UNIVERSEL
A l’examen des maux que nous avons bits succédera celui des biens que nous avons manqué de faire. On nous rappellera les omissions infinies dont notre vie a été pleine , et sur lesquelles nous n’avions pas eu roêaie de remords; tant de circonstances où notre caractère nous engageoit de rendre gloire à la vérité, et où nous l’avons trahie par de vils inlérèls ou par de basses complaisances; tant d’occasions de faire le bien, que la bonté de Dieu nous avoil ménagées , et que nous avons presque toujours négligées ; tant d’igiK>rances coupables et volontaires, pour avoir toujours craint la lumière , et fui ceux qui pouvoienl nous instruire ; tant d’événements si capables de nous ouvTÎr les yeux , et qui n’oul servi qu’à augmenter notre aveuglement ; tant de bien que nous aurions pu faire par nos talents et par nos exemples , et que nous avons empêché par nos vices ; tant d’ames dont nous aurions pu présener l’innocence par nos largesses , et cjne nous avons laissées périr pour n’avoir rien voulu rabattre de nos profusions ; tant de crimes que nous aurions pu épargner à nos inférieurs ou à nos i^aux par de sages remontrances et des conseils utiles , que l’indolence , la lâcheté, et |>eut-être des vues plus coupables nous ont fait supprimer ; tant de jours et de moments que nous aurions pu mettre à profît pour le ciel , et que nous avons passés dans riuutilité et dans une indigne mollesse. Et ce qu’il y a ici de plus terrible, c’est que c’étoit là la partie de notre vie la plus innoceuie à nos yeux, et qui n’offroit tout au plus à notre souvenir qu’un grand vide.
Quel regret aloi-s pour l’ame infidèle, de voir une si longue suite de jours perdus, sacrifiésâ l’inutilité, au Uionde qui n’est plus, tandis qu’un .seul moment consacré à iin Dieu lidèle dans ses pro- . messes eiU pu lui mériter la félicité des Saints ! de ! voir tant de lussesses , tant d’assujétissements pour des biens et une fortune misérable qui ue dévoient durer qu’un instant; tandis qu’une seule violence soufferte pour Jésus-Christ eut pu lui assurer un royaume immortel ! Quel regret de voir qu’il n’eût pas fallu tant de soins et de peines pour se sauver , qu’elle en a soufferts |K>ur se perdre, et qu’un seul jour de cette longue vie tout euiployée pour le monde , eût sufli pour rélernitc !
A cel examen succédera, en quatrième lieu, celui des grâces dont vous avez abusé ; tant d’inspirations saintes ou rejetées ou suivies à demi; tant de soins et de meuagemeuts de la Providence sur votre aine rendus inutiles; tant de vérités entendues par notre ministère, qui ont opéré en plusieurs Iklëles la pénitence et le salut, et qui sont toujours tombées en vain dans votre cœur; tant