‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 133 sur 348 · LA VOCATION · texte numérisé non relu

LA VOCATION

blés : Toos corromprez tOQt par d^injnstes usages : et où vos frères, que le Seigneur lui-méme a j^a* C(^ dans votre situation, seront en sûreté, vous trouverez qu’un triste naufrage. Ainsi la mer engloutit autrefois un propliète infidèle, malgré le secours d’un navire et rhabileté des pilotes, parce qu’il J étoit entré contre l’ordre de Dieu ; tandis qu’elle respecte les seules traces, et qu’elle s’aRèrmil sous les pieds du chef des apôtres , à qui le Seigneur avoit ordonné de marcher sur les flots, et de venir à lui. Tout est danger è quiconque o’a pas le Seigneur pour guide ; et le danger loi-mëme devient une sûreté à ceux qui marchent avec loi.

Mais, d’un autre côté, le Seigneur vouloil que vous opérassiez votre salut dans l’état de simple fidèle; il vous avoit préparé les grâces de cet état; et c’étoil la voie qui devoit vous conduire an terme heureux : les dissolutions même du premier âge , des penchants tumultueux de gloire et d’ambition, uncœurtrop vifet trop sensible au plaisir, toutcda vous marquoil assez qu’un ministère de travail, de modestie, de pureté angéli<}ue, de prière, d’étude, n’étoii pas votre place. Cependant vous avez ustirpé cei honneurdivin;vousvoii8 êtes placé vous-même dans le lieu saint ; vous êtes parvenu par des faveurs humaines , m'i la grâce toute seule devoit vous élever; vous vous êtes ouvert , par votre ambition, la porte de la maison du Seigneur, qui n'est ouverte qu’à l’humilité et à l’innocence ; vous avez obtenu en importunant une dignité qu’on ne peut mériter qu’en fuyant : mais qn’avez-vous fait ? tous vos ministères vont devenir pour vous des écueils : le tribunal sera le piège de votre innocence; la chaire, le théâtre de votre oi^eil; i’aiitel , le lieu de vos crimes ; le patrimoine des pauvres, l’occasion de vos profusions et de vos désordres; le commerce des choses saintes, ta source de votre irréligion et de votre endurcissement : si vous êtes pasteur , vous serez un mercenaire : si vous êtes élevé sur le trône sacerdotal , vous serez un homme de péché assis dans le temple de Dieu ; d’où viennent ces malheurs? votre vocation est l’ouvrage de l’homme; vous n’y ferez pas l’œuvre du Seigneur : vous possédez le don de Dieu avec injustice; vous en userez avec profanation : vous avez souillé le sanctuaire eu y entrant; vous le déshonorerez en le gouvernant : vous n’étes plus le médiatenr entre Dieu et les hommes , entre la terre et le ciel ; vous n'étes que l’anathème du de! et le scandale de la terre.

Hélas! mes Frères, si tant d*amet périssent tous les jours avec les grâces attachées à leur état ; si le disciple perfide devient prévaricateur , et déchoit de la grâce et du minutés^ de l’apostolat où Jésns-

Christ iut-méme l’avoit appelé ; si Salomon, établi roi par la volonté du Seigneur, et avec des marques si éclatantes et si singulières de sa protection et de sa bienveillance , trouve dans les périls de la royauté des écueils où toute sa foiblesse vient échouer; quelle pourroit être la destinée de ceux qui , privés des mêmes secours , sont exposés aux mêmes dangers ? Si la foiblesse de l’homme ne peut se soutenir souvent dans des voies où la main de Dieu même la guide , fera-l elle moins de chnles quand elle y marchera toute seule?

Qn est surpris après cela quelquefois, mes Frères , que les mœurs des chrétiens aient si fort dégénéré : on se demande d’où vient que nos sièdea sont si différents de ceux de nos pères; que tous les états ont corrompu leur voie ; que la magistrature n’est presque plus qu’une honorable oisiveté, ou un art de fhire servir les lois à dépouiller les peuples mêmes en faveur de qui elles ont été bites; qne la voie des armes n’est plus qu’une profession déclarée d’irréligion et de licence ; que la cour est le théâtre de tontes les passions ; <|ue tous les arts inventés pour les besoins et pour les délassements publics, ne fournissent plus qu’au luxe ou à la licence publique; que l’art des arts, riinnneur du sanctuaire, n’est presque plus qu’un trafic honteux d’amiHtion et de cupidité; que la contagion n’a pas même épargne ces asiles saints et religieux devés au milieu de nous; et que dans ces maisons de retraite, de prière, d’austérité, où il semble que le Seigneur devroil trouver celte foi qui n’est plus dans le reste de la terre, l’esprit du monde y règne quelquefets plus que dans le monde même : on en est, dis-je , supris ; et les Justes qui sont encore parmi noos en gémissent sans oes^e devant le Seigneur , et lui demandent avec douleur, d’où vient qu’il a abandonné son peuple.

