SUR L'IMMUTABILITÉ DE LA LOI DE DIEU
Si veritaUm dko vobl$ , quart «ou creditu mlA» ?
Si je vout dit U «érilè , pourquet ne aie croyei-vooi pu?
Ce n'est pas assez d'avoir défentlu l'évidence de la loi de Dieu , contre l’ignorance affectee des pécheurs qui la violent, il faut eucure établir i>on immutabilité contre tous les prétextés qui semblent autoriser le monde à se dispenser de ses règles saunes*
Jésus-Christ ne se contente pas d'auiKNiceraus pharisiens, que la vérité qu’ils connaissent les jugera un jour; qu’ils avoieul beau se la dissimuler à eux-mêmes, et que le crime de la vérité connue et méprisée demeiireroii à jamais sur leur tête. C'est par l’évidence de la lui qu'il les rappelle d'abord à leur propre comcience : il les accuse ensuite d’avoir donné atteinte même à son immutabdilé; de substituer des usages et des Iradiiions humaines à la perpiUiité de scs règles; de les accommoder aux temps , aux circonsiioees , aux inléréu ; et leur déclaré que jusqu’à la fin des siècles, un seul iota ne ^era pas cliangé à sa loi , que le ciel cl la terre passerunt , mais que sa loi et sa parute sainte sera toujours la même.
El voilà, mes Frères, le» abus qui régnent »• oore parmi nous oonue 1a loi de Dieu. Koiis vous avons montre que malgré les doutes et les obscurités q'i€ nos cupidités répandoienl sur nos devoirs, la lumière de la loi , toitjours supérieure à nos paisioas , ditfipoil malgré nous ces ténèbres , a que nous u’élioni jamais de bonne Am dans les transgressiana que nous tàebioBs de nous justifier à nous-mêmes. Mais c’est peu de vouloir, comme les pharbiens , obscurcir l’évidence de la loi ; mois doimœis encore atteinte o^mme eus à son immutabibté : et comme si la loi de Dien poiivoit ehaoger avec les mœurs des siècles , les différences des eonditions, la néoeft»ité des situations; now croyons pmivoir l'accommoder è ces irob circonsuncos différentes, et y trouver des prétextes, ou pour en adoucir 1a sévérité , ou pour en violer tout-lfàit les préceptes.
En effet , premièrement , le cœur des hommes eiit changeant; chaque siècle volt naître parmi now de nouveaux usages; les temps et les conttimes décident touj«Hirs de nos mœurs : or, la K» de Dieu est immuable dans sa durée; toujours U
4*(i DiMAiSCHK. Di
tn^me dans tous ies temps, et dans (oos les lieux ; et par ce premier caractère d'inmiutabililé, elle seule doit être la règle constante èt perpétuelle de nos mœurs : première rëllexion.
Secondement , le cœur des hommes est vain ; tout ce qui nous égale avec le reste des hommes blesse notre orgueil ; nous aimons les distinctions cl les préférences; nous croyons trouver dans l’é- Icvatioii du rang et de la naissance des privilèges contre la loi : or la loi de Dieu est inmiunble dans son étendue ; elle égale tous les états et toutes les conditions; elle est la même pour les grands et pour le peuple, pour le prince et pour les sujets; et par ce sc'cond caractère d’immutabilité , elle doit ramener aux mêmes devoirs cette variété d’états et de conditions , qui répand tant d’inégalité sur le détail des mœurs et des règles : seconde réllexioii.
Enfîn, le cœur de l’homme rapporte tout à lub même; il se persuade que ses intérêts doivent l’emporter sur la loi , et sur les Intérêts de Dieu même ; les plus légers inconvénients lui paroissent des raisons contre la règle : or, la loi de Dieu est immuable dans toutes les situations de la vie; et par ce dernier caractère d’immutabilité, il n’y a ni perplexité, ni inconvénient, ni nécessité apparente qui puisse nous dispenser de ses préceptes : dernière rHiexion.
