‹ Œuvres de MalherbeChapitre 3 sur 740 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

gie, la dtscq^line, le goût manquaient. A voir le oommon usage, de grands et nécessaires prc^[rès restaient k ùârt tant poor le choix et l'emploi des mots qoe poor leor disposition, poor la stmotore des phrases. On avait, dans le st^le, trop peu de sonci de l'ordre, de la logique, de TécoDOOiie du discours, de la propriété, de la nettelé do sens, de rharmonie de la construction, de son aisance et son* plesse; trop peu aussi de la dignité, de la gravité, de la noblesse, du» les genres et sujets qui veulent ces qualités; trop peu, presque partout, de la bienséance, et enfin de l'unité et de Facoord dans le too. Cest k corriger et perfectionner la langue sons ces divers rapports que Malherbe s'est courageusement et patiemment attaché. Telle qu'on l'écrivait généralement avant lui, eQe lui paraissait, oooune Féneloo disait de Ronsard, « crue et informe', » on, pour employer les termes que Balzac appliquait au même poCte, « une grande source, » sans doute, « mais une source trouble et boueuse, où Fordare enopèchait Teau de couler'. »

Pbur mesurer, au point de vue de la langue, le chemin parcouru par Malherbe, pour aq>précier et sa diéorie et sa pratique, il n'est pas besoin de chercher ailleurs que chez lui des documents ni des tennes de comparaison.

Pour sa tbéorie, ses règles de grammaire, de style, de critique, sa manière assurée et impitoyable de les appliquer, nous avons son ComoÊOUaire sur des Portes, Par sa méthode et -son ton de correcteur, qui justifie bien le titre que lui donne Balzac de « premier grammairien de France, prétendant que tout ce qui parie et écrit

I. Lettre tar Ut oeempmàomM de FAcmdémié frem^aÎM^ GEMKrrtê de Fémdom^ tome XXf, p. 191. — On tait ce que Fénelon pensait de notre rienx langige : il « te fiût regretter, ditait-ii en 1714 (ibidem, p. iSg)...; il aToit {Jmmt eertmtu muiemrs) je ne tais quoi de conit {htem qu*il U tromwe em imime tOÊft m mm peu trep perBems •), de naïf» de hardi, de rif et de pasttonnë. » n loi « semble qa*on a gêné et appaarri meire Immgme {miilemrt, p. 191, U ^omte « destéeké »), depnis enriron cent ans» en roolant la purifier. » Quant a Ronmd en particalier, il le goâte fort pea. B troore qn' « il avoît trop cMrrpris toat à eonp; » et s'en prend â Ini de la réaction ezagMe qui lairit : « L'excès choquant de Ronsard nons a nn peu jet^ daps Textré- ■itié opp«Mée » (p. 191). Je croinis Tolonticrt qu*il l'avait peu ^tndî^ ■ab sa double remarque n*en demeure pas moins fort jnite. La Brojère, gmd admirateur de BfaJhcrbe (ro/ez tome I, p. 199, de T^tion de X . Servoîs}» eoofirme en ces termes la seocnde : « Ronsard et les anteun wt coBtemporains ont plus nui au style qulb ne lui ont serri : ik l*ont retardé dans le chemin de la perfection ; ik Tout expose à la numquer pour toujours et à n*y plus rerenir. » Puis il sVtonne que « notre langue, à peine eorrompoe» se soit Tue si promptemcnt réparée, » quand rinrentRaon et Halherbe ^iMdemt, p. i3o).

s. CKmfres de BmUme^ DUtertmtlemt crilîfucf, n* xxir, tome II, p. 670.

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