I. L'exiguïté
INSTRUCTION DE MALHERBE A SON FILS. 34i
parlât point en ladite transaction, et que le terme échu il les lui payeroit ; ce qu'il lit franchement, encore qu'il n'y en eût rien par écrit.
Plus, il faut considérer que dans ladite transaction, discourant par le menu d'où procédoit ladite somme de huit cents ecus, il y employa seulement deux cents écus de droits maternels et cent écus d^intérèts de ladite somme de deux cents écus : sur quoi il faut noter que ledit principal, qui n'est employé que pour deux cents écus, se monte deux cents treize écus un tiers. Et les intérêts qui n'y sont employés que pour cent écus se montent pareille somme de deux cents treize écus vingt sous, qui sont en tout quatre cents vingt-six écus et quarante sous pour principal et intérêt, et par la transaction il n>st fait mention que de trois cents écus ; si bien qu'il y auroit mécompte et erreur de cent vingt-six écus deux tiers, lesquels ledit Président devroit de bonne foi à ma femme y étant bien aisé à voir par là que ladite transaction ne contient {M)int un compte exact, mais une composition amiable telle qu'elle doit être entre frères et soeurs.
Plus, il y a les deux cents livres léguées par le feu sieur président Carriolis, père des transigeants, à chacune de ses filles, en cas que leur frère eût l'état de président.
La condition est échue, et par conséquent lesdites deux cents livres pour fille sont dues.
Il ne sert rien de dire qu'il y a fait des frais; car le testateur savoit bien que les états par résignation ne s'obtiennent pas sans frais, de quoi toutefois, en considération des services du feu sieur Président, leur père, il a eu bon marché , lequel bon marché doit être considéré pour les sœurs comme pour lui, parce qu'elles sont héritières comme lui des services de leur dit père.
Ledit feu sieur Président , par le mariage de ma femme, sa (ille, avec le lieutenant de INlarseille, M. Balth. Catin, fait en avril 1 577 par-devant Catrebars, notaire d'Aix, promet de payer lesdits deux cents treize écus un tiers dans dix ans. Lesquels dix ans expirèrent en mémo mois de l'année 1687. Or de Tannée 1 587 à Tannée mil six cents et deux, que ladite transaction fut faite au même mois d'avril , il y a justement quinze ans ; si bien qu'au denier quinze lesdits deux cents treize ét^ut
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vingt sous se trouvent doublés, et se monte le tout quatre cents vingt et six écus et quarante sous, combien que dans la transaction ledit sîenr Président ne fait compte à ma femme sa sœur que de trois cents écus en tout.
Honorade d'Escalis fut la première femme dudit feu sieur président Carriolis.
De ce mariage sont issues demoiselles Anne, Madeleine et Marie Carriolis.
Le mariage dudit sieur Président et de ladite demoiselle Honorade d^Escalis i^t du i*^*^ jour de novembre année iS^A, |Mir-devant M* François Bourrilly, lors notaire de la ville d'Aix.
Par ce mariage sa mère et ses frères lui promettent six cenls cinquante écus d'or soi de poids, du coin de France, et ce pour ses droits paternels, et sadite mère de son côté lui donne cinquante écus. Moyennant cela, ils la font renoncer à tous droits tuit paternels que maternels, combien qn^elle ne Fait pu faire, et par ainsi y a lieu de demander à M. le président de Bras Marc-Ant. d'F^scalis, héritier des biens de ladite maison d*Escalis et des droits d'Andrieu Mathieu du Revest, mère du sieur de Bras, son père, le supplément de légitime appartenant à ladite Honorade d'Escalis.
Desdits sept cenls écus promis en mariage à ladite demoiselle Honorée d'Escalis, il s'en trouve six cents de payés comme il se voit par quatre reconnoissances.
La prenutTC est de la somme de deux cents écus, acte pris par M* Bonrrilly, notaire d'Aix, audit an i548 et le 4' de décembre.
La seconde est de cent trente -quati*e écus, acte pm par M' Antoine Chabaud, notaire audit Aix, le 9' de mars 1549.
La troisième est de cent soixante -six érus, acte pris par M* Antoine Chabaud, audit an i549, ^^ ^î)* ^^ septembre.
La quatrième est de cent écus, acte pris par ledit M* Chabaud, notaire dudit Aix, en Tannée 1 55o et le 1 5* de mars.
Toutes lesquelles reconnoissances se montent six cents écus, et par ainsi il reste dû par ledit sieur président de Bras la somme de cent écus.
Étant en Normandie, ma femme emprunta six cents écus à .M. du Villars, lors gouverneur du Havre.