Et voilà les trois prétextes que le monde oppose à l’immiUabilité de la loi de Dieu confondus : le prétexte des mœurs et des usages; le prétexte du rang et de la naissance; le prétexte des situations et des inconvénients. La loi de Dieu est immuable dans sa durée; donc, les mœurs et les usages ne «auroient la changer : la loi de Dieu est immuable dans son étendue ; donc, la différence des rangs et des condiliotts la laisse partout la même : la loi de Dieu est immuable dans toutes les situations ; donc, les inconvénients, les perplexités, n’en justifient jamais la plus légère transgression. lmploi'ons,etc.
Jee, Maria.
PREMIKI\E PAUTiE.
Lu des repiuclœs les |dus pressants et les plus ordinaires que les premiers apologistes de la reli> gion faisoient autrefois aux )>aiens, c’étuil l’in^ta' bililé de leur morale, et les variations éternelles de leur üoclrine. Comme la plénitude de la vérité ne se troiivoit pas dans leur vainc philosophie, et qu’ils ne puisoient pas leurs lumières , ULsoit Tertullien,dans celte raison souveraine qui éclaire tous les esprits , et qui est le docteur iinmuahle de la vérité ; mais dans la corruption de leur cœur, et dans la vanité de leurs pensées; ils quaUüoieul le
LA PASSION
bien et le mal selon leurs caprices, et les vices et les vertus étoienl pres<}ue parmi eux des noms arbitraires : A/afam oc èontim pro arbifrto ac lt6idi))eiMferprefaMfiir.(TKRTLLL.) Cependant, continue ce Père, le caractère le plus inséparable de la vérité, c’est d’êire toujours le même ; le bien et le mal tirent leur immutabilité decellede Dieu même, qu’ils glorifient ou qu’ils outragent : sa sagesse , sa sainteté, sa justice, sont les seules règles éternelles de nos iiiœurs, et il n’appartient pas aux hommes de clianger à leur gré ce que les hommes n’ont pas établi , et ce qui est plus ancien que les hommes mêmes : /iwc est rcrifatts infc(;rilas: non mttfore sententiam f nec variare judidum : non pôles! aliud esse quod veréquUlem 6oniim est seu maluin: omnid prîtes Del reri tatem /ijasuiif.(TERTULL.)
Or, il n'eloit pas étonnant que la morale n’eût rien de fixe dans les écoles païennes , livrées à l’orgueil et aux varialious de l’esprit humain; c’étoit la vanité, et non pas la vérité, qui faisoil les pliilosophes; les règles cluingeoienl avec les siècles; de nouveaux temps araenoieiu de nouvelles lois : en un mot, la doctrine ne cliangeoil pas les mœurs; c'était le diangemenl de mœurs, qui enlralooit toujours cehii de la doctrine.
Mais ce qui étonne, c’est que les chrétiens, qui ont reçu du ciel la lui clcrnelle et immuable qui règle les mœurs , la croient aussi diangeante que la morale des philosophes; qu’ils sc persuadent que les devoirs rigoureux que l’Evangile prescrivoit ti’aburd aux premiers âges de l’Eglise, se sont adoucis avec le i elâcliemeiii des mœurs , et ne sont plus faits pour raffuiblisseiuent ei la corruption de nos siècles.
En effet, mes Frères, l’Évangile, la loi de Jésus-Christ , est Immuable daiLs sa durée : voyant tout changer autour d’elle, seule elle ne change point; les devoirs qu’elle nous prescrit, fondés sur Us besoins et sur la nature de riiomme, sont de tous les temps cl de tous les lieux, comme elle. Tout change sur la terre, parce que tout se sent de la mutabilité de son origine : les empires et les états ont leur progrès et leur décadence : les arts et les sciences tombent ou se relèvent avec les siècles : les usages cltangent sans cesse avec le goût des peuples et des climats : du haut de son immutabilité, Dieu semble se jouer des choses humaines, en les laissant daiis une révolution éternelle ; les siècles à venir détruiront ce que nous élevons avec tant de soin ; nous détnibons ce que nos pères avoienl cru digne d’une durée éternelle ; et |>our nous apprendre le cas <}uc nous (levons faire des choses d’ici*bas , Dieu permet qu’elles n’aient rien de fixe et de solide.
