IV. — iPITAFBS DB MADBMOISBLLB DB GONTI
Tu t'approches, passant, et me fais croire que tu veux savoir de qui est ce monument. Il est de Marie de Bourbon, iille de Monseigneur François de Bourbon et de Madame Louise de Lorraine, prince et princesse de Conti. Tout ce qu'il y a aujourd'hui de rois en Europe sont branches d^une de ces deux tiges. Félicités humaines, que votre durée est petite! Cette merveille qui avoit été désirée avec une infinité de vœux et reçue avec un excès de joie ne fut possédée que 1 4 jours. Quiconque tu sois, donne des fleurs à sa sépulture ; ses mérites en eussent rempli le monde si Tâge les eût conduits à la per- L feclion. Elle naquit le 10 mars 16 10 et décéda le ak du même
m(HS en la même année.
I. Inédite et drée des Papiers de BcUuze^ ms. i33, I^ 35. — Voyez plot haut, p. 170, la notice de la pièce xltiii.
DISCOURS SUR LES OEUVRES DE M. DE MALHERBE (par GODEAU, ÉVOQUE DE VENCe).
Ce Discours, placé en tête de Fédition de i63o, et que l'on retrouve dans presque toutes les éditions du dix-septième siècle , est le premier ouvrage d^un homme qui plus tard acquit une grande réputation. Antoine Godeau , Tun des habitués de l'hôtel de Rambouillet, membre de l'Académie française, éyéque de Grasse et de Vence, avait à peine vingt^quatre ans quand il l'écrivit. Il n'y mit point son nom, qui parut, je crois, pour la première fois, dans l'édition de Ménage. — Suivant Niceron (t. XVIIl) et l'abbé d'Olivet {Histoire de r Académie), le /)ûcocirj fut publié d'abord séparément en 1639, in-4®; mais je pense qu'il s'agit seulement d'un tirage à part. Godeau a fait d'assez nombreuses modifications à son texte dans l'édition de i63i, que nous allons suivre ici. Nous indiquerons en note les variantes de l'édition de i63o.
On remarque d'étranges antipathies dans la natnre, mais je crois que la plus irréconciliable est celle qui se trouve entre les grands esprits, et ceux qui ne savent ni faire les bonnes choses, ni les connoître ; ou qui n'adorant que les ouvrages de leurs mains , pensent qu'on leur dérobe quelque chose , lorsqu'en leur présence on donne des louanges à ce qu'ils n'ont pas fait. Ce que la fable a inventé d'Hercule se peut dire véritablement de la gloire. A peine est-elle née, qu'il faut qu'elle étouffe des serpents; et si, quand elle arrive à un certain point, il ne se présente plus d'ennemis découverts à combattre, elle en a toujours de cachés , qui ne trouvent point d'artifice si noir qu'ils n'emploient hardiment pour la ruinera iMais si l'envie est jamais cruelle, et l'injustice des jugements insnp-