Mais la raison n’en est pas difficile à trouver ; tout est corrompu, parce (pie nul presque n’est à la place où U devroit être. De là le magistrat, devenu l’arbitre des passions humaines sans ces grâces de lumière, d’intégrité, de fermeté, de zèle du bien public, si nécessaires pour remplir ses fonctions, n’est plus qu’un fantôme revêtu d’une rohedejustice et de dignité qui tourne à tout vent , et qui bit presque autant de chutes que de démarches. De là le courtisan engagé dans une vie de mollesse, d’ambiliwi, de dissimulation, de plaisir, et privé de cette droiture de cœur, de cette crainte de Dieu, de cette persuasion vive des vérités étemelles , qui conserva purs et sans tache les Daniel et les Esther au milieu même d’une cour infidèle, devient bientôt le triste jouet de toutes les cupidités humaines , et ne cooooU plus d’autre roaUre qu’un maître mor-

MERCHEDI DE LA UEt.VlEME SEMAliNE.

tel, et d'autre divinité que la fortune. De U l'homme | de guerre environné de ions les périls de son état, | sans les secours de cette sagesse , de cette fui cou> < rageuse, qui seule a pu sanctifier les Josué, lesGédéofl, les David, et tous les conquérantscliréliens au milieu delalicencedesannei, ne se défend pas long* temps contre des dérèglements dont il porte déjà toutes les dispositions dans son cœur. De U le ministre de Jésus-Christ destiné à être le sel de la l terre, et à guérir 1a oomiptiou des peuples , en est bienidt lui-même infecté , parce qu'il n'a pas reçu cette vertu sacerdotale qui sanctifie tout , et que rien ne peut souiller. De U enfin le solitaire, ou la vierge conaacrée à Jésus-Christ, s'étant durgés d'un fardeau pesant , et n'ayant pas reçu l’onction Minte qui l’adoucit, traînent indolemment et même i avec mumiure le joug, loin de le porter avec allé- : gresse; rendent au monde un cœur qu'ils n'avoient jamais bien donné au Seigneur; cachent sous les dehors de la mortification mille désirs profanes; retrouvent dans le silence de la retraite les images dangereuses des plaisirs, mille fois plus d craindre pour lecœur que les plaisirs mêmes; aiment cequ'Us ne peuvent plus posséder; tombent loin des périls, et d'un lieu de sûreté se font une occasion dediule.

VoiU, mes Frères, la source de la dépravation de tous les états, le défaut de vocation : et de cette dépravation, et de ce defaut de vocation, quellessuites irréparables ! dernière raison pourquoi la méprise ^ dans le choix d'un état de vie, est si fort i craindre. ^ Car je ne vous dis pas , que n'étant point dans la ' voie qui doit TOUS conduire au salut, plus vous mard»ez , plus vous vous égarez , et que ce n'est pas ainsi qu'on arrive : je ne vous dis pas que le défaut , de TOtreTocationestuDedecesfautessurlesquelles | on n'a presque jamais de remords; que loto de U réparer, parmi tant de personnes qui font tous les 1 jours des dnki téméraires, vous n'envoyez pas une seule qui s’avise même d'entrer U-dessus en scrupule : mais je vous dis : Comprenez-vous les suites irréparables d'une vocaiioa illégitime? Si TOUS êtes homme public, l'usage injuste de votre , autorité , tons les maux que vous fortes , et tous les i biens que vous ne faites pas : les peuples défendus, édifiés par un antre que le Setgueur eût mis à votre place, opprimés, scandalisés sous votre ministère; les abus autorisés, les desseins utiles mépri- •és : réparez, si vous le pouvez , ces désordres que vous ne sauriez même connoltre, et que votre exemple perpétuera peut-être jusqu'aux derniers Ages de la monardile.

Si vous êtes intrus ilans le lieu saint, les instructions, ou négligées, ou rendues inmiles par les exemples; les lois avilies et uns vigoenr, par faf-

foiblissement et les transgressions i les miiiLstres auiorbés dans leurs | par l'infidélité du pa&teur principa confirmés dans le crime; les foibles les Justes , uns consolation ; les sat fruit; les prières de rÉglise, uns ut 1ère, uns respect et uns dignité ; to< de 1s grâce fermées aux fidèles, pa de ceux qui dévoient les répandre canaux ucréi ; la perte de tant d'aa trouvé, dans le zèle et dans la piéU fidèle , la grâce et le ulut. Sondez, vez, cet abîme, et trouvez-y, si encore , une ressource.

