
Quand en son deuil on est contraint de rire, Le conservant pour le rendre inconnu.
Le conservant pour le rendre inconnu y galimatias. {Copie B.)
a. N'espèrent plus les propos envieux
Me séparer du bien qui me fait vivre !
Pour dire : « que les propos envieux n'espèrent plus. » Cela, c'est une transposition contrainte et défectueuse. (Ibidem.)
3. La copie D ajoute : « M'avez tant su garder, pour empêcher , mal. »
4> La copie B porte : « Vous manque; ■ et elle contient de plus cette remarque :
Mes chauds soupirs plus je ne retiendrai. Il est là mal, pour : je ne retiendrai plus»
* Le copiste a écrit : « il a dire, »
DIVERSES AMOURS, ETC. 43i
revenu sans blessure; comme je pensais être en sûreté, votre beauté me blessa, etc. — Cité, pour ville, très-mal.
Et du sang de ma plaie encor tout chaleureux [sic). Mal, pour chaud1.
Pourrait en le pressant refraichir (sic) mon ardeur. Rafreschir (sic).
Mais puisqu'un si grand prix à ma foi n'est promis, Au moins baisons son gant : il est toujours permis De baiser le dessus d'un sacré reliquaire. Si froid qu'il fait pitié; et d'ailleurs, prix au milieu du Ters, et promis à la fin , n'ont guère bonne grâce1.
Se peut-il trouver peine en amour si diverse? Si étrange, si cruelle, bon ; mais si diverse ne vaut rien.
En mon cœur chacun jour sa rigueur il exerce. Je dirais : chaque jour, chaque fois, et non : chacun jour, ni : chacune fois. Chacun se dit absolument, et non avec un substantif.
Mais qui pourrait fuir le désastre ordonné? Qu'est-ce que le désastre ordonné*?
L'un meurt dedans son lit , l'autre prédestiné
Pour mourir au combat
U faut lire : est prédestiné, ou autrement il y aura faute. Et puis est-ce bien parlé : l'un meurt dans son lit; F autre est prédestiné pour mourir au combat?
SONNET XVin.
Six jours? ab Dieu ! c'est trop; six jours sans l'avoir vue.... Car mes yeux aveuglés n'ont jour que de sa vue.
Ridicule rime.
x . La copie B donne ici de pins :
Toutefois je l'adore et la peine infinie
N'en sauroit retirer mon œil trop désireux. Mal; il veut dire : et la peine, quelque infinie qu'elle /Ut.
Pour venger mon outrage et la rendre punie. Mal parlé, pour la punir.
a. La fin de cette remarque est ainsi rédigée dans la copie B : « Césure rimée ayee la rime , mal. >
3. La copie B ajoute ici cette explication : « Il veut dire le désastre qui est ordonné à chacun de nous; » et elle allonge ainsi la remarque suivante : c II eût fallu dire : l'un est prédestiné de mourir en son lit; Vautre est prédestine de mourir, etc. »
Saignée , herbes, onguents ne font pour ma santé. Sale en ce lieu.
COMPLAINTE I. — Plaintes en absence.
La»! plus je pais avant
Fois.
Plaisants flambeaux d'amour
Lâche.
Ni pour pitié qu'il eût de ma peine soufferte. Mal, pour : de la peine que je souffrais.
Las! je serais heureux si la force du vent Me noyoit à ce bord sans passer plus avant. // seroit bien heureux s'il se noroît au bord de la mert sans passer plus avant : c'est mal parlé à un nomme oui abandonne la mer ; car il n'est pas pour passer plus avant. Et d'ailleurs, s'il l'abandonne, comme fait-il croître ses eaux en pleurant, sinon qu'il lui renvoie ses larmes par lettres de change ?
Apelle cette absence une aigre départie; Mais de moi je rappelle un rigoureux tourment , Une angoisse , une rage , et un gémissement. Belle imagination : f appelle cette absence un gémissement.
Las ! je crois que le ciel m'avoit prédestiné, etc. Cette stance ne conclut point.
Et pour n'avoir jamais de repos sur la terre. Mauvaise césure.
Jamais je ne me vis le cœur lâche et failli. Rime au milieu.
Quand celui qui voyage est surpris de la nuit, etc. Cette stance ne vaut rien.
