‹ Œuvres de Malherbe (volume 5)Chapitre 120 sur 268 · V^ut. (H, K, N) : Et quand de mes travaux · texte numérisé non relu

V^ut. (H, K, N) : Et quand de mes travaux

i36 POÉSIES, XXXII.

Je ne saurois brûler d'autre feu que du sien.

Je ne ressemble point à ces foibles esprits ,

Qui bientôt délivrés , comme ils sont bientôt pris ,

En leur fidélité n'ont rien que du langage; 4 5

Toute sorte d'objets les touche également;

Quant à moi, je dispute avant que je m'engage ,

Mais quand je l'ai promis, j'aime éternellement.

48. c J*ai appris de M. de Racan , dit encore Ménage , que cette stanoe et celle qui commence par Voilà comme je vis, voilà ce que j'emdure , qui est de la plainte d*Alcandre pour la captivité de sa maîtresse (voyez p. 160), étoient les deux de toutes les poésies de Malherbe que Malherbe estimoit davantage. » — On sait que, quand il s'agit de leurs œuvres, les auteurs et les artistes sont loin d'être des juges infaillibles.

POÉSIES, XXXIII. i37

SOHHKT.

Imprimé y comme les pièces précédentes, dans le recueil de 1609, et adressé à la vicomtesse d'Auchy.

Beauté , de qui la grâce étonne la nature , Il faut donc que je cède à Tinjure du sort , Que je vous abandonne , et loin de votre port M'en aille au gré du vent suivre mon aventure.

Il n'est ennui si grand que celui que j'endure ; 5

Et la seule raison qui m'empêche la mort, C'est la doute que j'ai que ce dernier effort Ne fût mal employé pour une âme si dure.

Caliste, où pensez-vous? qu'avez- vous entrepris?

Vous résoudrez-vous point à borner ce mépris , i o

Qui de ma patience indignement se joue?

Mais , ô de mon erreur l'étrange nouveauté ! Je vous souhaite douce, et toutefois j'avoue Que je dois mon salut à votre cruauté.

i38 POÉSIES, XXXIV.

Imprimé dans le même recueil de 1609, a^ec le titre de chanson. Il n*ett guère besoin de dire qu'ici, comme dans la pièce suii^ante, il s*agit de Fontainebleau, dont le cbâteau et les jardins durent de nombreux embellissements à Henri IV, qui y fit travailler dès Tannée iSgS.

Beaux et grands bâtiments d'étemelle structure, Superbes de matière , et d'ouvrages divers , Où le plus digne roi qui soit en Tunivers Aux miracles de Tart fait céder la nature ;

Beau parc, et beaux jardins, qui dans votre clôture Avez toujours des fleurs , et des ombrages verts , Non sans quelque Démon qui défend aux hivers D'en effacer jamais Tagréable peinture ;

Lieux qui donnez aux cœurs tant d'aimables désirs , Bois , fontaines , canaux , si parmi vos plaisirs Mon humeur est chagrine, et mon visage triste ,

Ce n'est point qu'en effet vous n'ayez des appas ; Mais quoi que vous ayez , vous n'avez point Caliste , Et moi je ne vois rien quand je ne la vois pas.

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