TRANSMETTRE
Nous avons tant perdu d^amis.
Et de biens, par le sort transmis
Au pouvoir de nos adversaires, etc. (I, 987, vers 38.)
TRANSPIRATION, exhalation (contagieuse) :
Comme si j^étois quelque archétype de poltronnerie, il croit que par une transpiration imperceptible, je la vous aye communiquée. (III, 87.)
TRANSPORTER (Se), se mettre hors de soi :
Quelque discrétion que je vous aie promise, si faut-il, ma Reine, que vous me permettiez de me transporter en la joie que m'ont donnée vos lettres. (IV, 175.)
Je mt trtmtporîe telkment qae je penie plutôt fiarier à tous que tous écrire. (II, SaS.)
TRAQUENARD, traduisant le latin asturco (cheval d*Astiirie). (II, 677.)
TRAVAIL, peine, soaffrance, fatigue :
Je n'aime pas tant le travail^ que j'en veuille prendre pour une choee de ti peu de nruit. (I, 46a; voyez Iv, a6.)
Il m*a donné cela; mais combien l'ai -je attendu? De combien de trm^ vaux ai-je acheté le peu qu'il m'a fait de bien? (Il, 89; voyez I, x35« vers 40.)
Ce sont les considérations qu'il nous faut aToir, si nous voulons attendre en repos ceUe heure dernière, de laquelle la crainte nous rend tcMles les antres pleines de travail et d'inquiétude. (II, 174-)
Si en la mort nous avons du travail ou de la crainte, nous en sommes cause. (II, 370.)
Le moyen d'y parvenir (à la féiie'Ui)^ c'est de ne se soucier point du travail, et de le tenir pour indifférent.... Ce n'est pas bien que le //«vail. Qu'est-ce donc qui est bien? Le mépris du travail, (11^ 384 et 385.)
TRAVAILLER à quelque chose :
Devant qu'il soit Pâques, la Rochelle sera en l'obéissance du Roi.... Ou y travaille par deux voies. (IV, 66 ; voyez II, 5ar.}
TaAYAiLLBa, tourmenter, inquiéter, fatiguer, etc. :
.... De tous les pensers qui travaillent son âme
L'extrême cruauté plus cruelle se fait. (I, i5, v. 393 ; voy. I, 18» v. 9.) .... Quelque frénésie Qui travaiUàt sa fantaisie, etc. (I, 79, vers 86.) Puisque par vos conseils la France est gouvernée, Tout ce qui la travaille aura sa guérison. (I, 961, vers 4.) Il laisse mon pays en repos, mais travtdUe le sien. (II, a37.) Le nom de sa chaste Marie Le travaiUoit d'une langueur Qu'il pensoit que pour sa longueur Jamais il ne verroit guérie. (I, I93, vers 341.) Quelle incommodité recevront les misérables qui jouniellemcnt tout travaillés par sa cruauté? (II, a 38; voyez IV, i38.)
On ne le peut trop aimer {le corps), qu'à toute heure on ne soit Crevaille' de cramte, inquiété de sollicitudes. (II, 3ix.) .... Les moins travaillés des injures du sort
Peuvent-ils pas justement dire Qu'on homme dans la tombe est un navire au port? (I, 271, vers 64.)
La vertu fait de ses ouvrages comme un père de ses enfants. Elle les regarde tons de mêmes yeux,... fait encore quelque chose de plus pour ceux qu'elle voit les plus travaillés, (II, $17; voyez I, 109, vers 4>*)
Dans les coittes des lits il y a voit des pelotons de plume que les sor^ ciers y avoient mis pour travailla' ceux qui rouchoient dessus. (III, 74*)
Tout ce qui me travaille et qui me trouble, c'est l'envie que j'avots de trouver des paroles de reconnoissaoce, etc. (IV, 4; voyez II, 383, ^iS.) Bien à peine elle {la fortune) a eu le loisir de la laisser naître {mou afeetlon pour vous) pour commencer à la travailler, (IV, 157.)
