SUR L’IMPÉNITENCE FINALE
EgovadOtftqtuzrtiU nu, et inpeecato vatrvmoHemint.
Je n'fo enie.'H roiw me climfaerei. et voiu monmi dane Totre ptcbe. (Jun, eui.ai )
Si vous n'avez pas frémi, mes Frères, en m’entendant prononcer ces paroles, les plus terribles sans doute qu’on lise dans nos divines Ecritures, je ne vois plus de vérité dans la religion capable de vous toucher. Pour moi, je vous avoue que j’en suis frappé de terreur; et il me semble, qu’en exposant de si formidables menaces, il fandroit plutét prendre des précautions pour prévenir les frayeurs excessives qu’elles pourroient jeter dansles esprits, que pour réveiller l'atteution et la crainte.
En effet, ce n’est pas des calamites publiques ; vos villes démolies, vos femmes et vos enfants menés en servitude, et l’héritage du Seigneur en proie à des nations barbares et infidèles, que Jésus-Christ vous annonce aujourd’hui ; ni tant d’autres menaces que les Israélites , au pied du mont Sinal, ne purent entendre sans être renversés de terreur, et sans craindre de mourir, si le Seigneur ne cessoit de leur parler.
C’est l’abaiMlai de Dieu, et l’impéniterKe au Ut de la mort, qu’on vous annonce; des efforts pour retourner au Seigneur en cette dernière heure, inutiles et rejetés; la réprobation consommée en ce moment fatal ; et une ame depuis longtemps infidèle à la grâce, menée enfin captive par son péché ; QuareUs me, et in peeealo rettro noriemini, •
C’est la destinée déplorable de tant de fidèles, ou qui méprisent les voies du salut, ou qui ne se proposent d’y entrer qu’i la dernière heure : c’est celle de la plupart des pécheurs qui m’écoutent ; c’est la vètre, mon cher Auditeur, si vous différez de vous convertir au Seigneur ; Il s’en va, et tous le ckercheres, et tous mourras dans noire péché.
Grand Dieu! mais que devient votre bonté, lorsque vous abandonnez le pécheur dans cette dernière heure ? Ses pleurs, ses sanglots, sa bouche tremblante collée sur le signe sacré de son salut , ses promesses de pénitence, ne peuvent-elles plus alors fléchir votre clémence ? et devenez-vous on Dieu cruel pour l’homme que vous avez créé ? Ne mettons point de bornes è ses miséricordes in-
finies, mes Frères; il peut se laisser fléchir : mais vous ne le flécliirez pas; et il vous avertit lui-mème que vous ne devez pas vous y attendre : Je m’en tais, et tous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Il vous le dit à tous en général è chacun de vous en particulier, de quelque ège, de quelque sexe , de quelque rang que vous puissiez être.
Cette matière est trop effrayante pour y chercher un autre dessein, que celui que les paroles de Jésus-Christ elles-mêmes nous fournissent ; si vous attendez de vous convertir à la mort, vous mourrez dans votre péclié : cette terrible vérité m’occupe tout entier; je vous la propose avec simplicité toute seule. Or, si vous dilférez jusqiie-ll votre conversion , vous mourrez dans votre péché, parce que vous ne serez plus en état alors de cliercber Dieu , et de retniirner à lui ; Quà ego vado , vos non poieslis renirs ( JoAN., viii, 22. ); parce que , supposé même que vous soyez en état de le cliercher, et que vous fassiez des efforts pour retourner i lui , vos efforts seront inutiles , et vous ne le trouverez pas : Qutrrelis me . et in peeeato restro moriemini. Première raison tirée du cété du pédieur, hors d’état, au lit de la mort, de chercher Dieu , et de retourner à lui. Seconde raison tirée du cAté de Dieu irrité alors envers le pécheur , et qui ne recevra pas , ne regardera pas , méprisera même, les efforts que le pécheur mourant semblera taire pour le chercher et retoumer à lui. C’est-è-dire, la pénitence au lit de la mort , presque toujours impossible; la pénitence au lit de la mort , presque toujours inutile. Nous avons besoin des lumières de l’Esprit saint , etc.
Ave, Jffaria.
PREMIÈRE PAR'nE.
Si vous différez votre conversion i la mort, vous mourrez dans votre péclié, parce qu’alors vous ne serez plus en état de chercher Jésus-Christ : Quà ego vado, vos non poieslis Ténire. Première raison tirée du cdlé du pécheur mourant , hors d’état alors de chercher Jésus-Christ; c’est A-dire la pénitence au lit de la mort, presque toujours impossible. Or, vous ne serez plus en état alors de cherdier Jésus-Christ ; parce que , ou le temps vous manquera; ou le temps vous étant accordé, raccablement de vos maux ne vous le permettra pas; ou enfin , que vos maux vous le permettant, vos anciennes passions y metU'onI des obstacles , que vous ne serez plus en état alors de surmonter. Appliquez-vous, mes Frères, à ces vérités importantes.
tl!
LÜNDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE
Je (lu donc , premièrement, qae vous êtes imprudeoU de renvoyer l'afTaire de voire salut 1 un temps que Dieu ne vous a point promis , et qu’il reruse tous les jours è des pédienrs moins coupa> blés que vous. Car, mon clier Auditeur , qui vous a répondu que la mort viendra lentement, et qu’elle ne fondra pas inopinément sur vous , comme un vantonr cruel sur une proie tranquille et inattentive ? D’où avez-vous appris que le Seigneur vous avertira de loin ; ipi’il enverra toujours son ange pour vous préserver; et qu’une chute soudaine , nn naufrage imprévu, nn édiOoe écroolé sous vos pieds , nn coup conduit par le liasard , un lâche ennemi, un domestique infidèle, et tant d’antres accidents, ne couperont pas en on clin d’œil le 61 de votre vie, et ne vous précipiteront pas dans l’abîme an milieu de vos plus beaux jours P Qui peut vons garantir qu’une révolution subite d’humeurs ne vous fera pas expirer sur-le-champ entre les bras de vos amis et de vos proches, sans mettre, entre une santé parfaite et le trépas, que le dernier soupir d’intervalle ? Ces malheurs sont-ils impossibles P ces accidents sont-ils fort rares P s’est-il passé une seule année, un seul jour presque, uù Dieu ne vous ait averti par quelqu’un de ces grands exemples P les tètes les ^os illustres en ont-elles été à couvert P Combien de fois vous est-on venu annoncer avec alarme ; Cn tel vient d’expirer an sortir de table, du jeu, du crime quelquefois! le ministre de Jésus-Christ s’est présenté; mais on n’a pu tirer du mourant anenn signe. Quelle consternation alors ! quels retours sur vous-méme ! quelles ré- Oexioos snr l’inconstance de la vie et de toutes les choses humaines I quelles résolutions secrètes de prendre de loin vos mesures, de peur d’étre surpris â votre tour ! Etiez-vous alors imprudent on trop timide, de craindre P Combien de fois peut-éUu ces terribles accidents sont-ils arrivés à vos yeux P et sans sortir de votre famille, n’avezvous pas eu là-dessos quelques leçons domestiques ? Or, je vous demande, quels ont pu être les desseins de la miséricorde de Dieu, en vous ménageant des spectacles si effrayants? N’est-ce pas peut-être de vous avertir que votre lin seroit semblable P Que sais-je , si la disposition même de votre tempérament ne vous laisse rien à craindre lâdessus ; si vous ne portez pas déjà la mort dans le sein ; et si an premier jour votre 6n soudaine et surprenante ne répandra pas le deuil parmi nous; et ne fournira pas, â ceux qui m’écoutent, de grandes, mais d’inutiles réflexions sur l’abus dn monde et de ses espérances P Quel e.st donc votre aveuglement, mon cher Auditeur , de faire dépendre votre salut éternel de la
chose dn monde dont vous pouvez moins vous répondre P Si vous comptiez sur le succès de quelque grande entreprise; la sagesse de vos mesures, le secours de vos amis ou de vos sujets, votre rang, vos biens, votre crédit, votre puissance, pourraient vous en répondre : mais vous comptez sur le temps. Eh ! qui peut être ici votre garant P de qui les jours et les années dépendent-ils P qui est celui qui lait lever et coucher le soleil sur nos têtes P Commanderez-vous à cet astre, comme ce chef du pe uple de Dieu, de s’arrêter, de prolonger le jour de votre vie, pour vons laisser le loisir d’achever la victoire, et de dompter vos passions ? les titres , le rang , la puissance, les sceptres enx-mêmes, nous donnentils droit snr nn seul de nos momentsp ceux qui commandent â la terre peuvent-ils répeiodre d’e u.vraêmes pour l’instant qui suit P n’est-ce pas ici on Dieu vent nous Ihire sentir qu’il est le maître, qn’U tient nos destinées entre ses mains , et que nous sommes bien peu excusables de nous atlatflier avec tant d’ardeur à un monde auquel nous ne saurions jamais tenir que pour l’instant présent , qui n’est déjà plus P
O vous, mon Dieu ! qui seul avez posé des bornes à la vie de cbacnn de nous; vous , qui, dès le commencement , avez compté mes jours comme mes cheveux; vous (pii présidâtes au moment de ma naissance , et qui dès lors marquâtes snr mou front celui de ma mort ; vous seul , Seignenr , qui avez écrit dans le livre éternel les jonrs de mon exil et de mon pèlerinage; vons seul voyez si je suis encore loin de ma course, on si je touche déjà au terme fatal , au-delà duquel sont la mort et le jugement.
Mais vons vons rassurez peut-être sur ce que ces exemples de mort imprévue sont rares, et que ce sont là de ces coups extraordinaires et uniques, qui ne tombent que sur un petit nombre de mal heureux. Je pourrais vous redire que la justice de Dien les rend tous les jours très communs , et que ce qui étoit rare dans les siècles qui nous ont précédés, est devenu nn événement de tous les jours dans le nétre. Mais je veux que ces terribles accidents ne tombent que sur nn petit nombre de malheureux; outre qu’il peut arriver que vous soyez de ce petit nombre, et que quand ce malheur ne devrait tomber que sur un seul de vos citoyens, vous ne seriez pas sage de ne pas le craindre ; outre cela, je vous dis que le plus grand nombre est de ceux qui sont surpris; que presque tous les pécheurs meurent lorsqu’ils croient la mort encore éloignée; que le jour du Seignenr vient toujours comme nn voleur, el à l’heure qu’on y pense le moins. Je vous dis que le dernier moment qui termine nos jontg
uy vioogle