Puisque je ne vois plus de lumière opportune. Ce mot n'est guère bon.
Quand le nautonier sage est au milieu de l'eau, etc. Ces deux stances, la précédente {Quand celui qui voyage, etc.) et celle-ci , ont leur quatrième ligne commencée par : Mais las !
J'ai le cœur tout serré de glace et de froidure. Qu'est-ce à dire : j'ai le cœur serre' de glace ?
Car faut-il espérer
Qu'avec tant de tourments je puisse assez durer Pour attendre un retour vainement favorable? Qu'est-ce à dire? Il dit qu'il a tant de mal, qu'il ne pense pas
assez vivre pour attendre un retour. Cette imagination est bonne;
mais à quel propos vainement favorable ?
COMPLAINTE il. — Allant en Pouloigne (/te).
Et finir par ma mort mon angoisse immortelle. Ma y mor9 mon.
En ce dernier ouvrage.
Outrage.
Grande est la tyrannie
Que si superbement tu exerces en moi.
J'eusse dit : sur mol.
Et le cruel devoir qui me rend maîtrisé. Mal , rendre maîtrisé , pour maitrlser.
Et la flamme ard plus fort.
Vieil mot, hors d'usage.
Qu'être toujours auprès de beauté si parfaite. J'eusse dit : auprès d'une beauté.
Serviteur infidèle, ingrat et malheureux* Il est pris ici pour méchant. Le peuple dit : vous êtes un malheureux homme , pour : vous êtes un mécftant homme. Cependant, en écrivant, je ne le voudrois prendre qu'en sa vraie signification & in fort une.
Pour complaire à Madame.
Et puis mon jeune roi n'a pas l'âme sauvage. A y ma , da. — Na , pa , la.
D'un et d'autre côté par Us temps pliu divers. Divers temps, langage plébée.
Sous l'Ourse en la Scythie, entre cent mille hivers* Il ne falloit point nombrer les hivers, mais exprimer leur froidure et leur rigueur.
ODE
Cependant que l'honnêteté
Retenoit ta jeune beauté
Empreinte au plus vif de mon âme.
Vous ne savez à qui se rapporte t honnêteté , à lui ou à elle. Il devoit dire simplement . tant que vous m'avez été fidèle, ou : tant que vous avez fait cas de l'honneur, eic. '.
Contraignant tout ce qui vivoit Sous l'amoureuse obéissance.
Vous ne savez à qui se rapporte sous l'amoureuse obéissance. Il se doit rapporter à contraignant , et cependant il semble se rapporter à
x. Malherbe avait d'abord ainsi rédigé cette critique : « Voua ne savea à qui se rapporte empreinte t à beauté ou à honnêteté. La raison vent qu'il te rapporte à f honnête té, mais il est ici placé en telle sorte, qu'il semble te rapporter à la beauté. » C'est là le texte de la copie B, qui ajoute ceci an sujet da vers suivant :
Qnand je sentois brûler mon cœur.
Tout ce vers est une cheville.
Malherbe, rv 18
tout ce qui vivoit; et puis à quel propos vivoit 9 en temps imparfait? Il devoit aire : tout ce qu'il voyoit, etc.
Bief, ingrate, j'étois tant tien, etc.
Toi , tan y tien.
Que je mettais mon plat grand bien A te peindre en ma fantaisie Pleine de tant de rarités (sic) , Que même les divinités , etc.
Il y a ici deux comparatifs en même période : tant tien que , etc. tant de rarités que même.
Toutefois or' en un moment.
Quel langage I
Mais en la fleur de son printemps Se Tendre à beaux deniers comptants.
U y a bien plus de raison de se rendre, étant jeune ; car qui von* droit donner de l'argent pour une vieille ?
SONNET xix.
Liberté précieuse en mes tosux adorée ,
eussé-je peu penser
Que si loin , en Poloigne, il fallût m*adresser, Pour voir sous ta faveur ma franchise assurée ? Qu'est-ce à dire : voir ma franchise assurée sous la faveur de la ùberté?
Au plus fort de mon mal ma guarison j'éprouve. Mon mal ma ; puisât S**/, ma , gua.