Leurs Majestés.... y feroient quelque séjour,... pour laisser remettre les chevaux..., qui ètoient merveilleusement travaillés, (III, 5i4 ^ Ss5.}
TRÉJ DE MALHERBE. 649
Sb t&ataillbb, s'exercer, se donner du mal, se tonrmenter, etc. :
La vertu donne la forme des objets où elle se veut travailler (exercer), (II, 5ia.)
J*eaf honte de br&ler pour une 4me glacée; Et sans me travailler à lui faire pitié, Restreignis mon amour aux termes d*amitié. (I, a65, vers ai.)
Épicure avoit de certains jours où il ne mangeoit pas son soûl, pour voir.... si c'éloit chose qui méritât dei*en travailler beaucoup. (II, 33 1.)
Je suis extrêmement aise de Tavoir vu (le ballet de la Reine)^ pource que le désespoir de voir jamais rien de si beau.... me dégoûtera de me travailler plus en semblables occasions. (III, 81.)
Vous craignez qu'on ne parle de vous mal à propos. Mais en quoi pourroit mieux montrer un homme qu*ii n*a point de jugement, qu en se tra^ vaillant pour des paroles? (II, 733.)
Je n^ai que faire de me travailler pour une noblesse reconnue partout comme la nôtre. (IV, 47*)
C'est le crime aes grands seigneurs et des belles dames, de ne se tra» vailler guère pour la conservation des amitiés. (IV, i35.)
J'ai beau me travailler,.,» pour trouver quelque soulagement en mes ennuis, je ne vois rien qui ne les aigrisse au lieu de les adoucir. (TV, i83.)
TRAVERS (Du) de :
Une digue.... que l'on tire du travers du port, depuis le foit Louis juv qnes au fort de Coreilles. (IV, 66.)
De long et de tbayees, en tous sens, du flgoré. (I, 3o8, vers 5.)
TRAVERSE (Allée à là) :
Les coches pour aller à la traverse {pour faire la traversée ^ le voyage) sont établis à quatre écus par jour. (IIl, 78.)
Tbavsbse, an figure, obstacle, revers :
Le bien présent n'est pas encore solide, pource qu'il peut toujours recevoir quelque traverse, (II, 54.)
TRAVERSER, an propre et an fignrë :
Ces beaux yeux souverains, qui traversent la terre
Mieux que les yeux mortels ne traversent le \erre. (1,6, vers 61 et 6a.) Traverser quelqu'un, c'est l'empêcher de faire quelque affaire. (IV, a88.) Pensez- vous que votre empêchement vienne d'où vous m'écrivez r
vous n'avez rien qui vous traverse tant que vous-même. (II, 34l') Je ne trouve pas étrange que la fortune me traverse, (IV, t56.)
TRÉRUCHER, tomber :
Puisses-tu voir sous le bras de ton fils
7V^Âiic//^rlesmursdeMemphis!(I, i96,v. 38;voy. I, ii6,v.348.)
TRÉMOUSSER, blAmé cbei des Portes. (IV, 45o.)
TREMPÉS (Yeux), mouillés de larmes :
Philis, qui me voit le teint blême»...
Et les jreux trempés tout le jour, etc. (I, 99, vers 3.)
Epébs bien TBEiiPÉxs, ëpées vaillantes. (I, 67, vers 55 et 56..) TRESOR (Mettbb en), amasser. (II, 7^3.)
65o LEXIQUE DE LA LANGUE [TRÉ
TaÉsoRSy au figuré :
Tout ce qu'à façonner un corps
Nature assemble de trésors, (I, 147, vers 16.)
Ajoutez i tons ces miracles
Sa bouche, de qui les oracles
Ont toujours de nouveaux trésors, (I, 17$, yers Sg.)
TRÉSORIER, traduisant le latin qumstor. (I, 455.)