III. Vas. (B, E, F, L, O) : A si peu de compas
POÉSIES, IIL 9
Ne Tempéche pas tant que la nmt de son cœvr. i a o
Sa vie auparavant si chèrement gardée,
Lui semble trop longtemps ici-bas retardée;
C'est elle qui le fâche, et le fait consumer;
U la nomme parjure, il la nomme cruelle ,
Et toujours se plaignant que sa faute vient d'elle , i a 5
U n'en veut faire compte, et ne la peut aimer.
« Va, laisse-moi, dit-il, va, déloyale vie;
Si de te retenir autrefois j'eus envie.
Et si j'ai désiré qae tu fusses chez moi.
Puisque tu m'as été si mauvaise compagne, 1 3o
Ton infidèle foi maintenant je dédaigne,
Qaitte-moi, je te prie, je ne veux plus de toi.
« Sont- ce tes beaux desseins, mensongère et méchante.
Qu'une seconde fois ta milice m'enchante,
Et que pour retarder une heure seulement 1 3 5
La nuit déjà prochaine à ta courte journée ,
Je demeure en danger que l'âme, qui est née
Pour ne mourir jamais, meure éternellement?
« Non , ne m'abuse plus d'une lâche pensée;
Le coup encore frais de ma chute passée 1 4 o
Me doit avoir appris à me tenir debout.
Et savoir discerner de la trêve la guerre ,
Des richesses du ciel les fanges de la terre ,
Et d'un bien qui s'envole un qui n'a point.de bout.
« Si quelqu'un d'aventure en délices abonde, i45
D se perd aussitôt et déloge du monde;
i3i. Dans la plupart des mots en aigne, Vi ne se prononçait pas. i3a. Yab. (B, £, F, L, O; : Qaitte-moi, je te quitte.
lo POÉSIES, IIL
Qui te porte amitié, c'est à lui que ta nuis;
Ceux qui te veulent nud, sont ceux que tu conserves,
Tu vas à qui te fuit, et toujours le réserves
A souffrir en vivant davantage d* ennuis.