Henriette de France, qu'il épousa en i6a
s'il a perdu ou gagné. Quant à moi, mon cousin, je vous dirai sans cajolerie, que la nôtre est une des plus gentilles princesses qui soit au monde , et que je ne crois point qu'il y ait, non une personne de sa qualité, mais une demoiselle en France, de qui l'esprit ne perdît sa rt cause, s'il étoit mis en comparaison avec le sien. J'ai été ce matin à l'audience du milord Hay 6, de laquelle je n'ai rien entendu ; mais j'ai pris garde que le Roi lui a fait bon visage et à l'accueil et au congé. Le sujet de l'audience étoit l'excuse du prince de Galles en ce petit équipage, et y\t(-u >u ainsi déguise comme il étoit. Nous attendons Monsieur le Prince cette semaine. Il y en a qui s'imaginent quelque nouveauté à sa venue; pour moi, je ne suis pas de leur avis. On avoit grandement parlé d'un voyage «^Picardie ; ■- ' l mais s'il n'est tout à fait rompu , il est pour le moins différé , au grand contentement de toute la cour, et de moi particulièrement , qui eusse eu la peine d'aller faire donner mon arrêt à Compiègne. Je ne baillerai point votre lettre à M. de Saint-Clair*, que je ne voie qu'il en soit besoin, mais étant les choses comme elles sont, je pense que ce sait une œuvre superérogatoire. J'oubliois à vous dire qu'il y eut hier huit jours que le Roi envoya un courrier à Montpellier pour faire ^lâcher M. de Rohan, que M. de Valence7 avoit retenu. Je ne sais ce qu'il en sera. Tant y a que M. de Soubise est toujours ici, ce qui ne seroit pas si son frère avoit eu quelque mauvaise intention. Mais vous savez comme aux affaires d'État la défiance et la
5. c J'ai expédié Doncaster (lordJcmes Har, vicomte de Doncaster9 et peu après comte de Car lu le) au roi de France, arec une petite lettre de ma main, voulant avoir pour lui cet égard de l'informer que mon fils traversoit incognito son royaume. » {Lettre de Jacques I au prince de Galles et à Buckingham, du 8 mars i6a3.)