I.AURETTE. tig
empo«ioifiiëa^4iu malheureux qui t'a âedidte, et 4ui»-aEioi I«i5 plus différer. i
U faiulrait avoir em ce moment Tàme timide et tendre de Lau* patte , AÛner comme elle un père et un amant , pour coincevotr i pour sentir ie cosabal qui s'éleva dans son faible eœur entre ra*» ■k^ar et la natnre* Le trouble et rétonnement de ses esprits la teBaient immobile et muette. Allons > disait le përe« les momans BOtta sont cbers. Pardonnes» s'écria Laurette en retombant k ge» WMUL devant lui , pardonnes , mon père, ne vous offenses pas si je larda k vous obéir. Vous aves lu dans la fond de • mon âme. Il maift^pie à Lusy la nom de mon époux ; mais tons les droits qfie peut donner l'amour le plus tendre , il les a sur moi. Je vaux le fiiir, m'en détacher, vous suivre; }'/ suis résolue, fallut-il en rnavrir. Mais prendre la fuite en son absence ! lui laisser croire que )e Fai traÛ! —Que di»-tu, malbeoreuse ? et que t'in^r^e V opinion d'un vil suborneur? et quels sont les droits d'un amoar qui fa perdoe et déshonorée? Tu l'aimes! tu aimes donc ta honte ? tu préfères donc ses indignes bienfaits à l'innocence qu'il t^a ravie? tu préfères donc à ton père le plus cruel de tes ennemis? Tu n'oses le fuir en soa absence , et le quitter sans son aveu ? Ah ! quand il a fallu quitter ton père, l'accabler, le désespérer, tu n'as pas été si timide. £t qu'atlends*tu de ton ravisseur ? Qu'il te défende? qu'il te dérobe à l'autonté paternelle ? Ah ! qu'il vienne ; qu'il ose me faire chasser d'ici ; je suis seul , sans armes , affaibli par Vâge ; mais l'on me verra étendu sur le seuil de ta porte , de* auusder vengeance à Dieu et aux hommes. Ton amant lui-même , pour aller à toi , sera obligé de marcher sur mon corps ; et les passans diront avec horreur : Yoilà son père qu'elle désavoue ^ et que son amant foule aux pieds»
Ah! mon père, dit Laurette épouvantée de cette image» que TOUS connaisses peu celui que vous outragez si cruellement ! Rien de plus doux , riea de plus sensible. Vous lui seres respectable et sacré. — M'oses-tu parler du respect d^ celui qui me déshonore ? £spères-tu qu'il me séduise avec sa perfide douceur? Je ne veux pas le voir ; si tu réponds de lui , {e ne réponds pas de moi-même. *— £h bien! non, ne le voyes pas; mais permettes que je le voie ui seul moment. — Qu'exiges-tu? Moi, te laisser seule avec lui ! Ak! dàt-il m'arracher la vie, je n'aurai pas cette complaisance. Xaat qu'il a pu te dérober k moi , c*était son crime, c'était le ti«a^ je n'en étais pas responsable; mais le ciel te remet sous ma garde, et dès ce moment je lui réponds de toi. Allons , ma fille, il est déjà nuit close ; voici l'instant ds nous éloigner. Décide-toi , renonce à ton père, ou obéis. —Vous me percez lé cœur. — Obéis , U dis-je , ou crains ma malédictioB. A cet mots terribles , la trem-
2i« . CONTES MORAUX.
blante Lairrette h'eut pas la force de répliquer* EHe se déshabiBi ■ sous les yeux de son père , et met , non sans verser des larmes ^ \ ! simple vêtement qu'il lui avait prescrit. Mon père, lui dit— -elle «amoment de Xe suivre, oserai-je, pour prix de mon obéissance^, vous demander une seule grâce? Vous ne voulez pas la xnort de celui que je vous sacrifie : laissez-moi lui écrire deux mots , Ini apprendre que c'est à vous que j'obéis; et que vous m'obliges k vous suivre. — Est-ce afin qu'il vienne encore vous enlever, irons dérober à moi? Non , je ne veux laisser de vous aucune trace. <^a'ti meufe de bonté, il se fera justice; mais d'amour! perdez cette crainte : les libertins n'en meurent pas. Alors, prenant sa fille par la main , il sortit sans bruit avec elle ; et le lendemain matin , em— barques sur la Seine ^ ils retournèrent dans leur pajs.
Minuit passé , le comte arrive dans cette maison , oii il se flatte que le plaisir l'attend, et que l'amour l'appelle. Tout j est dans l'alarme et la confusion.
Les gens de Laurette lui annoncent avec effroi qu'on ne sait ce qu'elle est devenue ; qu'on l'a cherchée inutilement, qu'elle ttvBÎt pris soin de les éloigner , et qu'elle a saisi ce moment pour édiapper à leur vigilance; qu'elle n'a point soupe chez son amie ; et qu'en partant elle a tout laissé , jusqu'à ses diamans , et jusqu'à la robe qu'elle avait mise.
Il faut l'attendre , dit Luzy après un long silence. Ne vous couchez pas ; ii y a dans cet événeinent quelque chose d'incompréhensible.
L'amour, qui cherche à se flatter, commença par les conjectures qui pouvaient causer Laurette ; mais les trouvant toutes dénuées de vraisemblance, il se livra aux plus cruels soupçons. Un accid^t involontaire avait bien pu la retarder; mais en l'absence de ses gens se déshabiller elle-^méme , s'évader seule , au déclin du jour, laisser sa maison dans l'inquiétude ! tout cela , disait-il , annonce clairement une fuite préméditée. Est-ce le ciel qui l'a tour chée? est-ce un retour sur elle-même qui l'a déterminée à me fuir? Ah! que ne puis-je au moins le croire! Mais si elle avait pris un parti honnête , elle aurait eu pitié de moi , elle m'aurait écrit , ne fût-ce que deux mots de consolation et d'adieu. Sa lettre ne l'eût point trahie, et m'eût épargné des soupçons, accablans pour moi , déshonorans pour elle. Laurette , ô ciel , la candeur même ; l'innocence , la vérité ! Laurette infidèle et perfide ! elle qui ce matin encore... Non, non , cela n'est pas croyable... Et cependant cela n'est que trop vrai. Chaque moment, chaque réûexion lui en était une preuve nouvelle; mais l'espoir et la confiance ne pouvaient sortir de son cœur. Il luttait contre la persuasion comme un homme expirant lutte contre la mort. Si elle arrivait , disait-