‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 104 sur 259 · DE LA TRIMOUILLE · texte numérisé non relu

DE LA TRIMOUILLE

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Sarvant Ménage» Malherbe fit ce sonnet en arriyant à la conr, c*est-à-dire en i6o5. Il TenToya à la princesse (Charlotte-Catherine de la Trémonille, yeuTe de Henri I**, prince de Condé), avec une lettre qui a été publiée, et où il lui dit : «Je yous apporte Toffiande d*un chétif sonnet que je fis tout aussitôt que je sus qu'au lieu de revenir par deçà, tous touniiez le visage vers la Provence. »

Ces vers furent imprimés pour la première fois, en i6ao, dans les tomes I et n des Déùees Jg la poésU fraaeoue.

Quoi donc, grande Princesse en la terre adorée, Et que même le ciel est contraint d'admirer, Vous avez résolu de nous voir demeurer En une obscurité d'étemelle durée?

La flanune de vos yeux , dont la cour éclairée 5

A vos rares vertus ne peut rien préférer. Ne se lasse donc point de nous désespérer. Et d'abuser les vœux dont elle est désirée?

Vous êtes en des lieux, où les champs toujours verts, Pour ce qu'ils n'ont jamais que des tièdes hivers , i o

Semblent en apparence avoir quelque mérite.

Mais si cW pour cela que vous causez nos pleurs, Conmnent faites-vous cas de chose si petite , Vous de qui chaque pas fait naître mille fleurs?

lo. YAa, (éd. de t63t) : De tièdes hivers.

XYIII

PRIÈRE POI]R LE ROI HEU RI LE GRAND, ALLAirr EV LIWOU9IM.

STAlfCRS.

Hairi IV, en tq>teiiibi« iSoS, an moment où U partait aree det tnmpes pour aller tenir let grands jours en Limonsûni commanda ees TOI à Malherbe , qui les lui présenta à son retour. U est pent-ètra pomis de croire, d'après un passage de l'Estoile, qu'ils parurent d'abord en feuille Tolante. En tout cas, ils furent imprimés en 1607 dans le tome II du Parnasse des plus excellents poètes de ce temps.

On peut Toir dans Y Histoire de l'Acaddinie française par Pellisson (édition LiTct, tomel, p. iso et suiv.) l'analyse de l'examen que l'illustre compagnie fit de la pièce de Malherbe , examen auquel elle consacra trois mois (du 9 ayril au 6 juillet i638), sans pourtant acherer sa besogne ; car elle ne s'oocupa point des Tingt-qoatre der* siéra Tcrs (il y en a en tout ia6). Une seule strophe ÇQuand un Roi fûuuant) troara grice derant elle.

0 Dieu , dont les bontés de nos larmes touchées

Ont aux vaines fureurs les armes arrachées ,

Et rangé Tinsolence aux pieds de la raison ,

Poisqu^à rien d'imparfait ta louange n'aspire ,

Achève ton ouvrage au bien de cet empire, 5

Et nous rends Tembonpoint comme la guérison.

Nous sommes sous un roi si vaillant et si sage,

3. L'insolence, L'édition de i63o et les éditions postérieures portent i'ifMocence, ce qui n'offre aucun sens, et est érîdemment une feme d*imprcssîon. Nous aTona suivi, arse Ménage et Saint-Marc, la kçab qne donnent les divers Recueils où la pièce avait paru antérieurement et an manuscrit dont nous parlons plus loin. Voyet p. 7a, note sur les V. 80-89.

70 POÉSIES, XVllI.

Et qui si dignement a fait l'apprentissage

De toutes les vertus propres à conunander,

Qu'il semble que cet heur nous impose silence, i o

Et qu'assurés par lui de toute violence,

Nous n'avons plus sujet de te rien demander.

Certes quiconque a vu pleuvoir dessus nos têtes Les funestes éclats des plus grandes tempêtes Qu'excitèrent jamais deux contraires partis , 1 5

Et n'en voit aujourd'hui nulle marque paroître, En ce miracle seul il peut assez connottre Quelle force a la main qui nous a garantis.

Mais quoi? de quelque soin qu'incessanunent il veille, Quelque gloire qu'il ait à nulle autre pareille , i o

Et quelque excès d'amour qu'il porte à notre bien ; Conune échapperons-nous en des nuits si profondes, Parmi tant de rochers que lui cachent les ondes. Si ton entendement ne gouverne le sien?

Un malheur inconnu glisse parmi les hommes , « s

Qui les rend ennemis du repos où nous sommes;

La plupart de leurs vœux tendent au changement;

Et conune s'ils vivoient des misères publiques.

Pour les renouveler ils font tant de pratiques ,

Que qui n'a point de peur n'a point de jugement. 3 o

En ce fâcheux état ce qui nous réconforte,

C'est que la bonne cause est toujours la plus forte,

Et qu'un bras si puissant t'ayant pour son appui.

Quand la rébellion plus qu'une hydre féconde

Auroit pour le combattre assemblé tout le monde , 3 5

la. Var. (F, L, O) : Nous n'ayoni pas....

Tout le monde assemblé s'enfuiroit devant lui.

Confonne donc, Seigneur, ta grâce à nos pensées,

Ote-nous ces objets cpii des choses passées

Ramènent à nos yeux le triste souvenir;

Et comme sa valeur, maîtresse de Torage , 4 o

A nous donner la paix a montré son courage.

Fais luire sa prudence à nous lentretenir.

D n a point son e^oir au nombre des armées ,

Étant bien assuré cpie ces vaines fumées

N ajoutent que de Tombre à nos obscurités; 4 5

Laide qu^il veut avoir, c'est cpie tu le conseilles;

Si va le fais, Seigneur, il fera des merveilles,

Et vaincra nos souhaits par nos prospérités.

Les fuites des méchants, tant soient-elles secrètes ,

Quand il les poursuivra n auront point de cachettes; 5o

Aux lieux les plus profonds ils seront éclairés;

11 verra sans effet leur honte se produire.

Et rendra les desseins qu'ils feront pour lui nuire

Aussitôt confondus comme délibérés.

La rigueur de ses lois , après tant de licence , 5 5

Redonnera le cœur à la foible innocence ,

Que dedans la misère on faisoit envieiUir.

A ceux qui Toppressoient, il ôtera Taudace;

Et sans distinction de richesse, ou de race,

Tous de peur de la peine auront peur de faillir. 6»

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