‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 105 sur 259 · C*est la traduction du vers · texte numérisé non relu

C*est la traduction du vers

Odenint peccare mail formidine pœnae, 911 est lui-même une imitation de oe vers d'Horace (Epist. I, xri. Sa): Oderont peccare boni virtutia amore.

7» POÉSIES. XVIIL

La terreur de son nom rendra nos villes fortes,

On n*en gardera plus ni les murs ni les portes ,

Les veilles cesseront au sommet de nos tours;

Le fer mieux employé cultivera la terre,

Et le peuple qui tremble aux frayeurs de la guerre , 65

Si ce n'est pour danser, n'aura plus de tambours.

Loin des mœurs de son siècle il bannira les vices.

L'oisive nonchalance, et les molles délices,

Qui nous avoient portés jusqu'aux derniers hasards;

Les vertus reviendront de palmes couronnées, 70

Et ses justes faveurs aux mérites données ,

Feront ressusciter l'excellence des arts.

La foi de ses aïeux , ton amour et ta crainte , Dont il porte dans l'âme une étemelle empreinte , D'actes de piété ne pourront l'assouvir; U étendra ta gloire autant que sa puissance; Et n'ayant rien si cher que ton obéissance, Où tu le fais régner il te fera servir.

Tu nous rendras alors nos douces destinées;

Nous ne reverrons plus ces fâcheuses années 80

66. On trouTe dans deux recueils (N et P) de 161 5 et 1630, la variante n'orra (futur du verbe oulr\ qui me semble bien préférable.

c Cette stance est fort belle, > dit Ménage, et il a raison, c M. de Racan, ajoute-t-il, y trouve pourtant à dire t[u'on y parle de danser au son des tambours , dans un poëme adressé à Dieu : ce qui lui semble peu respectueux. Mais à cela on peut répondre qu'on dansoit devant le tabernacle, etc., etc. >

8o-8a. Un manuscrit de la Bibliothèque impériale (Suppl, fr.^ xt9 397) contient de cette pièce une copie du temps qui nous donne ici les variantes suivantes :

Nous ne reverrons plus ces (3Lcbeuses années Qui d'une Ame de roche eussent tiré des pleurs. Toute félicité comblent nos familles.

Qui pour les plus heureux n ont produit que des pleurs. Toute sorte de biens comblera nos familles, La moisson de nos champs lassera les faucilles» Et les fruits passeront la promesse des tleurs.

La fin de tant d'ennuis dont nous fûmes la proie s s

Nous ravira les sens de merveille et de joie; Et d autant que le monde est ainsi composé Qu'une bonne fortune en craint une mauvaise, Ton pouvoir absolu, pour conserver notre aise. Conservera celui qui nous laura causé, 90

Quand un roi fainéant , la vergogne des princes , Laissant à ses flatteurs le soin de ses provinces, Entre les voluptés indignement s'endort, Quoi que Ton dissimule, on n'en fait point d'estime; Et si la vérité se peut dire sans crime, 95

C'est avecque plaisir qu'on survit à sa mort*

Mais ce roi, des bons rois l'étemel exemplaire,

Qui de notre salut est l'ange tutélaire.

L'infaillible refuge, et l'assuré secours ,

Son extrême douceur ayant dompté l'envie , 100

De quels jours assez longs peut-il borner sa vie ,

Que notre affection ne les juge trop courts?

Nous voyons les esprits nés à la tyrannie,

Ennuyés de couver leur cruelle manie.

Tourner tous leurs conseils à notre affliction ; i o 5

Et lisons clairement dedans leur conscience ,

Que s'ils tiennent la bride à leur impatience.

91-96. Cette ttroplie fait évidemment allusioo à Henri m. io3. Vas. (N) : Noos voyontoMc^iu....

74 POÉSIES, XVIIL

Nous Tk*en sommes tenus qu a sa protection.

Qu*il vive donc, Seigneur, et qu*il nous fasse vivre; Que de toutes ces peurs nos âmes il délivre ; no

Et rendant Tunivers de son heur étonné, Ajoute chaque jour quelque nouvelle marque Au nom qu'il s*est acquis du plus rare monarque Que ta bonté propice ait jamais couronné.

