‹ Œuvres de MalherbeChapitre 46 sur 740 · PRONONCIATION · texte numérisé non relu

PRONONCIATION

Une gnttde quantité dw partieiilaritiét d'ordio^phe ffoe nont ■nom wtofci id, comme affecUnt la proaondatioBy soBt, les unes oolaîiiemeiit, d'antna trèa-^rat— blablemeiit do fait des Imprimeon phitftt qne de Malherbe. Let aeulet qu'on pwîiae attribuer lùrement I notre antenr Im-mème sont odiet qve nous tinmi des aolo-

Othea on sur lesqudla nons savons son avis par le CommemUùre sur dès PoHe*, On ngnera, dans les listes qni solTent, les mots écrits de sa main, et Tenant des originanx de sa eorrespondanee , par le chlffire de lettre (se rapportant aox lettres da tome III}, on le renToi à la page et an volome, dont noos les aceompagnons ; la forme des autres nous est donnée par les anciennes éditions : le Lexiqms aurque dans quel endroit des Œwvres ils se trouvent. Nous avons cm qu'il valait la peine de mentionner Irt plus remarquables de ces mots moins autorisés, cest-i-diie pouvant n'être que ^ fait des imprioMurs, parce que, en tout cas, ik constatent un des usages, sinon le m ~ leur, de Pépoque.

Une antre observation que nous devons faire d'abord, c'est que Pordiogiuplie représente pas toujours la prononciation. L'ancienne manière d'écrire, même à Ci afaêtraction de celle qni indiquait simplement l'étymol(»gie, et à ne parler que de celle qui figurait l'ancienne manière de prononcer, survit, on le sait, bien souvent à ôdle-ci, et, dans certains cas, il n'est pas facile de dire jusqu'à quel point la foi nous marque la véritable articulation et le son des OMits.

Fàyelles et diphthongues.

La plupart des diflérenees archaïques portent sur les voyelles et les diphthongoea. Noos avons relevé un bon nombre de formes de cet ordre dans la section de TOb-

THOOIUPBB.

Ou, o, a, en.— iy/rroKser, bourdean (bonUFlf Bomrdeaux (60, ailleurs et d'ordinaiie Jlordeaux)f eourvée (i34)y eomsteam (eâteam), moiiê/^ (tomelV, p. 3l3, 373), Ifpmël (^l)i P^f^teeoutU (91)» pouiiron, pourtrait et pourtraire (nous trouvons dans les éditions pomrtrait et portrait^ mais fl blâme ches des Portes, tome IV, p. 449> l'orthographe portraire)^ tcarpouUue (escarpolette^ tome IV, p. 3o4, note a) , patomrMe (Q substitue ce mot à pastcreile, employé par des Portes, tome IV, p. 40s) • "^ '^■^ tome U, p. 606» les anciennes éditions nons ont donné le changement contraire d'en en o : cormuÊêf pour couronne, — Nons trouvons on pour u dans JUmet (167), dans Soufsses (46, ailleurs Sujsset et Suiêses) ; et n pour notre on dans emmission (94, altération de submùtion). — Devançant le précepte de Yangdas, notre antenr ne veut pas que l'on confonde consumer et consommer ^ comme le fidt encore Bfme de Sévigné, et Corneille dans ses premières éditions : voyez leurs Lexifues^ et ci-après» p. 1 1 7 et 1 1 8, les articles CoRaoïmn et CoMSuian ; on verra, dans le prcmînr des deux, qu'il est arrivé aux imprimeurs de Blalherbe de lui faire fidre malgré lui cette confusion. •— Pour la permutation d'o» et d'ea, d'ea et «Tu, voyex ci-dessus, l'artide de l'ORTnooEAPnx. p. i:.xxvin, et Foemks vuBiXBs, p. xlti. Pour le second de ces changements (eu-n), ce que nons avons de plus remsrquable dans Malherbe, ce sont les rimes deceus (pour déçus) avec ceux; veu (pour 9u) avec aeeui meurs (pour miirc) avec mamrs. Yojez ci-après l'artide YansincATioir, p. lxzxt.

