‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 132 sur 348 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

De toutes les circonstances de la vie, le choix d'oD état est celle où la méprise est le plus à craindre, soit que vous la considériez du côté de Dieu dont elle usurpe les droits, du côté des grâces et des secours dont elle nous prive, oii enOn du côté des suites presque toujours irréparables qu’elle traîne après soi.

Du côté de Dieu dont elle usurpe les droits. En effet, en nous donnant l'élreet la liberté, il ne s'est pas départi des droits qu’il avoit sur son ouj vrage. Ce n'est pas à nous à disposer de nousmêmes : c’est à lui seul à nous ejnpioyer selon les vues qu’il s'est proposées en nous formant, et à régler l’osage des talents que nous n’avons reçus que de lui. Aussi à peine le premier iiomme futil sorti de ses mains , qu’il l’appluiua à la culture de ce lieu de délices , qui devoii être sa demeure ; et U semble qu’en lui déterminant cette occupation, il voulut faire sentir à tousses descendants, que c’etoit à lui seul à nous marquer tm emploi et une occupation dans cet univers où il nous a placés.

Mais quand sa souveraineté ne lui donneroil pas ce droit sur la créature , sa sagesse devroit l’établir seul arbitre de nos destinées. Car connots sont tout seul les plus .secrets penchants de nos cœurs ; développant déjà dans les premières ébau elles de nos passions , tout ce que nous devons être; jugeant de nous-mêmes par tes rapports di

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vent de vice ou de vertu , que les sitiialioun inflnies où il pourroii nou« (•laeer ont avec lea qualités naturelles de notre ame ; dccou^Tant en nous mille dispoaitionscadiees que nous ne ronnulvonspas, et qui n'attendent que l’ocrasion pour paroltrey seul, lorsqu’il tira tout du néant, et qu'il donna i tous les êtres cet amnfremeni atimirahle et ce cours harmonieux que la durt^ des temps n’a jamais pu altérer, il put prévoir quelles idoient dans cet assemhlage si bien assorti, les circonMances du siècle, de la nation, du pays, de la naissance, des talents, de l'état, les plus favorables à notre salut ; et en les ra.s»eniblam par un pur effet de sa miséricorde, en former comme le fll et toute U suite de notre destinée. Aussi les apùtiTs ne s'adressent i lui pour dmLsir un MCcesMiir au dtst'ipie infidèle, que parce qu'il conndt les cœurs : Vous qui eonnoiisfz les ctrurs de (ota les Aommei, lui dbent-ils, moulrea-iiotis celui que vousavez choisi. ( Act., 1 , 24.) •

En effet, mes Frères, Dieu seul nous coiinolt, et nous ne nous ronnoksons pas nous-mêmes ; nos pendtanls nous séduisent; nos préju^ nons eiitralnenl; le luniiiUe des sens fait que nous nous perdiHw de vue : tout ce qui nous environne nous renvoie notre imasfe ou adoiideou diainrée : et il est vrai que nous ne poiivous nous clioisir i nousmêmes un état sans nous méprendre, parce que nou.s ne nous connoissons f»as assez pour dédder sur ce qui nous convient ; nous sortons même des mains de la souveraineté et de la satresse divine; nous devenous i nous-mêmes nos gukles et nos soutiens : et semldablea au prodig^uede l'Évangile, en forçant le {>ère de famille de lakser à notre disposition et ê notre caprice les dons et les talents dont il vouloit lui-même régler l'usage, nous rompons Ions les liens de dépendance qui nous liolent encore à lui ; et an lieu de vivre sous la protection de son liras, il nous laisse errer loin de sa présence an gré de nos liassions , dans des contrées étrangères.

Seconde raison. Si ta méprise dans te cIkhx d'un étal de vie est si fort à craindre, c'est principolcmeiti du cété de* grâces et des secours dont elle nous prive. Oui, mes Frère», comme les ministères sont dirférents dans le corps de Jésus-Christ , les dons et les grâces le sont aussi. Comme tous les états ont leurs dangers et leurs difncullés particulières, il leur faut «i tous des secours propres, pour vaincre ces obstacles, et pour éviter ces périls. Il est dans les trésors de la miséricorde divine des grâces de magistrature , pour ainsi dire , de sacerdoce, de commandement militaire, de père de famille, d'homme public, de personne privée; des grâces de mariage, de célibat, de

cour, et de retraite; et comme Di jamais la fîn, uns préparer en m< moyens pour y arriver; en marquan seils éternels à chacun de nous l'<\U que nous opérassions notre .salut, il choix des secours propres et singi accomplir les devoirs.

Mais, mes Frères, pour particif d'un état , il Tant que Dieu lui-mèi appelés. Si vous vous êtes placé vot à vons-même à vous soutenir : s’il préparé la voie où vous êtes entré donnera pas sa main secourable, e cherez tout seul. Il ne doit pasdén faveur l'ordre immuable de ses oon vous êtes sorti du pian de sa provld pas à lui à rétracter la stabilité d< pour s'accommoder à vos caprices livrer à votre propre malheur : \<a choisi la situation et le ministère qu noii dans le corps mystique de son G donc plus vous regarder que comro monstrueux qui est liors de sa pla saiiroil plus recevoir les influences t animent Unit le reste du coqis.

Ainsi le Seigneur , dans ses des.sei corde sur vous, vous avoit préparé retraite , de mortification , dechastet il vouloit vous sanctifier dans le secr loin du monde et de ses périls: il a vous attacher à lui par des liens sacn fiure porter son joug dès une lendn avoit même mis en vous des indinaiio et qui sembloienl vous montrer de loi vous preparoit; une ame simple et li prit paisible et naturellement éloigné étemelles que demande 1a vie do m< sirs secrets et continuels de vous cor mais malgré tons ces attraits et to heureux , où les desseim de Dteti soi soient écrits en caractères si intelltgibl êtes engagé sons un joug difTérenl : a dn lit nuptial sera donc pour vous un luxure et d'incontinence; vous violet sacrement honorable; vos enfants Iro vos exemples le modèle de leur» < monde où vous n'étiez pas appelé vi les périls où l'ordre de Dieu ne vous gagé seront pour vous des occa.sions i clmte : tout deviendra tentation ou t fbiblesse : les plaisirs les plus innocen votre oœor; les ol^ets les plus indiff funestes à votre innocence : lesdevoi ciles trouveront eo vous des répugna

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