GUI
POUR LE ROI, A.LLA.NT CHA.TIER LA REBELLION DES ROCHELOIS, ET CHASSER LES ANGIOIS, QUI EN LEUR FAVEUR ÉTOIENT DESCENDUS EN l'ÎLE DE RÉ.
ODE
Les Anglais s'étaient rmpan^s de Tilo de Ré au mois de juillet 1627. Ii4* Roi, parti de Paris le :xo juin, pour aller n^joindre son armée qui assiégerait la Rochelle , tomba malade en route, et n'arriva au camp que le la octobre.
Malherbe avait près de soixante- treize ans quand il fit cette ode, qui est l'une des meilleures et des plus correctes qu'il ait écrites. D'après une de ses lettres à s(m cousin de Bouillon, il y travaillait encore le 22 décembre 1627, lorstjue depuis six semaiues les Anglais avaient été cliass<'^ d<? l'île. Ix; 3 avril suivant, il racontait à Peiresc les compliments qu'elle lui avait attirés de la part du Roi. — Elle parut en i6a8, jointe à la lettre écrite à Louis XIII par le poëte au sujet de la mort de son fils, et que nous donnerons dans ce volume. Le tout forme 18 pages in-4°.
Donc un nouveau Ial)eur à tes armes s'apprête; Prends ta foudre, Louis, et va comme un lion ' •
Donner le dernier coup à la dernière tête De la rébellion.
Fais choir en sacrifice au Démon de la France 5
Lrs fronts troj) élevés de ces âmes d'enfer; Kt n'épargne contre eux poiur notre délivrance Ni le feu ni le fer.
Assez de leurs complots Tinfidéle malice
A nourri le désordre et la sédition. 10
a7B POÉSIES, ClII.
Quitte le nom de Juste, ou fais voir ta justice En leur punition.
Le centième décembre a les plaines ternies , Et le centième avril les a peintes de fleurs, Depuis que parmi nous leurs brutales manies 1 5
Ne causent que des pleurs.
Dans toutes les fureurs des siècles de tes pères. Les monstres les plus noirs firent-ils jamais rien , Que rinhumanité de ces cœurs de vipères
Ne renouvelle au tien ? ^ o
Par qui sont aujourd'hui tant de villes désertes? Tant de grands bâtiments en masures changés? Et de tant de chardons les campagnes couvertes , Que par ces enragés ?
t Les sceptres devant eux n'ont point de privilèges ; a 5 ( Les Immortels eux-même en sont persécutés ; S Et c'est aux plus saints lieux que leurs mains sacrilèges Font plus d'impiétés.
Marche, va les détruire; éteins-en la semence; Et suis jusqu'à leur fin ton courroux généreux, 3o
Sans jamais écouter ni pitié ni clémence Qui te pai'le pour eux.
Ils ont beau vers le ciel leurs murailles accroître , Beau d*un soin assidu travailler à leurs forts, Et creuser leui*s fossés jusqu'à faire paroître 3 5
Le jour entre les morts.
Laisse-les espérer, laisse-les entreprendre;
POÉSIES, cm. 279
Il suffit que ta cause est la cause de Dieu;
Et qu'avccque ton bras elle a pour la défendre
Les soins de Richelieu. 40
Richelieu, ce prélat de qui toute Tenvic Est de voir ta grandeur aux Indes se borner, Et qui visiblement ne fait cas de sa vie Que pour te la donner.
Rien que ton intérêt n'occupe sa pensée; 4 5
Nuls diverlissements ne Tappellent ailleurs , Et de quelques bons yeux qu'on ait vanté Lyncée, 11 en a de meilleurs.
Son âme toute grande est une âme hardie , Qui pratique si bien l'art de nous secourir, Ao
Que pourvu qu'il soit cru, nous n'avons maladie Qu'il ne sache guérir.
Le ciel, qui doit le bien selon qu'on le mérite. Si de ce* grand omcle il ne t'eût assisté, Par un autre présent n'eut jamais été quitte 5 5
Envers ta piété.
Va, ne diffère plus tes bonnes destinées; Mon Apollon t'assure, et t'engage sa foi. Qu'employant ce Tiphys, Syrtes et Cyanées ,
Seront havres pour toi. '' <»«»
Certes, ou je me trompe, ou déjà la victoire, Qui son plus grand honneur de tes palmes attend, Esl aux bords de Charente en son habit de gloire,