DEUXIÈME PARTIE
Dès que l’homme est l’ouvrage de Dien, l’bonune ne peut plus vivre que cotiformément à la volonté de son Auteur ; et dès que Dieu a fait de l’homme son ouvrage , et son ouvrage le plus parfait, iln’a pu le laisser vivre au liasard sur la terre , sans lui manifester sa volonté, c’est-à-dire , sans lui prescrire ce i|ii’il devoir à son Créateur, aux autres liommes , et ce qu’il se devoir à lui-même. Aussi , en le tirant de la boue , il imprima dans son être une lumière vive, satis cesse montrée à son cœur, qui régloit tous ses devoirs. Mais toute chair ayant corrompu sa voie, et l’abondance de l’iniquité qui avoit prévalu sur la terre, n’ayant pu à la vérité effacer entièrement cette lumière du cœur des hommes; mais ne leur permettant plus de rentrer en eux-mêmes et de la consulter, et ne paroissant plus même se maintenir encore en eux , que pour les rendre plus inexcusables; Dieu, dont les miséricordes semblent devenir plus abondantes, à mesure que la malice des hommes augmente, voulut bien graver sur des tables de pierre cette loi que la nature , c’est-à-dire , que lui-même avait gravée datis nos cccurs ; il mit devant nos yeux la loi (|iie nous portions au dedans de nous, afin qu’elle nous rappelât à nous-mêmes. Cependant , le peuple qui en fut le premier dépositaire , l’ayant encore déligurée par des interprétations t|ui en alléroicnt la pureté; Jésus-Christ, la sagesse et la lumière de Dieu , est venu enfin sur la terre lui rendre sa première beauté ; la purger des altérations de la synagogue ; dissiper les ténèbres qu’une fausse science et îles traditions humaines y avoient répandues ; en développer toute la sublimité , en appliquer les règles à tous nos besoins , et en nous laissant son Évangile , ne laisser plus d’e.\cuse, ni à l’ignorance , ni à la malice de ceux qui en violent les préceptes.
Cepetidant , le second prétexte qu’on oppose dans le monde à l’évidence de la loi de Dieu , est la prétendue ambiguité de ses règles ; on nous accuse de faire dire à l’Evangile tout ce que nous voulons ; on conteste sur tout ; on trouve des répliques à tout; on répand des ténèbres sur tout , et on ob-icurcit tellement la loi , tpie le monde luimême veut avoir l’Evangile de sou côté.
Or, je dis qu’outre l’évidence de la conscience ,