‹ Œuvres de Malherbe (volume 4)Chapitre 226 sur 259 · Henri II, prince de Condé, père du grand (k>ndé · texte numérisé non relu

Henri II, prince de Condé, père du grand (k>ndé

elles étoient trop foibles pour mettre nos vesux en sûreté. A

cette heure qa'à s'est renda maître d^une tempête qui nous

ÊBÛsoit craindre le nanfra^^, et a rétabli son autorité entre

des peuples qui depuis cinquante ans ou ne TavcHent du tout

point connue, ou ne Tavoient connue que pour la mépriser,

1 ne lui serions-nous pas injurieux si nous pensions qa^iX y eût

monstre qui pût échapper à son épée, ni labyrinthe d'où sa

I prudence ne fût capable de nous développer? Quant à vous»

Monseigneur, que chacun sait avoir la plus secrète communi<-

ï cation de ses pensées, à quel degré d^impudence faudroit-'il être

i monté, pour, après avoir rendu à Sa Majesté ce qui lui a|>par-

i tient comme au premier et plus puissant ressort de notre

salut, ne vouloir pas avouer que la fidélité de vos conseils et

i l'assiduité de vos travaux sont les plus fortes aides qu'il ait

» eues, et les plus véritables causes du repos où noua sommes

L aujourd'hui? C'est, à n'en mentir point, un sujet sur lequel je

> serois bien aise de m'étendre ; mais le lieu où je suis n'ayant

ç pas d'espace pour une si longue carrière, il vaut mieux que je

7 le réserve à une autre fois. Aussi bien n'ayant entrepris ce dis-

; cours que pour vous témoigner qu'en ce qui est des brouille-

ries du temps, quelque prétexte qui les colore et quelque muU

titude qui les suive, je n'ai point d'autre sentiment que celui

^ d'un homme qui ne veut jamais sortir de son devoir, je pense

; en avoir assez dit pour le vous faire croire, et pour en cette

considération obtenir de vous la réception favorable d'un petit

ouvrage que ma très-humble affection me donne la hardiesse

i de vous apporter. C'est un livre de Tite live, qui n'a jamais

, été vu jusques à cette heure que la bonne fortune des lettres

) le vient de tirer d'entre la poudre et les araignées d'une biblio-

, thèque d'Allemagne , où la mauvaise l'avoit tenu douze ou

quinze siècles enseveli^. Son exemplaire latin a eu le Cardinal

Bourguese' pour protecteur; quand la traduction que j'en ai

faite aura le duc de Luynes pour le sien, je ne penserai pas

être le plus mal partagé. Votre courtoisie, Monseigneur, n'est

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