A, e, i, ai, oi. — Damoiselle (5o), madamoiselle (07)1 sarge (73, 76, 77, etc., pour serge\ panon (76, pour pennon)^ gardian (tome 1 Y, p. 47 1 pov gardien) ) —

INTRODUCTION GRAMMATICALE. lxxziii

(su), Amdéhmtiê^ eemdtmmihUt eomUmnatien^ steemde (pour eiiaeads)^ rmAtt (po«r rmekai)\ tes imprimen» (tooM II, p. 438) loi font écrin refimehirt mm 9 v«at (toae !▼, p. 43i) qa*oa éerire rafreschir; — eérimùiûê (i45), dilajrer (famé de déUMt)^ eommunité, affermer (pour <^j(|y£niMr), dé/ormité (pour diffornùié), Saini-Omjrm (i37, pour 5aMf-C/«#«») ; — cloirf^ (tome lY, p. 3 13, 35a), gaigner (il 8), rejeUUr (Toyes le Lexiqme de Carmsilie)] — »/ ^cA^/, iZf ècheent^ je baillé (17, 01), eomrieMÙ (3). Yojei d-eprèe, p. i34, ce qo'il dit de Torthogrephe et de h

de croire et d'aceroire; et p. aa8 et 559, ^ fbnne da intiir des ▼cAet eiw/T, remvojrer,

D WMM fcste pea de choee à dire ou à rappeler pour edieTer ce qui ooDoeme la pnwwfiitiwe dei adoti qaaat ans Toydlea et dipbthongiim. — Noos aTons parlé (p. BXXTin) des fbnacs parrim^ marrine, poar parrain^ marraine» — L'addition d'à dana le» ioalea emgme^ poor orne^ que nous aTona notée, p. lxtix, a*, marque peat-étre qe'eilee owwiaA m ioii ploa naial que eefaii d'à présent. — Yoyei an Lexique^ FunnuE ctFumm; GniiAinc, -powr Jumeaux, qae nooa employons encore anjourdimi, mais MeJerneat coaune tcnne d'astronomie, tandis que Bfalheibe le prend an sens propre; PnoncouL, poor protocole ; CnoomiAinn, pour ehiqmeaaude. — Il faut encore re» ■vqaer ctitaifis suppressions et additions ne roydles : poor les nnes, Toyea les articles CaAOOS (poor dùaamx), Cboduis (pour ehioarme)^ Fuau (en one syllabe, ponr fUam)j et ks dans mots SG&npouxirm et Stxcaob (ponr escarpoUtu et estocade)^ qni n'ont pas noirs e initial ; pour les antres Beibf, bbuyb rcompares l'adjectif Griep, en mam aenle syllabe). — Nous tronrons dans les antograplies deux lapsos aasn cnrienx, nsais maïqnant bien comment la prononciation décompose certains groupes de eoBSOBBCS : demereii (Sa, pour demwi), jauemin (43, pour jasmin), lions arons ■n lut to«t conlraiie dans la lioenoe donrai (98, ponr donnerai, dans des vers que MjJShtAm envoie à Peiresc, mais dit n'être pas d'un bon mettre) . — Ponr la permutation d*Mi»aaa, et d'e/, el, Toyea MAuoai et BoumoiAu; pour o/, on/, o», Toyex Fol, Sei, Socïï^ ^ Yoyex aussi Âms l'artide Oui rincertitade de la mesure de ce mot, dont les naa €uaaicnt nne srllabe et les antres deux. — L'orthographe ekomme, et fiattr, roilet (ponr cUme, rôle, rSUi) montre que ces mots n'araicnt pas autrefois la même qsantile qu'anjourdlmi. — Le Commentaire sur des Portes contient , au sujet des fâMS, des obecrvations portant snr certains mots dont il paraîtrait que la quantité a amai varié : ■ Glace et masse, c'est une longue rimée avec une hriére » (tome I Y, p. aSi). — « Distile (pour distille) et débile, MauTaise rime : distile a la pénultième Mgne, cl déèiU l'a eonrte » (tome lY, p. 3a7). Il ne vent pas non plus qu'on faase '"* avee mile (lY, 383). — u Extrême et soi^mesme, mal mné| mesme est brrf » (tome lY, p. 3a6, note a). — Nons noterons, pour finir, le âiangcaBCftt de voyelle, avec interversion de consonne, des mots /ourmage (pour

(pour promener), entretenir (ponr intervenir) : dans ces deux ly qni sont des verbes composés, l'ancien osace frandse, on le voit, les »,,. pour, entre ; le nôtre y substitue les formes latines pro et inter : comle sahataiitif compoeé, moitié fran^ et moitié latin, bienfaetear (tome II, p. 45 et 67}.

Consonnes.

Les dinbcooes de prononciation qui tiennent aux consonnes sont moins nombreuses.

