‹ Œuvres de MalherbeChapitre 47 sur 740 · VERSIFICATION · texte numérisé non relu

VERSIFICATION

T<ijcz ao totnc I, U Fie de Malherbe par Racan, p, Lzxxil et stiiTantes; et daiu le Ttthleem de La poésie française au nyi* siècle , par M. Sainte-BeuTe , p. i52>i58 (Paris, 1843), on exceUent expoaé des réformes introdnites dani b reruficatioa par

Enu. — Roas tronvons chez Malherbe an certain nombre de rimes qui, poor notre BrtmoBcsation, sont choquantes, mais dont quelques-unes, pour celle de son temps, étaient encore légitimes (^oyei le tome I dn Lexique de Corneille ^ p. xcni et xcit).

D fait riaaer u>is arec appelais (I, 60 et 61, t. 69 et 7a); dois avec voulttis (I, 380, ▼. 94 et 9$); soie arec l*adjectif yrancoù (I, 80, t. i3a et i34; a8a, ▼. 114 et 116); etmpagme avec dédagnej pour dédaigne^ (f, 9, ▼« i3o et l3i) ; /ils, non pas seulement avec Mempkis (I, 5o, t. 117 et lao; 9a, ▼. i3a et i34 » 196, ▼. 37 et 38;, mais aussi este hoasffju (I, a86, ▼. 19 et ao), et déconfits {l^ 74, t. ia3 et ia6) ; Tltèmis avec mie (I, a6S« ▼. I et a); tous avec vous (I, 104, v. la et i4y et quatre ou cinq antres fois); ■«■la aipcc meurs poor avirs (I, 39, ▼. 14 et 16, dans une strophe qu'il a plus tard retnncfafée) ; a^eii avec pe» poor vu (I, 389, t. I09et iio); ceux avec déceus pour dèeus (I, a88. ▼. 73 et 74) : ces deux dernières rimes sont tirées d*une poésie tellement plane de négligences qu'on a Tmiraent peine à croire qu'elle puisse être de Malherbe ; otstimàm arec résinée^ pour résignée ([, a6l, v. 6 et 7).

Le» rime» dites noimuides reriennent asscx souvent dans les premières poésies (voyei eaecMre le Lexique de ComeiiUy tome I, p. xav). Ainsi mer arec etmsumer (I, 17, ▼. 35^7 et 36o); cher avec lâcher ([, a8, t. ii et la)» avec chercher (I, 43« ▼. 70 et 7a) ; lupittr avec vanter (I, 5a, t. 167 et 160), avec douter (I, laa, t. 318 et aao), wnmc quitter {\, 147, ▼. aa et a4); enfer myitc philosopher (I, 139, v. la et 14); plus hirfif nt cBoore, chair avec pêcher (1, 4 et 5, t. 9 et i a) ; et, comme ches Curneille, dtfir avec aveugler (f, 3o, t. 35 et 36),

Hoos voyons cependant notre auteur se montrer en théorie fort délicat et sévère sur Twàtataté de lea et de quantité : nous avons cité plus haut (p. lxxxxii) ses critiques des lÎHwa gimee el mtasse^ extrême et mesme, distile (pour dUtiUe) et débile^ distille et •wUr. Daae la pratique toutefois il est moins rigoureux; sans parler de la rime du mot glace, dont il vient d'être question, avec fasse, rime qui revient plusieurs fois (I, ioS, V. 17 et 19; 117 , V. 17 et 19 varA^ û fidt rimer trace et grâce (I, 5, v. 34 «t SS), fasse et disgrâce (I, 3oa, v. 9 et 11), s€iehe et fâche (I, 17, t. 3;o et 371), eutmme et âme (I, i5, v. 39a et 393), rames et infâmes (I, a8i , t. io5 et 107), Irmme et âme (I^ 388, v. 69 et 7a), colosse t^ fosse (l, a4, v. ai et a3), rabaissent et eam/iusant (I, 6a, v. 9 et 1 1), etc. — Nous devons an reste faire remarquer que Ton peut conclure des critioues mêmes qoe nous avons citées, de Malherbe sur les rimes, que la pmnondatson de plusieurs des limes féminines qui précèdent s'est probablement modifiée de son temps au nôtre.

Il nous reste à relever la rime vicieuse du mot ites avec lui-même, êtrs-n^itet (T, i53, V. 33 et a 3) ; les deux licences d'orthographe : je couvrir pour je couvris , rimant avec ivri (I, 167, v. a8 et 3o); ravi^ pour ravit, rimant avec suivi (391, v. 9 et 10). — A la page 170, v. 3 et 5, nous trouvons passé rimant avec assezf mais

I. Ronsard, comme le remarque Ménage (tome II, p. 37), a fait rimer de même hmgueut, pour hmgnent^ avec

Lxxxvi LEXIQUE DE MALHERBE.

n'est-ce point pur migaide qoe Hilheriie, dans l'aatognplie de Cupentras, a écrit Un^ patsé^ ao lien de temps foué» on plutôt passez? — Nont ne notons pas comme lioenoet la rime de etmr (dont Tancienne orthographe était eomrt) aTec accourt (i ta, T. io8 et I lo) ; ni m4ms écrit avec on sans /, en Tue soit de la rime, soit de la mesure : Toyei p. Sg, ▼. aa et a3, optiques mimes rimant avec visages blêmes; p. 54, ▼. 198 et 199, lui-même avec blême (et comme Tariante, ihiJem^ blêmes et lui-mêmes); dans le corps do Ters, p. 6a, t. i i. mêmes au berceau; et p. ai4, ▼. 141, nos ekamjfs même; p. 378, ▼. a6, les Immortels eux-même^ à Thémistidie.

