DES DOCTES SUR LA RELIGION
Sed hunr srimu4 itnd^ sit, Otrutus autem cùm renet'ir. mmo trit und«' »'I.
Nuu9 uruiM d'où celui'Ci vient t m^is pour le Cbrist , lunqn'il pofolln . perMune qc saura d'où il virut.
(Jus. vil. 27.)
Voilà le grand prétexte que rincrédulité des Juifs upposuii à la doctrine et an ministère de Jé> 8us-Christ : des doutes sur la vcritc de sa mission. Nous savons qui vous êtes, et d’où vous venez, lui disoienl-ils : mais le Christ que nous attendons, quand il paroltra, nous ne saurons d’où il vient. 11 n’est donc pas clair que vous soyez le .Messie promis à nos pères : peut-être est-ce un esprit imposteur, qui 0|>ère )>ar vous des prestiges à nus yeux , et qui impose à la crédulUc du vulgaire: tant de scrlucteurs ont déjà paru dansla Judce, lesquels en se disant le graml prophète qui doit venir, ont irüiiqté les peuples , et se sont enfin attiré la punition due à leur imposture! Ne tenez plus UO.S e.sprits en .suspens : Quousqué aoimuin Tiosirnm foflb .'(JoAN., X, 2i.) El si vous vouiez que nous vous croyions le (Christ, monirez-nuus que vous l'êtes, d’une manière qui ne laisse plus de lieu au doute et ù la méprise.
Je n’oscroU le dire ici , mes Frères, si le langage des doutes sur la foi n'étolt devenu si commun [>arnii nous, que nous n'avons plus besoin de précaution pour entreprendre de le combattre : voilà le prétexte presque le plus universel dont on se sert tous les jours dans le monde , pour s’autoriser dans une vie tonte criminelle. Tout est plein aujunrd’liui de ces pécheurs, qui itous di-seiit froidement qu’ils se conveiliroient, s’ils éluient bien sûrs que tout ce que nous leur disons de la religion fût vérit aHc ; que peut-être il n'y a rien après cette
vie; qu’iU ont des doutes cl des difTiCDltés sur nos mystères, aux<|uelie8 ils ne trouvent point de réponse ()iii les suli.>fasse; qu’au fond , tout paroU assez incertain; et qu'avant de s’embarquer à suivre loutes les maximes sévères de l’Evangile , il faudroit être bien assuré que nos ;>eines ne sont |Mis perdues.
Or, Je ne veux pas aujourd’hui confondre l’increiliililé |>ar les grandes preuves ([ui établi^senl la vérité de la foi clirétienne : outre que nous les avons dt'Ja établies ailleurs, c’est un sqjel trop vaste |K>iir undiscours, et qui n’est pas môme souvent à la portée lie la plupart de ceux qui nous écoutent ; c'est faire souvent trop d’honneur aux objections frivoles de presque tous ceux qui se donnent pour esprits forts dans le monde, que d’em* ployer le sérieux de notre ministère à les réfuter et à les combattre.
Il faut donc aujourd’imi tenter une voie plus abrégée et plus facile. Mou dessein n’est pas d’entrer dans le fond des preuves qui rendent témoignage à la vérité de la foi; je veux seulemeut vous découvrir le faux de l'incrédulité; je veux vous prouver que la plupart de ceux qui se disent incrédules, ne le sont pas; que presque tous les pécheurs , qui nous vantent , qui nous allèguent sans cesse leurs doutes comme le seul obstacle à leur conversion, ne doutent point; et que de tous les prétextes dont on se sert pour ne pas changer de vie, celui des doutes sur la religion , qui est devenu le plus commun, est le moins vrai et le moins sincère.
Il |>aroU d’abord étoimaiU que j’entreprenne de prouver à ceux (|ui croient avoir des doutes sur la religion , et qui nous les opposent sanscesse, qu’ils ne doutent [K>int en effet : cependant pour peu que l'on connuisse les lioinmes, et qu’un fasse nttentioii surtout au caraclcrc de ceux qui se vantent de douter, rien n’est plus aisé que de s’en convaincre. Je dis à leur caractère , où entre toujours le deréglemenl, l’ignorance, et la vanité; et voilà les trois M>urces les plus ordinaires de leurs doutes : iis en font honneur à rincrédulité, qui n’y a presque point de part.
C’est premièrement, le déréglcinenl qui les projMise , sans oser les croire. Première réllexion.
C'est en second lieu, l’ignorance qui lesadopte, sans les comprendre. Seconde rélleviun.
C'est euHn lu vanité qui s’en fait honneur, sans pouvoir |tarvenir à s’en faire une ressource. Dernièrc réllexion.
C’csl-àHlire, que la plupart de ceux qui se disent incrédules dans le monde , sont assez déréglés pour desirer de l’èife; trop igoorauls pour l’éire
DULTKS SUR LA KLUGlON.
en effet; et assez vains cependant pour vonluir le paroUre. I)évflop{)onsces trois rcdkxions, devenues parmi nous d’un si ^rand iisaf^ ; et coiifundons le iil>ertiuage plutôt que riocréduliie, en le découvrant à lui-méroe.
Ji*e, Maria.