HOMÉLIE SDU L’ÉVANGILE DE LAZARE
yenl.cJvidf.
Venez. et voïcx. [Jun, xi. SI.)
Il n’est point de pécheur invétéré qui eût la force de se sou^i ir dans l’horreur de son état, s'il pouvoit se voir au naturel, et se connoltre. Une ame qui a vieilli dans le crime n’est supportable li ellemême, que parce que la même passiun qui fait tous ses malheurs, les lui cache; et que son désordre est en même temps et le glaive cruel qui fait la plaie, et le bandeau fatal qui la dérobe aux yeux du malade.
Voilà pourquoi l’Église, pour découvrir le pécheur à lui-même durant ce temps de pénileuce, nous représente presque tous les jours , sous de nouvelles images, l’étal déplorable d’une ame qui croupit depuis long-temps dans son péché : tantôt sous la figure d’un paralytique de trente-huit ans; et c’est pour nous maïquer rin!^n>ibilité et la |iaix funeste qui suit toujours l'hahitiide du ciime: tantôt sous le symbole d'un pro<iigue réduit à vivre avec les plus vils animaux ; et sous cc^ traits, elle veut nous faire sentir sou avilissement et sa bonie : tantôt sous l'image d’un aveugle-né; et c’est (K)ur nous peindre l’horreur et la profondeur de ses ténèbres : tantôt enfin sous la paraUile d’un esprit sourd et muet ; et c’est pour nous figurer f»liis vivement l’asservissement où riiabitude criminelle retient toutes les puissances d’une ame iafui tunée.
Aujourd’hui, comme pour rassembler U»us ces traits difierents sous une seule image encore plus terrible et plus toucluuiie, l’Eglise nous propose
Lazare dans le tombeau ; mort depuis qoMre jours, exlialanl déjà l’infrction et la puanteur, les pieds et les mains liés, le visage couvert d’un voile lugubre, et n’exciunl plus que rhorreur de ceux mêmes que la tendresse et le sang lui avoienl le plus étroitement unis pendant sa vie.
Venez donc, cl voyez, vous, mon cher Auditeur, qui vivez depuis tant d’années sous le joug honteux du désordre , et qui n’êles point louché du malheur de votre état : êi vide. Accourez
à ce tombeau que la voix de Jésus-Chrisi va ouvrir aujourd’hui à vos yeux; et venez voir dans ce mtectacle d’infection et de pourriture , l’image naturelle de votre ame i ^eui, et vide. Vous courez à des spectacles profanes, pour y voir, vos passions représentées sous des couleurs agréables et trompeuses : venez les voir ici exprimées an naturel ; venez voir dans ce cadavre infect et puant, ce que vous êtes aux yeux de Dieu , et combien votre état est digne de vos larmes : Fent, et vide.
Mais de peur qu’en exposant ici seulement toute l’Iiorreur de l’état d’une ame qui vit dans le désordre, je la trouble et la décourage, sans lui tendre la main, et lui aider à sortir de cet abtme; pour ne rien omettre de Thisloire de notre Évangile, je U partagerai en trois réflexions : vous verrez dans la première, combien est affreox et déplorable l’état d’une ame qui vit dans l’habitude du désordre : je vous montrerai dans la seconde, par quels moyens elle en peut sortir : et dans la Iroistème, quels sont les motifs qui délerroinèrent Jésus- Qàrist à opérer le miracle de sa résurrection et de sa délivrance. O mon Dieu! faites entendre aujourd’hui votre voix puissante à ces âmes infortunées qui reposent dans tes ténèbres et dans les ombres de ja mort : ordonnez ttioore ilne fois à ces ossements arides de se ranimer, et de recouvrer la lumière et la vie de la grâce qu’ils ont perdue.
.^ve, Maria.