Yoici quelques remarques de Ifalherlie sur les rimes, tirées dn Commemtaire sur des Portes,

Pins sévère que nos prosodies (voyei le Traité de Fersifitation /raneaise de M. Quicherat, i838, p. 39, 7*), il condamne la lime de Uau avec bieu^ au sujet de ces deux Ters :

Et moi| je montre mon lien, Henrense marque de mon bien.

« ICal rimé, dit>il, une sjUabe sur deux v (IV, 987).

n blâme la rime du simple avec le composé, d'armes par exemple, arec alarmes (IV, 366, etc.).

Ces deux Ters de des Portes :

Et le ceeur inhumain d'une béte cruelle. Or en tous connoissant si divine et si belle, etc., lui suggèrent l'observation suivante : « Quand on finit un sens, il le iaut finir à la deuxième rime, et non pas faire que des deux rimes l'une adière on seus, et l'antre en commence un autre 1» (IV, 358) .

Au sujet de ceux-ci :

Car Tamour et la loi sont mus eoM^pdWMon. Amour est un démou de divine nature, il s'écrie : c Vous paries en oiscm. C'est un riee quand après avmr rimé un vers, on finit le demi-Ters suivant en la même rime » (IV, 358). — Il reprend ^alnnent la rime & denû-vers, comme il rappelle, dans un même vers; dans celni-ci, par exemple : Qni la fait contenir sans mouvoir ni g^mcr (IV, 389; voyez IV, 385, 39a, 4 19, etc.). Il condamne, en la nommant « rime de Chartres, » la rime d'ds avec », d'heure avee endure (IV, 419).

HBSuax XT Coiin. ~~ Pour la mesure on quantité des mots, Bialberfae s'éeartn, en fort peu d'endroits, de l'usage actuel, qui, en bien des points, remonte à lui.

Il fait iex d'une seule syllabe dans livriez (I, 34, v. 53), et denx fois dans vombrie* (I, i3, V. a56, et a48, v. a3) , quoique^ dans ces deux mots, Vi soit précédé de doux consonnes dont la seconde est une liquide. — De même iè dans quatrième (I, i83, V. 33) ; et >e dans grie/l adjectif (I, 43, v. 69). — Voyez les Obserpatians de Hénage (tome II, p. 45-48).

Il fait iWr de deux syllabes (I, a8i, v. 96, et a88, v. 64) ; conformément à notre usage, il même des Portes de n'avoir fait qu'une seule syllabe de rui dans le mot muse.

Remarquant que des Portes fsit la particule oui tantôt monosyllabe, tantôt disTllabe, il trouverait, dit-il, « plus raisonnable » la seconde quantité^ mais ajoute que c l'usage doit être le mettre. • (IV, 369.)

Il ne tient pas compte de l'e (ou'aujonrd'hui nous accentuons) du mot Jieau, et traite ce nom comme un monosyllabe (l, a 19, v. 4, et 74, v. 127 var.).

Deux fois seulemmt, il se donne une ancienne licence relative à l'e mnet *, en frisant une syllabe de Ve de supplie (I, a47, v. 6) , et une autre fois de la finsie eut de sojrent (I, 44, V. 7 var.y Cette seconde licence, il l'a corrigée, mais en en prenant une autre, celle d'employer soient comme monos^labe :

Et soient dans les coupes noyées.

Mus tard, il condamna l'une et l'autre. A l'occasion d'au vers où des Portes fait de pojrent deux syllabes : « Forent, dit-il, se prononce en une syllabe; voilà pourquoi il ne hnt pas le mettre dans le vers. » (IV, 391.)

Pour la coupe des vers, il critique les renvois soit d^nn hémistiche entier, soit d'une partie d^émistiche. Ainsi :

Tai mis dn côté droit maint bFsnchage assemblé

I. Il faut corriger, tome I, p. aiS» v. toa, lassée en lasse.

INTRODUCTION GRAMMATICALE, lxxxtii

jyoUmêt et de myrte,,,. (lY, 384 ; ▼oyei amti lY, S89) ;

Cm eonr qid ^amia tint^ et qni fut tant aiiiié

De toi, chère PbylUft.... (TV, 469).

« Ce d^ taif dît-il Ironiquement an njet de ce damier exemple, est nne «mpenajon de eene adminliie. Un aena imparfidt an premier Ten, et qui t'anéte à la seconde syllabe dn Tcrs anivant : jnges avec quelle grftoe ce peut être. »

Hiatus. — On pent dire qu'il n*y a point d'biatos dans les poésies de Malherbe, dana qne nooa ponrons justement noasmer siennes et regarder comme nous donnant

aa vraie manière. Noos en rencontrons sept dana notre tome I (3, ▼. an et 27 ; 9, ▼. 137; 985, ▼. a; 987, ▼. d3; 289, ▼. 109; 296, t. 39); mais de ces six le dernier est probablement une fisnte typographique au ■mr^'wnf éditions, fiidle à corriger en ~*~|anl, comme a fait Ménage, /Poit par dont ; les trois précédents sont dans le i la Ganle, dont l'antbenticité» nous l'aTons dit, nous puait fort douteuse; les I se trouvent dans les poésies n et m, c'est-à-dire dans deux essais qu'on ■e peut certes donner pour des modèbs et qui remontent & un temps où sa langue et San style éCaJent loin d'être formés.

On pent woir cî-dceana, p. lzxxit, comme Mslherbe blâme dans les Ters, en le traidê eacopboaiey le concours d'une Toyelle initiale avec une royelle finale suiTÎe e qui ne doit pas se prononcer.

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