Mais pourtant quelquefois vous me confesserez Qu'un tel amant que moi tous les jours ne se treuve. Foible. — Il y a différence de quelquefois et quelque jour. Il falloit ici dire : quelque jour. On dit '.je l'ai vu quelquefois; mais on dit '.je le verrai quelque jour; et quand on dit : je le verrai quelquefois , c'est en autre signification.
Pour tant d'attraits dont je n'ose approcher. Vent. — Il ne dépeint pas ici une femme dont l'on n'ose approcher, mais une qui est trop approchée.
Il n'y a point aux enfers tant de peines, Ni sur la mer tant de flots dépités.
Superflu.
Qu'elle refait et fait d'amours soudaines. Hysteron proteron * .* refait et fait , pour fait et refait.
i. TffTtpov icpoTt pov. Malherbe a écrit ici ce» deux mots grecs en lettres françaises, voyez ci-detsai, p. 3g6, note x.
SONlfBT XXII.
Ce sonnet est d'un Italien, et du Séraphin, à mon avis '.
Comme an chien que son maître a longtemps caressé. S'il advient qu'à la longue il change de nature, S'enfuit, puis s'en revient, espérant qu'il ne dure, etc. Que veut dire : espérant qu'il ne dure ? Je ne sais à qui se rapporte */;car au maître, il n'y a point d'apparence. Je crois bien qu'il entend le mauvais traitement, mais il le failoit dire. — Qu'il ne dure : il, pour cela, mal.
Et pour six coups de fouet ne peut être chassé. Bas et plus que plébée.
Enfin d'ardente soif et de faim trop pressé....
Est contraint autre part chercher son aventure. Il est plaisant de dire qu'un chien pressé de la soif est contraint de chercher un nouveau maître, comme s'il étoit question de lui bailler du vin d'Aï, de Grave, ou de Bar-sur-Aube.
VIIXANELLK *.
Tu fais le mal et je le vais sentant. liai, pour je le sens.
Ce n'est raison que tu Payes à toi, A toi est une cheville : qu'il demeure chez toi.
Assez tu as sa franchise asservie.
Tu ras assez asservie : ce n'est pas ce qu'il veut dire. On ne dit pas roprement : je rai beaucoup on peu asservi. Il veut dire : tu tas assez longtemps tenu en servitude. Or asservir ne signifie pas tenir en servitude, mais réduire en servitude.
Serments, soupirs, faveurs en abondance De son amour ne te rende assuré.
Rendent.
Ah ! maudite espérance à mon mal conjurée, Tu m'as bien cette fois traltrement abusé, Quand après tant de peine en l'aimant endurée, Un nouveau sans mérite est plus favorisé. Mal : l'espérance m'a bien trompé , quand un autre est mieux aimé que moi.
x. La copie A donne par erreur : « à son ami, » pour : « à mon avis. • — Séraphino d'Aquila, mort en x5oo. Noos n'avons pas trouvé ce sonnet dans i OEuvres.
a. Dans la copie B, on lit cette remarque sur le quatrième vers :
Mais si grand deuil que je ne puis cacher
Fend ma poitrine
Un oublié.
J'ai cultiré la plante f un autre a le fruitage. Fruitage, mal, pour fruit.
Destin malencontreux des amants misérables. Il suffisoit de dire : destin malencontreux des amants; car les amants fie sont misérables qu'en ce que leurs destins sont malencontreux.
chanson ni.
Ne tous défiez point qu'autre part je me range. Note.
Mais tandis qu'en m 'aimant ou feignant de m 'aimer, Je tous Terrai voler pour tant d'amours nouvelles, etc. D devoit dire simplement : feignant de rn aimer, car celle n'aime pas qui vole après de nouvelles amours1.
Je ne suis point de ceux qu'en doute il faut tenir. Rude.
A ce que l'un contraint, l'autre nous en dispense. Contraindre et dispenser n'ont pas même construction. Si on dit : contraindre à quelque chose, on ne dit pas : dispenser à quelque chose. C'est bien dit : de ce dont votre courtoisie me sollicite, mes nécessités me dispensent; et encore mieux, sans transposition: ma nécessité me dispense de ce dont votre courtoisie me sollicite. Il pou voit dire . Si l'un nous y contraint, F autre nous en dispense.
SONNET XXIV. — A l'Inconstance.