Ledit sieur du Villars les donna à sa mère, Mme d'Oise, à laquelle nous les avons payés partie argent comptant, partie en une cession, sur la communauté de Tarascon, de certains deniers que M' Bas tien Loup nous a voit cédés sur icelle commune de Tarascon, pour nous payer des intérêts de trois mille écus qu'il avoit reçus des communes de Soliers et de Brignole durant notre séjour en Normandie.
L'acquit que nous lui avons fait et ladite cession sur Tarascon sont compris en un acte passé 4e¥ADt M" Bruys, notaire d'Aix, demeurant à la place des Trois-Ormes, audit Aix, en Tannée i585, et le...
J'ai tous les papiers concernant l'acquit de ladite partie de six cents écus en Normandie : il s'en pourroit voir quelque chose chez M" Catrcbard, notaire dndit Aix, de l'année mil cinq cents 97 ou 98.
Atant plus en Normandie, nous empnmtAmes trois cents écus du capitaine Benoît Degan, étant lors auprès du sieur de la Vérnne, gouverneur du château de Caen.
Plus, ma femme venant en ce pays emprunta, ce me semble, cent autres écus de lui au Pont-Saint-Esprit.
De toutes lesquelles sommes j'ai les acquits en Normandie : il y en a quelques-uns passés à Brignole et les autres en cette ville; en vertu desquels, en l'année iSgH, m'en allant en Normandie, je passai audit Pont-Saint-Esprit, et fis canceller l'acte d'obligation que ma femme lui avoit passé.
Étant à Paris en Tannée 1387, le capitaine Boissony me prêta trois cents écus, lesquels je lui iis rendre en ce pays par M* Loup qui faisoit mes affaires. La quittance en est passée devant M* Granier, notaire dudit Aix, Tan i587, et le 18* de décembre. Au registre dudit M' Granier ladite quittance se trouvera pour la somme entière; car ne lui ayant de commencement été payé que deux cents quatre-vingt-dix écus, j'ai depuis payé les dix écus qui restoient à sa veuve, et ai retiré ma promesse comme quitte.
Je devois au viguier Aymar de Pcrtuys six écus qu'il m'avoit prêtés, je crois, en z 58o, de laquelle somme il a ma promesse et ne me Ta point rendue, encore que j'en aye quittance de loi du 17* de septembre i6oa.
Sauvecanne, de la Tour d'Aygues, son neveu, avoit été fer*
oiier de la bastide de Bourdon, appartenant lors k moitié a Jean-Honorat Bourdon, sieur de Bouq, fils de ma femme ; et en cette qualité ledit Sauvecanne nous devoit pour les aliments dudit Jean -Honorât Bourdon cinquante et quelques écus, et y avoit été condamné par sentence du lieutenant d'Aix dès Tannée....
Étant allés en Normandie en Tannée i586, la poursuite dudit Sauvecanne cessa jusques à ce qu^cn Tan 160^ je le fis prendre prisonnier en vertu de ladite sentence. Et lors ledit Aymar» son oncle, pour lui aider à me fournir vingt et cinq écus moyennant lesquels je promettois relâcher ledit Sauvecanne, me pria de prendre en payement lesdits six écus que je lui devois, ce que je ûa comme il se voit par la quittance que je ^ audit Sauvecanne à la Tour d'Aygues, année i6oa au mois de septembre, ce me semble.
Ledit viguier Aymar m'envoya un acquit desdits six écus et m'écrivit que ma promesse étoit entre les mains de son fils Jean- Antoine, garde-sceau à Aix, auquel il écrivit de me la rendre.
J*ai la lettre que ledit viguier en écrit à sondit fils, mais pour la parvité de la somme, j'ai jusques k cette heure négligé de la lui rendre. Quoi qu'il en soit, j'ai la quittance dudit viguier Aymar.
Nous avons eu plusieurs affaires avec ma sceur de Margaillet, desquelles ayant fait compte ensemble, ma femme et elle se tn)uvent quittes Tune envers Tautre de toutes choses, par acte passé devant M« Gazel, notaire d'Aix, en Tannée iGoS et le seizième d'octobre.
Le même jour m(m neveu de Margaillot nous fit quittance de tout le temps que nous avions tenu sa maison et de la moitié de Tannée lors courante par-devant ledit M* Gazel, notaire dudit Aix. Depuis, nous avons de terme en terme payé ledit louage de maison à mondit neveu, et ne lui devrons rien qu'à la Saint -Michel prochaine. Les quittances sont chez ledit M* Gazel, notaire.