Cependant son Dauphin d'une vitesse prompte r 1 5

Des ans de sa jeunesse accomplira le compte;

Et suivant de Thonneur les aimables appas.

De faits si renonunés ourdira son histoire,

Que ceux qui dedans lombre éternellement noire

Ignorent le soleil , ne l'ignoreront pas. i a o

Par sa fatale main qui vengera nos pertes,

L'Espagne pleurera ses provinces désertes ,

Ses châteaux abattus, et ses champs déconfits.

Et si de nos discords l'infâme vitupère

A pu la dérober aux victoires du père , i a s

Nous la verrons captive aux triomphes du fils.

ia3. Vae. (F, L, O) : Et ses camps...'.

ia4- f^iiupère signifie à proprement parier c blâme, reproche,» et

le Yers assez obscur de Malherbe vent dire : Si nos discordes dignes

de tant de blâme ont pu empêcher Henri IV de dompter FEspagne.

ia6. Le manuscrit cité plus haut donne une dernière strophe que

voici :

Il est temps, 6 grand Dieu, que les fléaux de ton ire

Lui fassent confesser qu*en vain elle désire

De Yoir le monde entier à son empire joint.

La paix en apparence a nos guerres bornées;

Mais puisque tous nos maux Tiennent de ces menées.

Nous pouvons nous aimer et ne la haïr point.

SUR L'ATTEJirTAT COMMIS EN LA PERSONNE DE HENRI LE GRAND, LE I g DE DÉGEMRRE l6o5.

ODB.

c Le lundi 19 décembre x6o5 , dit TEstoile , comme le Roi rrrenant de la chaue passoit à cheral sur le pont Neuf , environ le» cinq heures du soir, se rencontra un fon qui, ayant nn poignard on sous son manteao, tâcha d'en ofTenser Sa Majesté; et Payant saisi par le derrière de son manteau , que le Roi ayoit agrafé, le seoooa assez longtemps, jusques à ce que, chacun étant accouru au secours, étant pris et interrogé sur ce qu*il Touloit faire, dit qu'il ▼onloit tuer le Roi, pour ce qu'il lui détenoit injustement son bien et la plupart de son royaume, et plusieurs autres folies; puis, en riant, dit que pour le moins il lui avoit fait belle peur. Ce fou s'appeloit Jacques des Isles, natif de Senlis, praticien et procureur audit lieu, et transporté dès longtemps de son esprit; lequel, k cette occasion, selon la déposition des procureurs mêmes dudit Senlis, ayoit été chassé de leur siège, et l'en ayoient ôté comme fou et furieux. > Malgré une folie aussi bien constatée , les juges voulaient l'envoyer au gibet ; c mais le Roi ne le voulut jamais permettre , disant qu'il en fidsoit conscience. »

La pièce de Malherbe parut en 1607 dans le Parnasse des pUu excellents poètes de ce temps. Le P. Lelong en indique une édidon in-8* que je n'ai pu rencontrer.

Que direz- vous, races futures, Si quelquefois un vrai discours Vous récite les aventures De nos abominables jours?

4. Quelques exemplaires de l'édition de i63o et l'édition de i63f portent :

De nos misérables jours,

vers trop court d'une syllabe.

Lirez-Yous , sans rougir de honte « 5

Que notre impiété surmonte

Les faits les plus audacieux ,

Et les plus dignes du tonnerre ,

Qui firent jamais à la terre

Sentir la colère des deux? ■ o

O que nos fortunes prospères

Ont un change bien apparent!

O que du siècle de nos pères

Le nôtre s*est fait différent!

La France devant ces orages , 1 5

Pleine de mœurs et de courages

Qu*on ne pouvoit assez louer,

S*est faite aujourd'hui si tragique.

Qu'elle produit ce que TAfirique

Auroit vergogne d'avouer. « o

Quelles preuves incomparables

Peut donner un prince de soi ,

Que les rois les plus adorables

N'en quittent l'honneur à mon roi?

Quelle terre n'est parfumée » 4

Des odeurs de sa renommée?

