‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 225 sur 259 · Vab. (édit. de z63i} : En d'autres · texte numérisé non relu

Vab. (édit. de z63i} : En d'autres

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conduile d'un vai&seau où je n'ai antre qualité que de simple passager, le meUIeur avis que je puisse donner à ceux qui n'y sont que ce que je suis, c'est de s'en rapporter aux mariniersy et se représenter que la voie ordinaire que tiennent les factieux pour exciter les peuples à mal obéir, c'est de leur faire entendre quils ne sont pas bien commandés. Nous avons dans les charges et dans les affaires de si grands hommes, que s'ils n'y étoient point, il serait nécessaire de les y appeler. Je ne pense pas que nous soyons trompés quand nous dormirons sur leur vigilance, et que nous nous reposerons sur leur travail. Je dis cela en général. Mais s'il est question de les considérer chacun k part, qui est-ce qui connoit Monsieur le chancelier et Mon* sieur le garde des sceaux*, qui ne confesse que TÉtat n'a jamais en de ministres dont la sagesse fût mieux préparée à toute sorte d'occurrences , ni la justice de magistrats qui fussent ou plus roides à châtier ceux qui oppriment, ou plus favorables à défendre ceux qui sont opprimés? Les finances, au maniement desquelles, pource que le pécher est si profitable, il est si malaisé de ne pécher point, n'ont- elles pas en Monsieur le comte de Schomberg * un chef dont la diligence est si exacte, et l'intégrité si scrupuleuse, qu'il hxiX croire on que jamais on ne reverra l'abondance dans les coffres du Roi, ou qu'indubitablement ce sera lui qui par ses règlements salutaires aura l'honneur de l'y avoir fait revenir ? Qu'est-ce qu'on peut dire à la louange de Messieurs les secrétaires d'État, qui ne soit au-dessous de leur inestimable suffisance, et de leur incomparable probité? Quelle si grande gloire peut^on donner à Messieurs les trésoriers de l'Épargne, qu'on ne leur en doive davantage, pour les notables secours qu'aux dépens de leurs commodités particulières, ils donnent aux nécessités publiques, toutes les fois que le temps en fait naître quelque besoin,? Qui

z . L'impretûon de la traducdoD de Malherbe fut terminée avant le mois de février 1621. A cette époque, le garde des sceaux était Guillaume dn Vair, mort le 3 août de la même année, et le chancelier, Nicolas Brulart, mort en 1614» ^ qui on avait retiré les sceaux en 1616.

3. Henri de Schomberg, comte de Nanteuil et de Duretal, omh réchal de France. Il fut surintendant des finanoes de 1619 à

peut ignorer que Monsieiir le Cardinal de Rais * ne aoit un prélat dont la pourpre a moins d'éclat que le mérite? et Monsieur le Président Janin ' un personnage, à qui ses longs services, toujours très-fidèlement faits et toujours très-heureusement réussis, ont fait avoir une approbation la plus générale que jusqu'ici notre siècle ait donnée à la vertu? Si cela ne suffit, allons jusqu'à Monsieur le Prince', et sans rien donner à sa qualité de premier prince du sang, prenons la liberté de faire la même revue de ses actions que nous ferions de celles d^une personne privée. Ne treuverons-nous pas que si la naissance Teût fait moins que ce qu'il est, elle ne l'eût pas fait ce qu'il mèritoit d'être? et qu'ayant en ce dernier tumulte si utilement et si glorieusement contribué son assistance à la conservation de l'autorité royale, il n'y a rien de bon ni de grand qu'en toutes les occasions qui s'offriront on ne se puisse promettre de lui? Mais qu'est-ce que je fais. Monseigneur, et à quoi est-ce que je pense? Je parle à vous, et ne parie point du Roi. Je parle de chasser nos ténèbres , et ne me souviens point de notre soleil. Certes devant que les miracles qu'il vient de faire nous eussent montré à quoi devoit aboutir Textraordioaire vigueur de ses premières années, il y avoit sujet d*étre en quelque peine. Mous remarquions bien en lui une très-grande répugnance à toute sorte de vices, et une parfaite inclination à toute sorte de vertus , qui sont deux qualités que nous treuvi<Mis d'autant plus admirables, que n'étant pas fort compatibles avec la jeunesse, il semble qu'elles le soient encore moins avec la royauté. A cela nous ajoutions qu'étant fils du plus sage et du plus victorieux roi du monde , et de la reine la plus accomplie que nous eussions jamais vue seoir au trône des fleurs de lis, il étoit vraisemblable que la vertu de la souche passeroit au rejeton, et que par conséquent il ne pourroit apporter que de bon fruit. Mais si toutes ces raisons étoient assez fortes pour nous donner des espérances,

1. Henri de Gondi, cardinal de Retz, dernier évéqne de Paris, chef du conaeil du Roi, mort à Béziers le 3 août i6aa.

'A. Pierre Jeannin, premier président au parlement de Boureogne, mort le 3i octobre i6aa. sauf un court intervalle, il fit depui» i6i I jusqu'à sa mort partie du ministère.

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