‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 141 sur 348 · L^ENFANT · texte numérisé non relu

L^ENFANT

Bien pins, (ont ce qui o^est paü marqué par le caractère honteux de la volupté, n'intéresssc plus. Les devoirs luêmes de la société, les foiic* fions d’une charge, les bienséances d’uoe dinmité, les soins domesli<|tifs; tout lasse , tout devient insipide, hors la passion. BalUiasar n’est plusap(>liqué au gouvernement de ses peuples, et ne sait pas même que Tennemi , déjà à la porte de sa capitale, va lui enlever le lendemain la vie et la couronne. Salomon est plus attentif à bâtir des temples profanes aux dieux des femmes étrangères , qu'à soulager son peuple , que ses profusions font gémir sous le |Mids des charges publiques. Les enfants d’Héii négligent les fonctions du sacerdoce. La femme de Babyloiie, toute plongée dans les délices, dit dans son cœur : Je ne veux plus que me faire adorer; il n’y aura plus ni soin , ni embarras, ni cliagrins qui m’occupent; Sedso résina:.... ft lucium non videbo. (Apoc., xvin , 7.) La femme dont U est parlé dans les Provertx», ne peut se souffrir dans l'enceinte d'une famille ; le sérieux d*un domestique lui devient itisup(>orlable ; iVee valens in domo consisiere pedibus suis. (Prov., vu, tt.) De là on se fait des occii|a(ions qui toutes ne tendent qu’à nourrir U volupté , des spectacles profanes, des lectures pernicieuses, des liarmonies lascives, des peintures oliscènes. Ilérode ne trouve plus de plaisirs que dans les danses et dans les festins. Salomon multiplie les concerts , et son palais retentit de toutes [tarts de cliants de volupté et de réjouissance. Manassès met dans le temple même du Seigneur les images de ses infâmes plaisirs. C’est le caractère de cette passion, de remplir le cœur tout entier : on ne peut plus s'occuper que d’elle; on en est possédé, enivré ; on la retrouve partout ; tout en retrace les funestes images; tout en réveille les injustes desin; le monde, la solitude, la présence, l’éloignement, les objets les plus indifférenU , les occupations les plus sérieuses, le temple .saint lui-mènie, les autels sacrés, les mystères terribles en rappellent le souvenir ; et tout devient impur, comme dit l’Apdtre, à celui qui est déjà impur lui-mème : Pe~ Tegrè profectus est in regioiiem loriginquam. Regardez derrière vous, aiue infidèle; rappelez ces premiers sentiments de pudeur et dé vertu avee iest}ucls vous ét iez née , et voyez tout le chemin que vous avez fait dans la voie de l’iniquité, depuis le jour fatal que ce vice honteux souilla votre cœur; et combien depuis vous vous êtes éloignée de votre Dieu : Peregri profectus est t» regionem foiiginquam.

Mais s’il n’est point de vice qui éloigne plus une ame de Dieu , U n’en est point en second lieu qui

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