Devant à ta faveur l'âme et la liberté. Ta, ta, fa.
Un songe imaginé, que l'on dit fermeté,
M'avoit si bien pipé
Trois demi-vers rimes l'un à l'autre.
SONNET xxv.
Tant de jours consommés en angoisseuse peine. Consumés.
Pour le poignant regret de tous voir si soudaine. Soudaine ne signifie pas légère, ni volage.
Ces yeux prompts en regards, trompeurs et déguisés N'ont pas tant de clairté, d'attraits ni de rudesse. Mal exprimé.
t . Dans la copie B : « à de nouvelles amours. »
Et ces cheveux frises
Ne sont pas ses cheveux, c'est une fausse tresse. Bas et populaire '.
chanson rv.
Bref, tout ce qu'on lit de Protée
Ne s égale à ses changements.
Tout ce qu'on lit de Protée nerégaU. Si cette proposition universelle n'est vraie, la particulière le peut être. Cette proposition : toute femme est c fias te, peut bien être fausse ; mais sa particulière : quelque femme est chaste, est véritable. Il pou voit et devoit dire : Bref, on ne lit rien de Protée Qui s égale à ses changements.
Ce nouveau fier de mon dommage, Qui se forge un destin constant, Aussitôt se trouve en naufrage.
Destin est mal en ce lieu. — Mal parlé : se trouver en naufrage.
J'ai fait par art et par nature Tout ce qu'un amant peut penser.
Mal.
Il est votre Adonis, vous êtes sa Cypris. Rime au milieu.
Et se mire en vos yeux, qui serf le tiennent pris. Quel langage : il me tient pris serf!
Expert j'en puis parler, qui lâche et tout trempé, Du péril fraîchement par miracle échappé, Paye au port tout joyeux mon offrande à Neptune. ■< Froid.
Qui jour et nuit ne discourt que cautelle. Court que eau, cacophonie.
La font superbe, erratique, inconstante.
Quin, con.
La plus fidèle aimeroit beaucoup mieux N'avoir qu'un œil que d'un être contente. Vois ci-devant (p. 385).
Forcé je m'abandonne à cette frénésie, N'espérant jamais plus d'y trouver guarison.
Note.
x. Dans la copie B : c Bas et plébée. »
Mais enfin de bonheur je sut que ma maîtresse FaTorisoit un sot
kg un noble dédain fient gagner mon courage.... s- je pas bien aimer le sot qui m'a fait sage? Bon.
En lieu que le profit n'avançât le dommage. Mal parlé, pour dire . ne fût plus grand que le dommage*
Son cœur naguère mien fut ailleurs diyerti : Un revint t et soudain lui voilà ralliée. Guère bon. — Et puis il falloit dire : la lui voilà ralliée.
Je cueillois des chardons et de sèches épines. Note. Épines ne devoit point avoir d'épithète, non plus que chardons.
CHANSON y.
Et ne pensois voir oncq arriver l'heure Que nos esprits fussent moins embrases.
Cette phrase est ambiguë ; car il semble qu'elle signifie une impa- Ntîenoe de voir ce que l'on désire fort. Il le prend toutefois d'autre façon, et veut dire qu'il ne croyoit jamais voir de la diminution en l'embrasement de leurs esprits.
Mais six lustres sitôt n'ont mon âge borné, Qie du chemin passé je me suis détourné, Tout honteux que si tard paie été variable. Il veut dire : que si tard je me sois reconnu, que si tard f aie changé de façon de vivre. Vous pouvez voir comme il s'exprime.
STANCES II. — Pour le roi Charles IX, à Callirée.
Un Dieu doit pardonner quand il est offensé. Quand on s'humilie.
.... Mais qui ne sait que c'est de service et de crainte.
Mais est mal ; car mais implique contradiction, et il n'y en a point.
Se faut-il étonner si m'étant vu dompter....
ir 9 Je me sois efforcé
jHÉfaut dire : si je me suis efforcé.
Le repos ocieux en travail j'ai mué, J'ai comblé mon esprit de soucis et d'affaires, Et forcé pour un temps mes regards volontaires, Les privant à regret des yeux qui m'ont tué. Ce discours ne devoit commencer qu'au quatrième yen. 11 devoit
dire : les privant à regret des jeux qui me sembloient si beaux, ou quelque chose de semblable.
