XV. — SyLLBPSB ou accord AVBC la PBNSÉB PLUTÔT
qu'avec les mots.
i^ Genre.
L'emploi du masculin avec des mots teb q;uit personne, partie, était d'un fréquent usage :
.... A quoi faire sont appelés ces personnes de qualité? A quelle fin appo8ent-ii# leuri cachets ? (II, 65.)
Vojex au Lexique^ p. 459; et tome II, p. 466, 1. f i et ia| tome IV, p. 4, 1. 11 et la; p. 149, 1. t9etao.
De quelques artifices qu'aient us^ met parties,.,^ je n*ai rien touIu dire crue je n'eusse de quoi dissiper les ténèbres dont Us obscurcissent la yénté. (IV, a45 ; voyez IV, 10, 1. 18 et 19.)
On rencontre encore à la fin do dix- septième siècle de semblables emplois du masculin. On en trouvera deux exemples remarquables au tome XI de notre édition de Sèvignè dans nn/acium de Dacier, de 1698 : I*un, i Is page 3oi , 1. a4 et a5, après le mot partie f l'antre, a la page 3a3, 1. ia-19, après le mot gens, précédé de l*adjectif féminin certaines. Voyes ansû au tome X de cette même édition la note a de la page 85-
Dans la phrase suivante de fifalberbe, il y a, au lieu d'accord avec le sujet, accord avec un terme accessoire qui détermine le sens de ce sujet :
La plupart de ces choses qu'on appelle biens ne sont pas si parfaits en nous comme Us sont en beaucoup d'animaux. (Il, 57a.)
a* Nombre*
Pluriel avec des mots de sens collectifs
Voyes ci-dessus, à l'article Aooobd, p. u, c).
Cela et d'autres choses font croire qu'il (M. de Fenddme) se veut retirer du parti dont il sembloit qu'il fût. Toutefois i/s(les geru dm parti i^/»ri/icef) disent que s'ils le perdent, ils en gagneront d'autres. (III, 985.) Voyet au Lexique, l'article II, p. 3ao et 3a i , 5* (et en outre, tome II, p. 595, 1. 1 1 ).
Voici quelques exemples oè le pluriel est appelé, non pas précisément par un terme collectif, mais par des mots de signification compréhensive, qu'on peut considérer comme impliquant pluralité :
Je n'ose tous prier avec cérémonie^ et tcux croire qaUlles vous dëplairoient. (III, 078.) Avec cérémonie j c'est-à-dire avec des mots et tours cérémonicnz, des cérémonies.
INTRODUCTION GRAMMATICALE. x.xiii
Au hum fait nous t dootods tout. Voilà pourquoi je Ui juge (Us bienfiùts) sans séparer m oiTiser. (U, 174*)
Qui est-ee qui Toudroit.... bailler un dépét à un qui fait coutume de Us nier? (II, 117.)
Bum/mitf dépêt sont pria comme termes génériques, embxuaant les dÎTers actes on iiljHi avBqacb ces mots s'appUqocnt.
D'où Tient que personne ne confesse ses rices? Pource qu'il {le sommeil) est encore parmi eux, (II, 4^7-) Fenomme est na collectif de tîgni&catioii négatÎTe : « Nul homme, aucun des
La sagesse.... fait tout d'un coup un homme riche, en lui apprenant à ne se soucier point de l'être : ce sont cKotes qui ne tous touchent point. Je fiais plus de cas de tous que des riches. En un bon siècle, tous en auriez trop. (II, 3s7.) L^aeeord a Ken stcc Tidée de richesses, éreillée par le mot riehe^ qui précède. — •
En est van antre iTllepse : « toiu anriex trop de bien. » Dsna les escnplea mirants, l'accord ae fait de même atec des mots pluriels, non ex- % dont ruée est éveillée par le contexte :
A quoi tendent tos interrogations captieuses, sinon à surprendre 101 pour lui faire faire quelque faute en la forme de procéder? Mais comme le préteur relèTC ceua^ci^ la philosophie tout de même relère les autres. (II, 437-) Censxif eenx à qni des interrogations captieoses ont fait fidre qnelqne fante.
Cest mal TÎTre que de commencer toujours à TiTre. Demandez-Tous pourquoi? pource que ieur Tie est toujours imparfaite. (II, 353.) Lenr m, la TÎe de oeuK qni commencent tonjoars à rivre.
