SCR I-A MÉDISANCE
Ipse autrm Jf$us tioH ereâehat temeüpsum fis.
Mais JéfUsDefcfioUpotntàeQX. (Jian, it. 24.)
C’étoient ces mêmes pharisiens qui venoient de décrier dans l’esprit du peuple la conduite de Jésus-Christ. et d’enveninKr l'innocence et la sainteté de ses paroles , qui font semblant de croire en lui, el de se ranger (larmi ses disciples. El tel est, mes Frères, le caractère du détracteur, de caclter sous les dehors de l’estime et les douceurs de l'amitié, le fiel et Tamerlume de la médisance.
Or, quoique ce soit ici le seul vice que nulle drconsiance ne sauroit jamais excuser, c’est celui qu’on est le [dus ingénieux à se déguiser à soimême, et à qui le inonde el la piété font anjourd'hui plus de grâce. Ce n’est pas que le caractère du médisant ne soit odieux devant les hommes comme il est abominable aux yeux de Dieu , selon Texprewion de TEsprit saint : mais on ne comprend dans ce nombre que certains médisants d’une malignité plus noire et plus grossière , qui medisem sans art et .«^ans nu-nagement, et qui, avec assez de malice pour censurer, n’ont pas assez de cet esprit qu’il faut pour plaire : or, les médisants de ce caractère sont plus rares; et si l’(m n’avoil i parler qu’ê eux , il suffiroil d’exposer ici ce que la médisance a d’indigne de la raison et de la reli ■ gion , el en inspirer de l'borreur à ceux qui s’en reconnois«ent coupables.
Mais il est une autre sorte de médisants qui condamnent ce vice , et qui se le permelleni; qui dédiirent sans égard leurs frères , et qui s’applaudissent encore de leur mmiératioo et de leur réserve; qui portent le trait jusqu’au cœur : mais, parce qu’il est plus brillant et plus affilé , ne voient pas la plaie (]u’il a faite. Or, .ce genre de médisants est répaiMlii |>artout ; le monde en est plein ; les asiles saints n’en sont pa.s exempts : ce vice lie les assemblées des pécheurs; il entre souvent dans la société même des Just<*s : et l’on peut dire ici que tous se sont écartés du droit sentier, ci qu’il n’en est pas un seul qui ait conservé sa langue pure el ses lèvres innocenté;.
11 importe donc, mes Frères , de développer aujounThui l’illusion des pnMexles dont on .se sert tous les jours dans le iinindc {cur justifier ce vice, cl de l'attaquer dans les dreousiauces où vous le
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croyez le plas innocent : car de voo< le dépeindre en irünéral avec tout ce qu’il a de lias, de cruel , d’irréparable , vous ne vous recomuulriez puint à des traits si odieux ; et^ loin de vous en inspirer Thorreur, je vous aiderois à vous persuader à vousntêroes que vous n’en êtes pas coupables.
Or, quels sont les prétextes qui adoucissent , ou qui Jiisiilient à vos yeux le vice de la médisance? C*est premièrement la lé^reié des défauts que vous censurez : on se persuade que comme ce n’est pas une affaire d’en être OMipable , il n’y a pas aussi grand mal d'en être oe&scur. C’est en second lieu la notoriété publique, qui ayant déjà instntil ceux qui nous écoutent de ce qu’il y a de réfM^iensibie dans notre frère , fait que sa ré{Hitatkm ne perd rien par nos diioours. EnHii , le zèle de la vérité et de la gloire de Dieu, qui ne noua permet pas de nous taire sur les dérèglements qui le déshonorent. Or, of>posons à ces trois prétextes trois vérités inconiesUbles. Au {N'étexte de la lé’ gèreté des déAuts ; que plus les défauts que vous ceosnrez sont légers, plus la otédisaoc-e est injuste : première rérité. Au prétexte de la notoriété pu> blique ; que plus les défauts de nos frères sont connus, pias la médisance qui les censure est cruelle : seconde vérité. An prétexte du zèle ; (|ue la nièiue charité qui nous fait haïr saintement les pécheurs, nous fait oonvrir la multitude de leurs fautes : dernière vérité. Implorons, etc. Ave, .Haria,