ÉVÊQUE DE MARSEILLE
Monsieur , Je viens d'apprendre par une lettre que M. de Peiresc
3. U y eut divers changements dans le conseil du Roi après la paix de Montpellier.
4. H y a regardés, au masculin, dans l'édition de i63o comme dans le recueil de Faret. Voyez le Lexique.
Lkttbk 4i- — i* Nicolas Coefteteau fut nommé éréque de Mar-
m'a écrite le don que le Roi vous a fait de Tévéché de Marseille. Voilà, grâces à Dieu, un grand démenti et une grande vergogne tout ensemble au galant homme qui disoit que Ton tenoit à la cour que vous en aviez assez. Je m'assure que non-seulement en votre diocèse, mais en toute la Provence, cette nouvelle sera reçue comme elle doit. Pour moi, outre la part que je prends en la joie commune, j'en ai une si particulière qu'elle va jusques au transport. Le moyen qu'ont les rois de se faire bien obéir, c'est de bien régner, et le bien régner, à mon avis, ne consiste en aucune chose tant qu'en la distribution des charges aux personnes de mérite. Je prie Dieu que le nôtre, qui a témoigné son bon goût en votre élection, le continue en votre promotion si avant, que comme vous êtes au comble de la doctrine et de la vertu, vous arriviez à celui de la dignité. Je fais cette prière de tout mon cœur ; mais, Monsieur, c'est à condition que vous m'aimerez toujours, et toujours me tiendrez pour votre serviteur très-humble et très-affectionné,
Malherbe.
[i6ai.]