Je fus hier au soir au Lourre, où l'on aToit opinion de la guerre; toutefois on attendoit M. du Bouillon.... J'appns que s'il n'apporte nooTelles qui contentent la Reine, on s'en Ta à eux, aTcc dix-huit mille hommes de pied et deux mille cinq cents chcTaux. (III, 4^3.)
A emxt mtx ennemis, idée éreiUée par celle de guerre.
3* Syllepses diversement remarquables.
I«s Imrdicsscs peu légitimes qui suivent ont beaucoup de rapport avec les dernières nUepses de nombre que nous venons de citer. Dans les unes comme dans les antres^ Paeeord a*éCahKt arec des mots dont l'idée est éreillée par ce qui précède on j est implicittmcttt contenue :
On m'a dit qu'il impute son mai à la demeure du Palais; pour moi, je crois qu'il la faut chercher aux humeurs mélancoliques, etc. (III, aSi.)
« Imptfto son mal à » équivaut à c regarde eomme la cause de sou mal. »
Soit qu'il eât en horreur le nom de roi, qui est une domination.... préférable à toute autre sorte de gouTcmement, etc. (II, 34-)
La phrase se continue à partir du rdatif qui, comme si « nom de roi » équÎTalait è reyrMUé.
L'introduction des TÎces et le changement des royautés en tyrannies rendirent les lois nécessaires ; et les sages mêmes en furent les premiers antenrs. Solon fut celui des Athéniens. (II, 710 et 711.)
Celm, c'est-à-dire c le législateur, » idée qoi se déduit des mots : « en furent les ' auteurs, les premiers auteurs des lois, n
U (Scipion) se Tint retirer à Li terne {ville de Campaniè)..., Cette maison est im bâtiment de pierre carrée. (II, 668.)
« Cette maison, 9 c*SBt4-djrs la maison où il se retira, è Liteme.
Le querelleux [dit] qu'il n'aime rien tant que la paix, mais que c*est
Lxiv LEXIQUE DE MALHERBE.
son malheur, et les sujets qu*on lui en donne, plutôt que son inclination. (II, 443.)
Il j «, comme sonraot, i k fois ellipse et syllepse : en tient U place des mots Je querelle ou de quereller, contenos «Uns querelleux, et la phrate, pour être intdli^Ue, veut une fin, reUe-ci par exemple : «i Cest son malheur, et ce sont les sujets qu'on lui donne de quereller, qui le /ont querelteux, »
Yoyex ci-dessus , Accord, p. ux, 4*, exemples 4 «t 5.
VoTexausai, au tome II, p. 480, 1. 1 et 6; p. 59$, I. 10 à 16; au tome HI, p. 3a^ I. ii-i3; p. 359 et 36o, des accords qui flottent, arec une confuMon peu correcte, entre des mots différents exprimant la même idée : objets et choses (sous-rntendu), vaisseaux et barques^ fouies et pétards^ le masculin bracelet et le féminin ovale.
Enfin on trouvera dans le toxique, aux articles II, ils (p. 3i5-3ao) , Eir (p. 9i3- 917), Y (p. 677-68o}, des exemples de très-grandes libertés de rapport et d'aoeord.
4* Négation employée par syllepse.
Toyex an Lexique, p. 410 et 41 1, de nombreux exemples de «1 employé dans des tours (surtout des tours inteirogatifii) où nous y substituerions aujourd'bui et on bien ou. On iroit, en analysant les idées que contiennent les passages cités, qu'elles impBqnent négation. Ainsi cette phrase :
Il fiit.... arrêté que derant que les préteurs allassent à leurs charges, ni les consuls aux leurs, il seroit fait des sacrifices (I, 43 1}»
rerient à dire que « les préteurs ni les consub ne devaient point aller à leurs charges avant d*aToir fait des sacrifices. »
Cette autre ;
Je suis trop pressé pour en faire plus d*une copie, ni pour tous écrire davantage (III, 67),
équivaut à : « Je im puis, tant je suis pressé, faire plus d*nne copie {du soiutet)^ ni vous écrire davantage. •
Yoyex encore ci-dessus, p. xx.Tni, 7*, Négations o).Tfotts avons bit le même renvoi, nn peu plus haut» à la fin de Tarticle pLaoNAam : il y a dans cet emploi de la négation après nn mot négatif surabondance à la (ois et syllepse.