Ü30 DEUXIÈME DIMANCHE DE CAHÈME
sons dM circonstances et des siluatimis dlssembliibles : rnjnur a btstmif Fautrejuur , et une nuit a montré sa srirnre funeste <i Tautie nuit (Ps. xviti,5) : du pliiN luiii «|u'il m’est permis de rappeler riiisloire de mes années, j’jr trouve déjà les Ébaudies et les naissances de mes pas'iuns ; et les commencements de ma vie ne s’oITrent à moi qu’avec les prémices de> crimes dont je suU encore coupable.
Cependant , d mon Dieu ! votre colère n’a |ia.s encore éclaté .sur moi ; et «lu haut <le votre justice, vous me voyez errer depuis si lon;;-lem{>s dans des voies criminelles , sans m’avoir frappt* de mort, et fkit périr, comme tant d’autres, au milieu de ma course! Ah ! ce n’est pas sans qiielipie de>sein de fbiséricordc sur moi que vous avez prolongé mes jours, et diiïéré jusqu’ici votre vengeance; vous ne m’auriez pas délivré de tant de (mtUs qui ont mille fois menacé ma vie, si vous n’avicz voulu faire jiaroiire en moi quelque jour les richesses de voire grâce.
Grand Dien I je commence à ne plusaimer mes maux; achevez votre ouvrage, et faites que j’en aime le remède. L étal de ma conscience me trouble ; la corruption et le désordre de ma vie me couvrent de honte; les remonis du crime mr tyrannisent, et répandent raiiiertiime sur tous mes jours : achevez , grand Dieu î de rompre des liens déjà à demi brisés ; donnez le dernier cucq> à ma volonté rebelle ; snotenez ma foiblesse dans un eombat où vous m’avez vu tant de fois succomber; ne vous éloignez pas de moi , et faites que je ne retrouve le calme et la tranquillité que j’ai perdus qu’m vous devenant à jamais lidèle.
vfiiisi SûH-iL
SERMON
POt'R LK SFXOD MM V>CilE DK CARÉMC.
SLTl LE DANOEU DES PEOSPÉl\ITI-iS TEMPORELLES..
Jtfjpondent Petrus,dixU ad Jfsum : Domine , bonam est nos kie eue.
Pfenr (lit I Jésus : SeiSni'ur, ooui snoimps Irfra ici.
(Uimi.. itit.4.)
D’où vient que l’EvangiD remarque que Pierre ne savoit ce qu’il disoit, iursipi'il exliorluit son divin maître à lixer sa demeure sur le Tiiabor? C’est que ce n’e>t pas connoiire le chriNtianUme, que de vouloir jouir «lu repos et de la félicité avaul le tra- 'ail et les souffrances, Il faUuit que le Cbrist souf*
frit, et qu’il entrât ainsi dans sa gloire; telle a été la voie du clirf, telle «ioit être la voie des memlires ; Il faut que les chrétiens smiiïreiil ici-bas, s’ils veulent qu’il partage un jour sa gloire avec eux; point d'autre porte que les .souffrances, qui puisse nous introduire dans ce njour de délices qui nous est promis.
N'oiià |)oiirquoi la religion ne semble avoir des anatlièmis que pour ceux qui revoiveiU leur cousolaiion en crlle vie. Parluiit. malheur à ceux qui rient, et qui sont rassasuv : |i:irlonl, h‘S promesses cniisoUnics ne sont faites qu’à ceux qui souffrent ici-bas : |»artüiil, le monde pnHieiU est livré aux impies, comme leur {iosse-ssion et leur héritage : |Kir(oiil, la rt'Coni|»ribe des saints sur la terre, sont les laiines et les anUcUuns : ;>artout enfin, leur royaume n’est |)a.s de ce monde.
Ce n’est |ms que le salut ne soit (tossible à tous les états, ou que la religion rondaiime les distinctions de la naissance, de la fortune , du rang , de raiilorilé, élalilies de Dieu même, et si nécessaires à la MilMMviinatiüii des {leuptes et à la tranquillité des empires. Les rois furent ap(>eles, comme les |ta.sleurs, à l’ctable de bethléem. L’Eglise eut d'ai)ord lies lideli's dai» U inai.<(on de César, Qui de Cœsaris doiito snnt (Piiiui*. . iv, 22/, comme sous la tente de Simon le curroyeur. La cour a eu de tout temps ses âmes clioisies, comme le cloître; et nous voyons ici le tréiie encore plus respectable par la piété, que par la puissance et la majesté , du souveraiii qui le remplit. Les faveurs temporelles sont en elles - inénie.s l’ouvrage du Créateur; et dans l’ordre de sa sa.gesae, elles doivent être des moyens de sahil , et non |>asdes instruments de {lerilition et de vice.
Cependant la corrupiimi les a tirées de leur usage naturel : elle a fait servir les dons de Dieu à l’injustice ; et comme le serpent laisse un venin dangereux sur les fruits dont il a goiUé, le premier pécheur, en usant contre l'ordre de Dieu des biens de la terre , les infecta . et en lit , pour ainsi dire , un poison mortel à toiile sa pusléi ilé. Les dangers de rabondance ne sont donc pas une suite de riiistiluliim de la nature, mais du désonlredu pédké. L'Iumime étoit ne pour être lieureux; la terre n'avoit reçu la fécoiulUe que |>our ruiiriiir à ses innocentes délices ; mais riiumiiie abusa des bienfaits de Dieu ; dès lors tout plaisir lui fut icibas comme interdit ; parce que la joie ne convient qu’à l’innocence, et (pie d'ailleurs il est |dus facile à la cupidité de s’en abstenir que d’en user sans excès, et comme tout est pur à ceux <iui sont purs, tout devient nouille à celui qui l’eUMt déjà par sa Irausgtewion.