POUR LA REINE, M^IRE DU ROI, PENDANT SA RÉGENCE
ODS.
Ménage déclare ayoir appris de Racan que cette ode (imprimée seulement, et avec quelques incorrections, dans l'édition de i63o) a n\ivoit ni commencement ni fin, et que ce n*étoit qu*un fragment. 9 — Elle fut composée, comme la précédente et comme les trois fragments lxv, lxyi et Lxvn, à Toccasion de la guerre des princes.
Si quelque avorton de Tenvie
Ose encore lever les yeux ,
Je veux bander contre sa vie
L'ire de la terre et des cieux ;
Et dans les savantes oreilles 5
Verser de si douces merveilles ,
Que ce misérable corbeau ,
Comme oiseau d'augure sinistre,
Banni des rives de Caïstre ,
S'aille cacher dans le tombeau, i o
Venez donc , non pas habillées Comme on vous trouve quelquefois , Eln jupe dessous les feuillées
y. Le Caïstre, fleuve de Lydie, où Ton disait que les cygnes abondaient.
1 1 . IjC poëte ici s*adresse aux Muses. Malherbe, i i4
sto POÉSIES, LXIV.
I>miiiit an nbiioe dji^bou.
Venex en nbesi onVRi voie t s
Dessus les ouvrages de soie
Les rayons d*or étinceler;
Et chsurgez de perles vos tètes ,
Gomme quand vous allez aux fêtes
Où les Dieux vous font appeler. a o
Quand le sang bouillant en mes veines
Ble donnoit de jeunes désirs,
Tantôt vous soupiriez mes peines ,
Tantôt vous chantiez mes plaisirs ;
Hais aujourd'hui <{ue mes années s 5
Vers leur fin s*en vont terminées ,
Siéroit-il bien à mes écrits
D^ennuyer les races futures
Des ridicules aventures
D*un amoureux en cheveux gris? 3 u
Non, vierges, non; je me retire
De tous ces fiîvoles discours;
Bfa Reine est un but à ma lyre.
Plus juste que nulles amours;
Et quand j'aurai, comme j'espère , 3 5
Fait ouïr du Gange à Tibère
Sa louange à tout l'univers ,
Permesse me soit un CSocyte,
Si jamais je vous sollicite
De m'aider à faire des vers. 4 o
Aussi bien chanter d'autre chose , Ayant chanté de sa grandeur , Seroit-ce pas après la rose Aux pavots chercher de l'odeur?
POÉSIES, LXIV. an
Et des louanges de la loue 4 5
Descendre à la clarté commune
D'un de ces feux du firmament.
Qui sans profiter et sans nuire ,
N'ont reçu l'usage de luire
Que par le nombre seulement? 5o
Entre les rois à qui cet âge
Doit son principal ornement,
Ceux de la Tamise et du Tage
Font louer leur gouvernement ;
Mais en de si calmes provinces , 5 5
Où le peuple adore les princes ,
Et met au degré le plus haut
L'honneur du sceptre légitime ,
Sauroit-on excuser le crime
De ne régner pas comme il faut? 60
Ce n'est point aux rives d'un fleuve ,
Où dorment les vents et les eaux,
Que fait sa véritable preuve
L'art de conduire les vaisseaux ;
Il faut en la plaine salée 6 5
Avoir lutté contre Malée,
Et près du naufrage dernier
47. Il manque une syllabe à ce vers dans l'édition de i63o et dans celle de i63i ; on lit dans l'une et dans l'autre des feux pour de ces
feux»