Le jeudi 1 /|» de décembre mil six cents, environ onze heures du soir, naquit Marc-Antoine mon fils et de demoiselle Madeleine de Carriolis, fille de feu sieur président Carriolis.
Et le vendredi 1 5*" du même mois, il fut tenu sur les fonts
par M. Laurens de CarrioUs , aussi président au parlement de Provence, frère de ma femme, qui lui donna le nom de Laurens-Marc- Antoine .
Mme de Margaillet, Anne de Carriolis, sœur de ma femme, fut sa marr^ne. Le nom seul de Marc -Antoine lui est de- ^ meure.
Mme de la Vérune, Jourdaine de Montmorency, qui avoit été en Normandie marr^ne de feu ma fille Jourdaine, se trou- ^vant ici au mois de novembre 1600 pour la réception de la reine Marie de Médicis, vint voir ma femme, qui lors étoit grosse, et n'avoit plus qu'un mois à s'accoucher. La demoiselle de Boisroger, sa cousine, étoit avec elle.
Lorsque ma femme en accoucha, j'avois avec moi un serviteur que j'avois amené de Normandie, nommé François Maxienne, du lieu de Plissy '. L'on m'a dit que depuis il a été tué en Normandie d'un cheval en 1* abreuvant.
Un nommé Maheut, messager, qui a fait plusieurs voyages en ce pays, y a vu mondit fils Marc-Antoine toutes les fois qu'il y est venu. ,
Il y a un an ou environ que l'un des fils du sieur de Naut Londcl, de Caen, et un nommé la Racinière, marchand de Caen, étant en cette ville, me vinrent voir et virent mondit fils.
Un peintre nommé Jean de Cayé, fils d'une que l'on appeloit Françoise de Cayé, tapissière, et qui a montré à mes sœurs à coudre en tapisserie, a fait le portrait de mondit fils Marc- Antoine; lequel portrait je porterai à mon père, Dieu aidant, au voyage que j'y vais faire. Ledit de Cayé fit ledit portrait en Tannée i6o5, au mois de juin, durant lequel temps il étoit en cette ville et y a séjourné quelque temps, y étant encore de présent a 5' juillet iGo5.
Un nommé Jean le Bas, jeune garçon de vingt ans, fils, à ce qu'il disoit, de Gilles le Bas, voiturier de Caen à Paris, a aussi vu mondit fils, étant en cette ville au service de Mme ds C«astellane, l'an i6o5 et au mois de juillet.
I . Sans doute dit Plessy ou du PUtsisy nom de plusieurs localités en Normandie, où il nVn existe aucune de celui de Plissy. (Note de M. de Chennevières.') «
Un autre jeune homme qui se disott être de Caen, nommé Jacques Lucas, frère d'un nommé Sallière, précepteur d^nfants en Tuniversité de Caen, m'est venu servir au commencement du présent mois de juillet même année i6o5.
Un autre menuisier de Caen, nommé qui depuis
* travaille en cette ville, a vu mondit ftls Marc- Antoine, comme ont aussi fait ime infinité d'autres. Ce que j'ai voulu écrire ici, pource qu'il arrive quelquefois que ceux qui sont nés loin de la maison de leur père sont méconnus de leurs parents, qui se veulent attribuer la part qui leur peut appartenir. Je ne crois pas que mon frère le voulût faire; mais il n'y a point de mal de laisser les choses avec le plus de lumière que l'on peut, vu que le temps n'y met toujours que trop de ténèbres.
Fa. DR Malebbb.
Monsieur de Guespean, président au grand conseil, étant en ce pays pour un procès qu'il avoit évoqué en ce parlement , le sieur de Bremond , conseiller audit grand conseil , qui étoit ici pour le même fait, ont aussi vu mondit fils Marc- Antoine.
Monsieur le Sage, avocat au grand conseil, (|ui étoit ici pour l'intérêt qu'avoit monsieur Parent audit procès, a séjourné longtemps en cette >ille, où il a vu monJit fils assez de fois; et à ce qu'il m'a dit depuis qu'il est de retour par delà, il a vu mon père, auquel il a donné de nos nouvelles, et particulièrement de mondit fils.
Fb. de Malebbk.
Ledit sieur le Sage, à ce qu'il m'a dit, est de Falaize en Normandie.
Le 26* juillet i6o5, étant sur le point de m'en aller en France, je m'en allai trouver Mons' le président Carriolis pour le prier de faire canceller l'acte qu'à sa mère j'avois fait et simulé de rétrocession de cinq cents écus faisant partie de huit cents écus qu'il m'avoit cédés sur Tarascon, ce qii4l m'avoit prié de faire,