Le 19 avril. Voyez Roux-Alplieran , Recherches, p. 3a
4. c Madame, suivant votre lettre, je n'ai point failli à toutes lei occasions qui se sont présentées de remontrer à M. de Malherbe o qui étoit de vos appréhensions , et vous assure que je n'ai pas eu d< la peine à persuader M. le. garde des sceaux de le faire aussi de soi côté, car je l'avois déjà prévenu par diverses fois sur ce»qu'il avoit vc à Monsieur votre fils des habillements de couleur. Enfin, M. d< Malherbe l'a assuré que son intention étoit de lui faire continuel les lettres.... Je vous dirai bien davantage que Monsieur votre ûh n'a nulle inclination d'épée, ains a lui-inénie eu horreur de cett<
SUR MALHERBE. xxxv
Ces inquiétudes n'étaient que trop fondées. Malgré ce qur disait Peiresc de Thorreur que la profession des armes inspirait à Marc-Antoine, rhumeur batailleuse de celui-ci Tentraîna dans trois querelles, dont la dernière lui coûta la vie. La première eut lieu au mois de mai i6aa, au moment où Malherbe venait d^arriver en Provence. Nous en ignorons les circonstances, car il nVn a parlé qu^en termes assez vagues dans sa correspondance : c Deux jours après que je fiis arrivé, écrit-il à son cousin de Ck)lomby*, je ne sais quel fripon d'officier fit une niche à mon fils pour laquelle il a été contraint de garder la chambre, et moi privé du contentemen. que j'étois venu chercher à ma maison.... Mes amis me disent que c^est un juif à qui j'ai affaire et que je ne dois pas trouver étrange que mon fils soit persécuté par ceux mêmes qui ont cmcitié le fils de Dieu'.... Ce que j'y vois de meilleur pour moi, c'est que le moyen qu'a ce maroufle de me nuire n'est pas égal à sa volonté. Mais toujours aurai-je de la peine et de la dépense à démêler cet écheveau.... J'ai eu depuis quatre ou cinq jours des inhibitions du Conseil pour oter à ce parlement la connoissance de ma brouillerie. Il me reste encore quelques informations à faire pour évoquer. C'est à quoi je
profeitioD. Son p^re l*a fait étudier tous les jours quatre ou cinq Donnes heures en sa présence, de quoi j'ai été témoin diverses fois. 0 s'est r^tolo de le vous ramener bientôt lui-même là-bas, estimant ^'il y poisse bien mieux faire ses affaires qu'ici. > (Lettre de Peiresc à Mme de Malherbe, datée de Paris le 29 octobre 16 17. Bibliothèque de Carpentras, manuscrit cité, F» 532.)
I. Cette lettre, dans les anciennes éditions, est la trente-huitième et dernière du lirre II. Dans une lettre écrite d'Aix à Peiresc (alors à Paris), en date du 10 juillet de la même année (1633), il donne quelques autres détails : c Le jour même de la Fête-Dieu , il plut à lavocat général Thomassin de faire garder la chambre à mon fils, ce qui lui réussit si bien par la facilité qu'il trouva en M. d'Oppède lie premier président), qu'encore aujourd'hui il est en prise de corps. le crois bien que si je l'eusse voulu faire représenter, il en <;eroit quitte, mai< parce que je me doute cpi'ils l'eussent obligé à quelque lUisfaction à sa partie, j'ai mieux aimé qu'il soit privé de quelques jours de la place des Jacobins que de le soumettre à cette indignité, l'ai donc envoyé quérir un renvoi à un nutre parlement ; je l'attende la premier jour, avec les inhibitions à celui-ci. »
a. Il a repris <;ette pensée dans le sonnet qu'en 1627 il fit sur hi ttatde son fils (voyez p. 276, pièce eu, vers i3 et 14).