Hons nvons : 1* des consonnes ajoutées, dans qndques formes de prendre : print {i%i), ariust (i37), r^rindrent (98); dans la finale ongne, plusieurs fois mentionnée; fan» enartres (ao3 et ao6, pour chartes) ^ eroirre (tome lY, p. 445f

, , , , . . . , po"i^ croire) ,

smceer (ttmae lY, p. a68, pour sucer), jurisdiction; nous ne revenons pas sur les redonfaksnents qni n'intéressent paa la prtmondation et dont nons arons parlé ci* desans, p. uuax, 3*.

a* Des consonnes retranchées : me€redjr{%, 107, 161, etc.), sumission (94, altération de snémMsioe), résiné (rimant avec obstiné, tome I, p. a6i, vers 6 et 7), rétraindre (ponr restreindre: voyex au Lexique, p. 571); pa tourelle , d^à dté, mis à la place dn pastorelia de des Portes.

y Des eoneonnee changées : segond (109), segondé (53), segret (75) , segretaire (73), Jaeopims (41, poor Jacobins)^ Capmemns (laS, pour capucins; nous avons vu dlns hnt Capmssi»), bêchée (pour becquée on biquée), conssenille (pour cochenille), eenead fM, pour eoiomeli Peircse. dûs la cote de la lettre 1, écrit carroasere, pour ewmuÊUt on cmTomsai)^ ParabeUe (ia4, pour Parabère)^ bisarremeni (m», pow

LXxxiT LEXIQUE DE MALHERBE.

bigmremeni, fc*f«rrwtf). —Noos «v<ms mendoiuié pliu haat, p. ixmn, eerekêt (poar ehêteher). — Noos pouroos noter oiconi késiter avec h aspirée; et dans ium additioii (mais qui n'est pas de la nain de Malherbe) à la lettre 76 : onflambe (poor or^amme).

Finales,

Pour les finales, nous arons à renarqaer des allongements , aocoarcissemcnls, etc. : eoustange (poor coât^ dépense), earrouselle {1, pour carrousels^ fueje soje (16, 144, pour que je sois), eseurieux (146, poor écureuils) y apprenti/' (i35; l'Académie, en 1604 y donne le choix entre apprenti/, apprentive et apprenti ^ apprenlisse) ^ épie (poor épC)^ donaire (170, pour douairière) ^ esse (164. pour essieu) , arsenae (Sa, pour «nr»nat), brouillas (au sens de brouillard: voycs le Lexique) i les vieilles formes, encore usitées dans certains emplois, courre (pour courir) ^ grand (poor grande : voya le Lexique),

Au lieu de pluriel^ M alheibe écrit constamment plwrier (forme que l'Académie reconnaît encore) .

Il nous apprend (tome IV, p. 469) que, dans qndqnes proTÎaces, et pardcoKèrement dans le Yendomois, on dit nie, au lieu de nid.

Nous aTons mentionné ailleurs les finales ongne poor ogne, ol et oui poor ou; un ^y^y poof ^'^t ^^^^ gardian et Saini-Ouyn, — Yoyes aussi au Lexique ^ p. 624, 11*, et tome If, p. 681 , note i , qui pour qu'il ; et enfin, ci-dessus, p. i.yrTi, les désinences de certains noms propres.

Liaisons.

Noos Usons dans le Commentaire sur des Portes quelques critiques asses curieuses sur la manière de lier les mots entre eux par la prononciation. Malbexhe interdit comme hiatus la rencontre d'une voyelle et d'un mot terminé par d. Voici par exemple sa remarque sur ce rers :

Fait son nid aux jeunes bocages ^ ce II faut dire ny; car autrement il fiindroit prononcer ni taux jeunes bocages » (tome IV, p. 456).

Faire sentir ce d final, en Tarticnlant comme f , est on gasconisme. Cest ce qn'il déclare par deux fois :

A cheval et à pied en bataille rangée, « Cacophonie : piè en bataille; car de dire piét^ comme les Gascons, U n'y a point d'apparence » (IV , 353).

Pieds nudsy estomach nnd, ignorant gu^il étoit^ « U faut dire nuf et disant nw, il y a de la cacophonie, sinon que vous prononciez en gascon nut ignorant ^ comme quand ils disent : mettre pié ta terre » (IV, 4l6).

Lui-même écrit, nous l'avons dit, pié sans d. Ainsi : pié k pié (6a).

A l'occasion de ce vers de des Portes :

Ne paiera-Ion toujours d*une vaine mensonge? Malherbe établit b règle dn*f euphonique que nous avons donnée plus haut, p. lxxvi, puis il ajoute : « Je crois qn'il a dit ton, et non ton, pour éviter la rudesse de ton tau » (lY, a56). — On peut voir au Lexique, à Tarticle Oir, deux exemples, tirés d'autographes (27 et 41)* on Malherbe viole lui-même la règle du / et emploie comme des Portes Ion \Von) au lieu de ton {t-on).

Notons, pour finir, certaines liaisons, que nous éviterions aujourd'hui, de je avec on verbe précédent : sens-je (I, i5q, v. i5), souffré-je (I, 956, v. 29). Yoyes a ee sujet Ménage {Observations sur Malherbe, tome II, p. 394 et agS).

Dans ta section suivante, de la YEnsDiCATioir^ sont relevés divers faits qoi intéressent aossi la prononciation.

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