Ce n'est pas sans raison qu'on te donne des ailes, Un carquois plein de traits, et de flammes cruelles. Note ceci ; car s'il veut dire : un carquois plein de traits et de
doit dire : un carquois et des flammes, comme il a dit des ailes •
Et par ma contenance,
Mes pleurs et mes soupirs, elle auroit connoissance Que je sens bien ma faute, et qu'en suis repentant. En lisant ceci, il semble que mes pleurs et mes soupirs soit nominatif, et cependant il dépend de : par ma contenance, et veut dire : par ma contenance , par mes pleurs et par mes soupirs.
De ces diversités l'amour est agitée.
Il ne dit pas ce qu'il pense dire : il dit que l'amour est agitée par ces diversités, et il veut dire que l'amour étant agitée par ces diversités, en est plus grande, comme fax agitata magis accenditur*.
Et par le déplaisir sa joie est augmentée, SP enrichis t (sic) de sa perte, et renaît en mourant. S* enrichit. — S'enrichit de sa perte ne veut rien dire ; ce n'est que pour remplir le vers.
STANCES m. — Pour Monsieur le duc d'Anjou, allant assiéger
la Rochelle, 157a.
Je mourrai, j'en suis sûr, et mon âme égarée, etc. Superflu et mal.
Je vais pour assaillir et ne me puis défendre Seulement d'un enfant dont je suis surmonté. Superflu.
Qu'elle soit par le ciel comme une astre allumée. Qu'est-ce à dire : que ma renommée soit allumée dans le ciel? S'il disoit : qu'elle éclaire en terre comme un astre aux deux1, il seroit passable.
Que sur mon jeune front cent lauriers soient plantés, Que j'élève un trophée à jamais per durable. Je dirois : durable à jamais, et non : per durable à jamais; et d'ailleurs, il devoit dire : que j'élève une infinité de trophées, et non : que /érige un trophée éternel, comme il avoit dit auparavant : cent lauriers.
1. c A mettre des flammes. » (Copie B.) a. « Une torche agitée s'allume davantage.»
3. Malherlte avait d'abord écrit : « qu'elle éclaire cy bas, comme un astre dans les cienz. »
44o COMMENTAIRE SUR DES PORTES.
COMPLAINTE m. — Pour Monsieur le due d*Anjon, élu rot de Polongne (ne),
lorsqu'il partit de France, i573'.
Que s'en soit seulement l'éternel souvenir. Cm.
O France, où j'ai reçu tant d'honneurs mérités* Note. — Ce mérités ne sied point bien en la bouche de celui à qui il le fait dire. Il devoit dire, ou: tant d honneurs, simplement, on: tant de grands honneurs, ou quelque autre épithète semblable.
Je te Tois, me perdant, toute en pleurs te hagner, Je Yeux donc de mes pleurs les tiens accompagner. France, je te pois pleurer en me perdant, il faut donc que je pleure.
Cela Ta bien s'il pleure de déplaisir de quitter la France; mais ce
n'est pas ce dont il est question.
Bien qu'il soit ébranlé, n'est pourtant renversé. Rime au milieu.
Mais quand le fer cruel vient son pied dé trancher. Quel langage : quand le fer vient détrancher ! et puis il faut dire le simple trancher, et non le composé détrancher. Ce dernier signifie couper en morceaux.
Malgré sa résistance est contraint de broncher. //.
Votre soleil s'en Ta
Mal : c'est lui qui part, et non sa maîtresse.
Puisque je ne pouvois longtemps la regarder. Il faut dire voir, et non regarder.
Comme un nouveau printemps sa jeunesse florist (sic). Fleurit*.
Sa grâce au même point nous blesse et nous guarist (sic). Guarit.
Que pour plus n'en partir son plumage a brûle
A toutes les beautés son oeil sert de flambeau. Cette imagination ne vaut rien.
Ceux qu'un si cher trésor a rendus * désireux,
^ Cela m'a rendu désireux est mal dit simplement; bien pourrait-on dire : cela m'a rendu désireux de la servir.
i. Malherbe a écrit à la marge : « Pour la princesse de Coudé* Marie de Clerc». »
a Dam la copie A : Jlorit.