Si vous êtes entré dans une mah mœurs devenues on modèle de r< piété affoiblie dans voa frères, par leur vocation ébranlée, («r voa docilité révoltée , par vos murmure du monde introduites dans le lieu discours ; la tiédeur et le désordre | votre mort , par le seul souvenir d

VotU, vous , mes Frères , qui Im fonts infortunés des vocaüoas injui affreuses, et les crimes infinis don vous rend coupables devant Dieu. I vez réparer, en afiligeant votre d»

criminelles; vos injustices, par vo scandales , par des exemples de ve et vos vengeances, par des actions < miséricmde : mais versez des tom dédommagerez-vous jamab Jésu perte d’une infinité d'aines, qui recueil de leur salut , dans le déré rignoraoce, dans le défaut de talc Ire, que votre cupidité , et non la v( avoil élevé anx premières dignit* roab distribuez tout votre bien aux placerez-vous jamais les ntaux qu’ et mondaine , que voire crédit se la tète des épouses de Jésas-Chri maison de Dieu ; les relâchement ; les âmes qu'elle y séduira ; h y anéantira ; les biens qu'elle y passions qu'elle y introduira; les ( y mettra pour toujours au rcnouve prit primitif, et au reCablbseroenl tes ? Ab! voire repentir et vos Itn jamais des crimes qu'ils ne sauroiei ou , pour parler plus exaciemefit , repentirez jamais ; et les larmes , f ne vous seront jamab accordées.

Mab ri les suites de cette mép râbles , mou dier Auditeur, pour

LA VOCATION. âGi)

bitienx qnî vous l'ont inspirée , elles ne le sont pas moins pour vous ^ qui avez eu le malheur de vous méprendre ; car je suppose même que vous en êtes louclie de repentir; quris remèdes vous i prescrire? quelles mesures prendre? Vous êtes revêtu d’une digniié sainte ; but- il découvrir votre ignominie en vous en dépouillant ? Faut-il dissimuler l’ignominie de l'Église en vous y soufTrant ? Faut-il vous arracher de l'autel , où vous avez pam dev'ani ravsemblêe des Hdèles ? Faut-il vous y laisser contre i’onlre de Dieu qui vous en rejette? et d’ailleurs f votre repentir sera-t-il même assez héroïque pour en venir à ces dépouillements d’éclat y à ces dcmardies extraordinaires , sans lesquels pourtant il n’est point de salut pour vous ? Vous êtes entré dans des engagements , ou de mariage, ou de religion, d’où il n'est plus en votre pouvoir de sortir; êtes-vous obligé à l’impossible pour vous sauver? mais, d’un autre côté, vous sauverez-vous dans un état qui, n’étant pas le v6tre, ne sauroitêtre la vmede votre salut?

O mon Dieu ! vous qui tenez entre vos mains les destinées des hommes, quelles ressources inconnues peut-il rester à votre grâce pour ces âmes inFbrtunées; et votre puissance elle-même peutelle empêcher qu’elles ne périssent ? Oui , mes Frères , et c'est une vérité de la Foi , quelle que puisse être la situation de la créature, son sort n’est jamais désespéré sur la terre ; il n’est point d’état où la pénitence ne soit possible ; le Seigneur n’est pas tellement assujéli aux lois de sa justice, qu’un excès de miséricorde ne puisse en tempérer la rigueur; et quoique la loi déclarât coupables de mort ceux qui entraient dans la diambre d’Assoérus, sans y être appelés , il restoit encore néanmoins une ressource aux téméraires qui l’avoient violée, et le grand roi pouvoit encore étendre sur eux le sceptre de sa douceur et de sa clémence. Mais que ces grâces étoient rares ! une Kaiber toute seule en a été Favorisée : et qu’en est à plaindre, si, condamné à périr par ta loi commune , tout Tespoir do salut ne raole plus que sur l’incertitode d’une exception dont on siècle entier Fournit à peine un exemple!

Ce n’est pas qoe je veuille ici jeter de vaines alarmes dans les conscience : la vérité ne tnmble que peur instruire et pour consoler. Ainsi , mon cher Auditeur, si vous n'avez pas encore fait ce choix important, évitez ces écueils; priez beaucoup; consultez vos talents, vos inclinations, vos Forces, vos Foiblesses, le intérêts de votre nlut; bannissez toute rues humaine ; atlirez snr vous la grâce d’un bon choix par l'innocence de votre vie ; tournez de ce cA!é-là tonte vm aUenUons,

et mettez tellement le Seigneur dans le intérêts de votre sort, qu’il ne le laisse jamais entre ve mains. Si le cIkmx est déjà Fait, et que vous doutiez si le moüb humains n’y ont pas eu plus de part que le vues de la grâce , rendez votre voetion certaine par vos bonne (puvre : comprenez que la fidélité aux devoirs de votre état est la plus sôre marque que vous y ête appelé : remédiez â ce qui dépend de vous : faiie-vous des remords utiles : changez cette tiédeur dangereuse où vous vivez, en une sainte vivacité ; cette vie tonte naturelle, en une vie de la foi; ces négligences coupables, en des attentions religieuses; ce mépris de vos obligaiions , en une fidélité qui vous (a^ respecter ce que vous devez aimer ; et ne vous calmez jamais sur la vérité de votre vocation , que lorsque vous en accomplirez tous les devoirs.

