‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 103 sur 259 · DE BARRIÈRE · texte numérisé non relu

DE BARRIÈRE

«TAHCES..

c Le dimanclie a 5 féTrier i6o5, dit Bassompierre , se fit (à Puis) le combat à la barrière , le seul qui s*est fait du règne du feu Roi (Henri IV), ni de celui de son fils présent régnant. Notre psrde étoit les cberaliers de l'Aigle, et éfîoiis le comte de Sault, Saint-Lac et moi, qui entrions ensemble, a Le» itanoei de Malherbe furent imprimées en i6o5, dans le Recueil des cartels et défis.,,, pour le combat de la Barrière, Paris, in-ia. Dans ce volume que je n*ai pu me procurer, elles sont , suivant Saint-Marc , intitulées : Pour les ftdadins de France, Je ne crois pas qu'ellei aient été réimprimées avant l'édition de i63o.

Et quoi donc? la France féconde

En incomparables guerriers ,

Aura jusqu'aux deux bouts du monde

Planté des forêts de lauriers,

Et fait gagner à ses armées 5

Des batailles si renommées,

Afin d'avoir cette douleur

D'ouXr démentir ses yictoines , .

Et nier ce que les histoires

Ont publié de sa valeur ? t o

Tant de fois le Rhin et la Meuse Par nos redoutables efforts Auront vu leur onde écumeuse Regorger de sang et de morts ;

Malhxbbb. I ^

es POÉSIES, XVI.

Et tant de fols nos destinées 1 5

Des Alpes et des Pyrénées

Les sommets auront fait branler,

Afin que je ne sais quels Scythes ,

Bas de fortune et de mérites ,

Présument de nous égaler. a »

Non, non, s'il est vrai que nous sommes

Issus de ces nobles aïeux

Que la voix conmiune des hommes

A &it asseoir entre les dieux ,

Ces arrogants , à leur donmiage , a s

Apprendront un autre langage ,

Et dans leur honte ensevelis ,

Feront voir à toute la terre ,

Qu*on est brisé comme du verre

Quand on choque les fleurs de lis. 3u

Henri, lexemple des monarques

Les plus vaillants et les meilleurs.

Plein de mérites et de marques

Qui jamais ne furent ailleurs ;

Bel astre vraiment adorable , 3 5

De qui lascendant favorable

En tous lieux nous sert de rempart ,

Si vous aimez votre louange,

Desirei>-vous pas qu'on la venge

D*une injure où vous avez part? 4 o

18. Les adversaires des Pairs de France représentaient des Sc}t]ies. — Plus loin (vers 4^) le poëte fait allusion à la tradition qui donnait pour premier roi aux Scythes, Scythes, fils d*HercuIe et d*Échidna.

9 1-34* On sait qu*une légende acceptée jusqu'au seizième siècle faisait descendre les Francs de Francns, fils d^Hector.

Ces arrogants, qui se défient

De n'avoir pas de lustre assez,

Impudemment se glorifient

Aux fables des siècles passés ;

Et d'une audace ridicule , 4 5

Nous content qu'ils sont fils d'Hercule,

Sans toutefois en faire foi ;

Hais qu'importe-t-il qui puisse être

Ni leur père ni leur ancêtre,

Puisque vous êtes notre roi ? 5 •

Contre l'aventure funeste

Que leur garde notre courroux ,

Si quelque espérance leur reste »

C'est d'obtenir grâce de vous ;

Et confesser que nos épées , 5 5

Si fortes et si bien trempées

Qu'il faut leur céder, ou mourir ,

Donneront à votre couronne

Tout ce que le ciel environne.

Quand vous le voudrez acquérir. 60

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