‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 22 sur 259 · XXVIII NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XXVIII NOTICE BIOGRAPHIQUE

causaient les voyages à Fontainebleau et les fêtes royales , il suivait fidèlement la cour, étant sans cesse, grâce à ses fonctions de gentilhomme de la chambre, au Cabinet, où il cherchait à amuser la princesse par ses propos et les histoires qu*il pouvait apprendre de côté et d'autre ^ Il parvint même à la persuader de la sincérité de son attachement. Un jour, la princesse de Conti donna à lire à la Reine, au moment où cellç-ci montait en carrosse, un pamphlet intitulé : Remontrances de la noblesse au Chancelier. « Mme de Guise, raconte Malherbe, étoit auprès d'elle à la portière, qui m'a dit qu'en le lisant tout le long du chemin, elle rougissoit à tout moment. Comme elle eut tout lu, elle lui demanda qui le lui avoit baillé; elle répondit que ç'avoit été Malherbe ; à quoi elle répliqua : « Je « m'assure qu'il n'en a pas moins été piqué que moi*. »

Il faut dire que jamais poëte ne pratiqua plus consciencieusement la maxime qu'il inscrivit en tête de sa lettre à Henri IV : « Les bons sujets sont à l'endroit de leur Prince , comme les bons serviteurs à l'endroit de leurs maîtresses. Ils aiment ce qu'il aime, veulent ce qu'il veut, sentent ses douleurs et ses joies, et généralenoent accommodent tous les mouvements de leur esprit à ceux de sa passion. » En effet, si des pièces qu'il composa depuis la mort de Henri IV on retranche des vers faits pour des amis et quelques chansons, il ne reste guère que des pièces de circonstance : des vers funèbres sur la mort du Roi au nom de M. de Bellegarde, des vers de ballet, des odes et des sonnets à la Reine mère, deo stances contre les princes révoltés, et plus tard, des odes , des sonnets, des stances pour le Roi, Monsieur, Richelieu, le surintendant la Vieuville, contre les Réformés, etc. Une pareille abnégation de la part du poète ne fut pas sans récompense. L'un des sonnets à Louis XIH'

I. Voyez sa lettre à Peiresc, du i3 mû 1611, où il lui raconte avec quel plaisir a été lue au Cabinet la relation qu'il avait reçue de lui sur les sorcelleries de Gaufridi, et celle du 4 novembre i6a3, où, à propos d'une autre histoire de sorcier, il écrit à Racan : c Vous m avez fait un plaisir extrême de me mander la nouvelle de cet accident notable advenu à la Flèche. Il y a là de quoi entretenir la Reine. 1

a. Voyez la lettre de Malherbe à Peiresc, du 37 juin 161 5.

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