Et qui peut nier qu'après Dieu ,

Sa gloire qui n'a point d'exemples ,

N'ait mérité que dans nos temples

On lui donne le second lieu? 3o

Qui ne sait point qu'à sa vaillance

Il ne se peut rien ajouter?

Qu'on reçoit de sa bienveillance

Tout ce qu'on en doit souhaiter?

Et que si de cette couronne , 3 5

Que sa tige illustre lui donne ,

Les lois ne l'eussent revêtu ,

Nos peuples d'un juste suffrage

Ne pouvoient sans faire naufirage

Ne Toffrir point à sa vertu? 40

Toutefois, ingrats que nous sommes,

Barbares, et dénaturés.

Plus qu'en ce climat où les hommes

Par les hommes sont dévorés.

Toujours nous assaillons sa tète 4 5

De quelque nouvelle tempête;

Et d'un courage forcené ,

Rejetant son obéissance,

Lui défendons la jouissance

Du repos qu'il nous a donné. 5 o

La main de cet esprit farouche

Qui sorti des ombres d'enfer

D'un coup sanglant frappa sa bouche,

A peine avoit laissé le fer;

Et voici qu'un autre perfide , 5 5

Où la même audace réside,

Gomme si détruire l'Etat

Tenoit lieu de juste conquête,

De pareilles armés s'apprête

3$-4o. La même idée est exprimée dans ces vers de Ronsard sur Charles IX:

Et quand il ne seroit héritier de TEmpire, Sor ses rares vertus on le derroit élire.

Si. Jean Chatel, qui, le 17 décembre 1S94» s^introdnisit dans la chambre de GabrieUe d*£atrécs, oà le Roi menait d'arriver, et le fmfipa d*ui coup de oouteaa qui loi fendit la lètre. Dès le snrlendemaio, Tassastin était tenaillé, écartelé et brîUé.

A faire un pareil attentat. <So

O soleil, 6 grand laminaire,

Si jadis Thorreur d un festin

Fit que de ta route ordinaire

Tu reculas vers le matin ,

Et d'un émerveillable change 6 5

Te couchas aux rives du Gange ,

D où vient que ta sévérité.

Moindre qu'en la faute d'Atrée ,

Ne punit point cette contrée

D'une étemelle obscurité ? 70

Non , non , tu luis sur le coupable ,

Conune tu fais sur l'innocent;

Ta nature n'est point ciqmble

Du trouble qu'une &me ressent.

Tu dois ta (banme à tout le monde ; 7 5

Et ton allure vagabonde,

Comme une servile action

Qui dépend d'une autre puissance,

N'ayant aucune connoissanoe.

N'a point aussi d'affection. 80

Mais, 6 planète belle et claire.

Je ne parle pas sagement; Le juste excès de la colère

71, 7a. t .... Patris Testri qui.... solem samn oriri lacît snper c bono» et malot, et plnit super jnstos et injustot, • dit rérangile de saint Matthieu (chap. t, verset 45).

Sénèqne, de son côté, a dit (je cite la traduction de Malherbe, Des Bienfaits^ liy. IV , chap. xky) : t Les méchants voient le soleil comme les bons, et les mers ne font point meilleure mine à la barque d*nn marchand qu*â la frégate d*nn écnmeur. »

M'a fait perdre le jugement;

Ce traître , quelque frénésie 8 5

Qui travaillât sa fantaisie,

Eut encore assez de raison ,

Pour ne vouloir rien entreprendre,

Bel astre, qu'il n'eût vu descendre

Ta lumière sous Thorizon. 90

Au point qu'il écuma sa rage ,

Le dieu de Seine étoit dehors

A regarder croître l'ouvrage

Dont ce prince embellit ses bords;

U se resserra tout à l'heure 9 5

Au plus bas lieu de sa demeure;

Et ses Nymphes dessous les eaux ,

Toutes sans voix et sans haleine,

Pour se cacher furent en peine

De trouver assez de roseaux. i o o

La terreur des choses passées

A leurs yeux se ramentevant,

Faisoit prévoir à leurs pensées

Plus de malheurs qu'auparavant;

Et leur étoit si peu croyable i o 5

Qu'en cet accident effroyable

Personne les pût secourir.