Mais s’il est clair que le Seigneur n'ait point du tout présidé à votre dioix : si l'imprudence, le respect humain , les passions seules vous ont formé un état de vie, votre sort est à plaindre, je l’avoue; mais U n’est pas désespéré : vous êtes loin du royaume des deux, U est vrai; mais vous pouvez encore y prétendre : tandis qu’on peut se repentir, on peut encore espd'er. Dieu peut accorder â la douleur d'un choix injuste , les grâces qu'il aurait accordées â un choix légitime : vous ti'êtes pas extérieurement daas son ordre ; mais le ocpitr y est toujours quand il se d<Hineâ lui ; vous occupez une place qn’il ne vous avoit pas destinée; mais nne foi vive, mais un amour ardent, mais un repentir sincère, sanctifient tous les états; et on est toujours à sa place , quand on sert et qu’on aime le Seigneur. Vous vous êtes exposé sur une mer orageuse contre son ordre , comme le prophète Jonas ; vous y êtes tombé comme lui an fond de l'ablme : il vous reste encore une ressource; élevez votre voix comme lui vers le Seigneur, lorsqu’il se vit enseveli dans le sein du monstre ; et diles-lui : Seigneur, quoiqu’un cliotx injuste m'ait soustrait â la main adorable qui devoii me conduire , je crie encore vers vous du sein de l’ablnie que vous avez ouvert pour me dévorer : De ventre inferi rfamari.(JoN.,2, 3 et seq.) 11 est vrai que rien ne peut égaler l’exirémilé du danger où je me trouve : un monstre énorme me lient captif et m’environne de toutes pans : yéby$sus vallavit me. La profondeur des eaux , comme celle de mes crimes , s’est élevée au-dessus de ma tête : Pelagus operuit caput meum. Il semble que la terre s'est creusé de nouveaux abîmes , pour m’y retenir éternellement : Terra vectes eoncluserunt me. Cependant , Ô Dien de mes pères ! vous qui les portâtes sur vos ailes à travers les flois de la

JEUDI DE LA DEUXIÈME SEMAINE

mer, qael(|ue désespérée que paroisse ma destU née, je ne laisse pas d’espérer encore de rous; vous saurez bien nie retirer quai^d il vous plaira du fond du gouffre où je nie suis jeté : rabime entend voire voix ; il me rendra i %*oo8 dès que vous lui aurez commandé de me rendre; et il ne vous sera pas plus difficile de me délivrer dans la profondeur de U corrupUon oii je me trouve, que si j’élois dans i’enceinie de Jérusalem : £i subtevabis de rorruplione vilam meam, Domine, Deus meut. Oui , grand Dieu ! malgré rexlrémité de mon état , qui semble m'interdire tout espoir de retour, j’espère que j’aurai encore la oonsolalioD de revoir votre temple saint, de vous y offrir mes actions de grâces , et de vous y apaiser, en mêlant ; au sang des victimes les lamies d’un repentir sin> j cère : f'erumtamen mrtks videbo templum sane> tam (ttum. Ah! que ceux qui, a^M-ès s’élre éloignés de vous, s’obstinent i vous fuir encore, et se font par un désespoir orgueilleux , de l’excès de leur misère , une raison pour ne plus souhaiter leur délivrance, soient abandonnés de votre miséricorde, puisqu’ils l’abandonnent eux- mêmes : Qui cttSfodlvNt ranthifes frustré^ misericordiam tuamdereiiMquuHt. Pour moi. Seigneur, quelque affreuses que soient les ténèbres de la mort où je suis enseveli, tandis qu’il me sera permis de vous Invoquer, il me sera permis dVspérer : £ga ou* fnn iii voce laudis immofo&o ftèi. Vous me verrez bien plus fidèle qu’auirefots à suivre vos voies saintes, si votre main secourable me délivre de ce péril : je ne rétracterai jamais les promesses que mon ame pénétrée de douleur vous fut dans ce lieu d’horreur : tx>rt, reddam pro

sainte Domino. Et le reste de ma vie ne sera ^os qu'un regret amer de vous avoir offensé , et de m'être soustrait à vos ordres, et une attention continuelle à mériter, par l'observance exacte de vos conimanderoenls, la récompense que vous promettez à vos senileurs fidèles.

y^ittsi soit-il.

SERMON

POl'R LE JEl'UI I>L LA DELEIÈDE SEMAINE

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