PREMIÈRE PARTIE
Il faut d’abord convenir, mes Frères , et il est triste pour nous (|ue nous de> ions cet aveu à la vérité ; il faut , dis-je, convenir que notre sU'Cle et ceux de nos pères ont vu de véritables incrédules. Dans la dépravation des nururs où nous vivuns , et an milieu des scandales qui depuis si long-temps aniigenl l'Église, il n’est pas surprenant qn’U se soit tronvé qnelquefois des hommes qui n’aient plus voulu connoltre de Dieu ; et «pie la foi si affuiblie dans tous, se soit enfin en quelques uns tout-à-fait cteinle. Comme dans tous les siècles paroissent certaines âmes clioLsies et extraordinaires, que le Seigneur rein(>lit de ses grâces , de ses lumières, de ses dons les plus éclatants , et en qui il prend plaisir de verser à pleines mains toutes les rieliesscs de su miséricorde : oti en voit aussi en qui l’iniquité est, (>our ainsi dire,, consommée , et que le Seigneur semble avoir marquées, pour faire éclater en elles les ju-.remeiits les plus terribles de sa jostice, et les effets les plus funestes de son abandon et de .sa colère.
L’£^llse, où tous les scandales doivent croître jusqu’à la fin, ne peutdoiic se glorifier d’tMre toutà-fait purgée du scandale de riiH'ré iuliié : elle a de temps en temps ses astres qui réclairtMit,etses monslresqui la dcligtirent; et à côté de ces grands hommes, célèbres par leurs lumières et par leur sainlelc, qui lui ont servi de soiuirn et d’ornement dans chaque siècle, elle a vu s’élever aussi une tradition d'hommes impies , dont les noms sont encore aujourd’hui l’horreur de l’univers, lesquels, {>ar des écrits pleins de blasphème et d’im- |délé , ont osé attaquer les mystères de Dieu , nier le salut et les promesses faites à nos pères , renverser le foiHlementde la foi, et prêcher le libertinage parmi les fidèles.
Je ne prétends donc pas , mes Frères , que parm i tant de libertins qui parlent au milieu de nous le langage de l’incrédulité, il ne s’en trouve quelqu’un d’assez corrompu dans l’cspril et dans le cipur , d’n.s.sez abandonné de Dieu, pour être en effet et réellemeni incrédule : je veux seulement établir que ces hommes impies, et fermes dans l'impielé, sont rares, et que parmi tous ceux (|ui nous vantent tous les jours leurs tiuulcs et leur in-