‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 132 sur 259 · I. Var. (copie autog.) : N'égalez point · texte numérisé non relu

I. Var. (copie autog.) : N'égalez point

liPITAPHE DE LA MÊME, somtcr.

Tu vois, passant, la sépulture D*un chef-d*œuYre si précieux, Qu avoir mille rois pour aïeux Fut le moins de son aventure.

O quel affront à la nature , 5

Et quelle injustice des cieux Qu'un moment ait fermé les yeux D'une si belle créature !

On doute pour quelle raison

Les Destins si hors de saison t o

De ce monde Tout appelée.

Mais leur prétexte le plus beau.

C'est que la terre étoit brûlée S'ils n'eussent tué ce flambeau.

II. Voici oomment cette strophe et la préoédcnle tout imprimée» dans kt différentes éditions du Recueil de 1627 :

L'experte main de la Nature Et le soin propice des cieux Jamais ne s'accordèrent mienx A former une créature.

On doute pourquoi les Destins An bout de quatorze matins De ce monde l*ont appelée.

17a POÉSIES, L.

à MOirSEIGHEUR LE DAUPHIK.

•OBinST.

La date de ce sonnet (imprimé pour la première fois en 161 5, dans les Dé&ees Je la poésie françoise) ne peut être ûxée oue d*nne manière approximative. — Henri IV eut trou filles : Elisabeth, Chrestienne (ou Christine) et Henriette. Puisque Malherbe parle dans ses rers des sœurs du Dauphin, il est érident qu*ils ne peuvent avoir été écrits avant le 10 février 1606, date de la naissance de la seconde. En outre, il y fait mention de propositions de mariage, et, dans une lettre écrite à Peiresc le ai septembre 1609, il raconte (pie le président Richardot, ambassadeur de Philippe HI, c étoit venu parler de quelcpie mariage des enfimts de France et d'Espagne. > D serait donc fort possible que le sonnet fût de la fin de 1609 ou du conmienoement de 1610.

Que rhonneur de mon prince est cher aux destinées ! Que le Démon est grand qui lui sert de support! Et que visiblement un favorable sort Tient ses prospérités Tune à lautre enchaînées!

Ses filles sont encore en leurs tendres années, 5

Et déjà leurs appas ont un charme si fort, Que les rois les plus grands du Ponant et du Nord , Brûlent d'impatience après leurs hyménées.

Pensez à vous, Dauphin, j ai prédit en mes vers

9. Voyez les deux Sonnets au Roi de Tannée 1607 et TOde sur la prise de Sedan (Pièces xxi, xxiy et zxt).

Que le plus grand orgueil de tout cet univers, i o

Quelque jour à vos pieds doit abaisser la tête ;

Biais ne vous flattez point de ces vaines douceurs, Si vous ne vous hâtez d'en faire la conquête, Vous en serez frustré par les yeux de vos sœurs.

PLAINTE SflR UITE ABSENCE.

•TAircis.

SniTont Ménage, Malherbe fit cette pièce en Bourgogne et pour lui-même. Elle fut imprimée, en i6i5, dani les DéUee* de la poésie fran^oise; mais, comme on le voit d'après la huitième stanoe, elle a^ait été composée avant la mort de Henri IV.

Complices de ma servitude,

Pensers où mon inquiétude

Trouve son repos désiré , Mes fidèles amis, et mes vrais secrétaires , Ne m'abandonnez point en ces lieux solitaires; 5

C'est pour Tamour de vous que j'y suis retiré.

Partout ailleurs je suis en crainte;

Ma langue demeure contrainte;

Si je parle c'est à regret; Je pèse mes discours , je me trouble et m'étonne ; i o

Tant j'ai peu d'assurance en la foi de personne; Mais à vous je suis libre, et n'ai rien de secret.

Vous lisez bien en mon visage

Ce que je souflre en ce voyage,

Dont le ciel m'a voulu punir;

Et savez bien aussi que je ne vous demande,

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