Que pour en être dégagées ,

Le ciel les auroit obligées

S'il leur eût permis de mourir.

Revenez, belles fugitives;

De quoi versez-vous tant de pleurs?

93y 94. la gnnde galerie du LouTre.

I xo

8o POÉSIES, XIX.

Assurez vos ftmes crsintives;

Remettez vos chapeaux de fleurs;

Le Roi vit, et ce misérable, 1 1 5

Ce monstre vraiment déplorable,

Qui n'avoit jamais éprouvé

Que peut un visage d*Alcide,

A conmiencé le parricide,

il ne Ta pas achevé. i « o

Pucelles, qu'on se réjouisse;

Mettez-vous Tesprit en repos ;

Que cette peur s'évanouisse;

Vous la prenez mal à propos ;

Le Roi vit, et les destinées ' la 5

Lui gardent un nombre d'années,

Qui fera maudire le sort

A ceux dont l'aveugle manie

Dresse des plans de tyrannie

Pour bâtir quand il sera mort. 1 3o

O bienheureuse intelligence,

Puissance, quiconque tu sois,

Dont la fatale diligence

Préside à l'empire françois;

Toutes ces visibles merveilles, 1 3 5

De soins , de peines , et de veilles •

Qui jamais ne t'ont pu lasser,

N'ont-elles pas fait une histoire ,

Qu'en la plus ingrate mémoire

L'oubli ne sauroit effacer? x 4 o

Ces archers aux casaques peintes Ne peuvent pas n'être surpris.

Ayant à combattre les feintes

POÉSIES, XIX. 8i

De tant d^infidèles esprits;

Leur présence n'est qu'une pompe ; 145

Avecque peu d art on les trompe;

Mais de quelle dextérité

Se peut déguiser une audace ,

Qu'en Tàme aussitôt qu'en la face

Tu n'en lises la vérité ? 1 5 o

Grand démon d'étemelle marque, Fais qu'il te souvienne toujours Que tous nos maux en ce monarque Ont leur refuge et leur secours; . Et qu'arrivant l'heure prescrite , 1 5 5

Que le trépas, qui tout limite, Nous privera de sa valeur, Nous n'avons jamais eu d'alarmes Où nous ayons versé des larmes Pour une semblable douleur. 1 6 o

Je sais bien que par la justice ,

Dont la paix accroît le pouvoir.

Il fait demeurer la malice

Aux bornes de quelque devoir,

Et que son invincible épée 1 6 5

Sous telle influence est trempée,

Qu'elle met la frayeur partout,

Aussitôt qu'on la voit reluire;

Mais quand le malheur nous veut nuire ,

De quoi ne vient-il point à bout? 1 7 o

Soit que l'ardeur de la prière Le tienne devant un autel , Soit que l'honneur à la barrière L'appelle à débattre un cartel, Mauoebb. I ^

Ha POÉSIES, XIX.

Soit que dans la chambre il médite , 175

Soit qu'aux bois la chasse Tinvite,

Jamais ne t'écarte si loin ,

Qu'aux embûches qu'on lui peut tendre

Tu ne sois prêt à le défendre.

Sitôt qu'il en aura besoin. 1 3o

Garde sa compagne fidèle,

Cette reine dont les bontés

De notre foiblesse mortelle

Tous les défauts ont surmontés.

Fais que jamais rien ne l'ennuie ; 1 8 s

Que toute infortune la fuie;

Et qu'aux roses de sa beauté,

L'ftge , par qui tout se consume ,

Redonne, contre sa coutume,

La grâce de la nouveauté.. 1 9»

Serre d'une étreinte si ferme

Le nœud de leurs chastes amours,

Que la seule mort soit le terme

Qui puisse en arrêter le cours.

Bénis les plaisirs de leur couche, 1 9 '

Et fais renattre de leur souche

Des scions si beaux et si verts,

Que de leur feuillage sans nombre

A jamais ils puissent faire ombre

Aux peuples de tout l'univers. s f>u

187. L'édition de i63o porte par erreur hanié. Paî adopté le texte des Recueils.

193. Dans les éditions de i63o et de if>3i, on lit : Que sa seule mort, ce qui est éTidenimcnt une faute d'impression ; aussi j*ai cru devoir suivre la leçon que donnent les Recucib.

Surtout pour leur commune joie

Dévide aux ans de leur Dauphin,

A longs filets d'or et de soie,

Un bonheur qui n*ait point de fin ;

Quelques vœux que fasse Tenvie , a o 5

Ck>n8erve-lear sa chère vie ;

Et tiens par elle ensevelis

D'une bonaoe continue

Les aquilons , dont sa venue

A garanti les fleurs de lis. a i o

Conduis-le sous leur assurance

Promptement jusques au sommet

De rinévitable espérance

Que son enfance leur promet ;

Et pour achever leurs journées , « 1 5

Que les oracles ont bornées

Dedans le trône impérial ,

A^ant que le ciel les appelle,

Fais-leur ouïr cette nouvelle

Qu'il a rasé FEscurial. a a o

31 S. Texte des Recueils :

De rindnbitable espérance.

Alix DAMES, POUR LES DEMI-DIEUX MARINS, COWDDITS PAR NEPTUNE.

fTAHOBS.

Cet ttanoesy imprimées pour la première fois , en 1609, dans le Nouveau Parnasse y furent composées pour le carrousel des Quatre Éléments f donné peu de temps après que la Reine fut accoucliée (10 février 1606) de Christine, qui fut plus tard duchesse de Savoie, c Nous fîmes quelques ballets, dit Bassompierre, et un carrousel qui fut couru au Louvre et i l'Arsenal , qui étoit de quatre troupes. La première étoit de r£au, uù M. le Grand (Bellegarde) et les principaux de la cour étoient. Celle qui entroit après étoit la Terre, que M. de Vendôme menoit ; la troisième étoit le Feu, que M. de Roban condnisoit, et la quatrième TAir, de laquelle étoit chef M. le comte de Sommerire. s Bassompierre parle encore, à Tannée 1608, de ce ballet des D'uux marins f qui fut dansé â Paris, par lui et d'autres seigneurs, à l'arrivée du duc de Mantoue.

O qu une sagesse profonde

Aux aventures de ce monde

Préside souverainement;

Et que Taudace est mal apprise

De ceux qui font une entreprise, 5

Sans douter de Tévénement !

Le renom que chacun admire

Du prince qui tient cet empire ,

Nous avoit fait ambitieux

De mériter sa bienveillance , i <>

Et donner à notre vaillance

IjC témoignage de ses yeux.

Nos forces, partout reconnues,

Falsoient monter jusques aux nues

Les desseins de nos vanités ; 1 5

Et voici qu'avecque des charmes

Un enfant qui n avoit point d'armes

Nous a ravi nos libertés.

Belles merveilles de la terre,

Doux sujets de paix et de guerre , « o

Pouvons-nous avecque raison

Ne bénir pas les destinées,

Par qui nos âmes enchaînées

Servent en si belle prison?

L'aise nouveau de cette vie 9 S

Nous ayant fait perdre Tenvie

De nous en retourner chez nous ,

Soit notre gloire ou notre honte,

Neptune peut bien faire compte

De nous laisser avecque vous. 3 n

Nous savons quelle obéissance

Nous oblige notre naissance

De porter à sa royauté;

Mais est-il ni crime ni blâme ,

Dont vous ne dispensiez une âme 3 5

Qui dépend de votre beauté?

Qu'il s'en aille à ses Néréides ,

3a. Ce yen est ainsi dans le nouveau recueil des plus beau* vers^ 181 S, et dans les Délices de la poésie frun^oise, édit. de x6sio. Le» éditions de i63o et de i63i portent : ^01» ohRge à notre naissance^ ce xpî n*oflre aucnn sens. Ménage a corrigé Ifous obligea.

Dedans ses oavemes bumides ,

Et vive misérablement

Confiné parmi ses tempêtes; io

Quant à nous, étant où vous êtes,

Nous sommes en notre élément.

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