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IMMUTABILITÉ DE LA LOI
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que l'inconstance même qui les af^te sans cesse. {
Mais au milieu des changements des mceare et , des siècles, la loi de Dieu demeure toujours la rè- i gie immuable des siècles et des mœnrs. Le ciel et la terre passeront , mais les paroles saintes de la loi ne passeront point : telles que les premiers fidèles les reçurent à la naissance de la foi, telles les avons-nous encore anjonrd’hui, telles nos desoen* dants les recevront un jour , telles enfin, les bien* heureux dans le ciel les adoreront, les aimeront éternellement : la fen eiir ou le dérèglement des sièdet n’ajoute ou ne diminue rien à leur indulgence ou à leur sévérité ; le zèle ou la complaisance des liommes ne les rend ni plus austères, ni plus accommodantes : la rigueur outrée ou le relârhement excessif des opinions et des doctrines, leur laisse toute la sage sobriété de leurs règles; et elles forment oel Kvangile étemd, que l’Ange, dans TApocalypse, annonce dès le commencement, du haut du cid, à toute langue et à toute nation : FA vidl a/tfr«m Angelutn vofanlem per medium crrlum, habentem Evangelium ætemumf «il erangelizaret sedeniibus euper omitcm lerrom.
( Apix:. , XIV, 6. )
Cependant, mes Frères, lorsque nous vous représentons quelquefois dans les mœurs des premiers fidèles, tous les devoirs de l’Évangile exactement remplis, leur détacliement du monde, leur éloignement des llK’âtres et des plaisirs publics, leur assiduité dans les temples, la modestie et la décence de leurs parures, leur charité pour leurs frères, leur indifférence pour tontes les choses périssables, leur désir continuel d’aller se réunir à Jésus-Christ : en un mot, celte vie simple, retirée, mortifiée, soutenue par des prières ferventes, et par la consolation des livres saints , et telle enfin que l’Évangile la prescrit à tous les disciples de la foi : k>rsque nous vous rapprochons, dis-je, ces anciens modèles, pour vous Cure sentir, par la différence des premières mœurs d’avec les vôtres, combien vous êtes loin du royaume de Dieu; loin d’èlre effrayés de vous trouver dissemblables à un point, qu’on croiroit à peine que voos fussiez disciples d’un même maître, et sectateurs de la même loi , vous nous reprochez de rappeler sans cesse jusqu’à l’eniiui ces premiers f temps, de ne parler que de l’Église primitive, '' comme s’il étoil possible de régler nos mœurs sur des mœurs dont il ne reste depuis long-temps aucune trace, impraticables aujourd’hui parmi nous, et que les temps et les usages ont universellement abolies : vous dites qu’il faut prendre les hommes tels qu’ils sont; qu’il seroit à souhaiter que la première faveur se fût comervée dans l’Église ; mais
que tout se relâche et a’affoibiit avec le temps; et que vouloir nous ramener à la vie des premiers sièdes, ce n’est pas proposer des moyens de salut, c’est prêcher seulement que personne n’y doit plus rien prétendre.
Mais je vous demande, premièrement, mes Frères, les temps et les années qui ont si fort altéré la pureté du christianisme, ont-elles altéré celle de l’Évangile ? les règles sont-elles devenues plus commodes et plus favorables aux passions, parce que les hommes sont devenus plus sensuels et plus voluptueux ? et le relâchement des mœurs a-t-il adouci les maximes de Jésus-Christ? Lorsqu'il a prédit dans l’Évangile, que dans les derniers temps, c’est-à-dire, dans les siècles on nous avons le mall>eur de vivre, il ne se trouveroil presque plus de foi sur la terre , que son nom y seroit à peine connu, que ses maximes y seroient anéanties, que les devoirs seroient incompatibles avec les usages , et que les Justes eux-mêmes se laisseroient presque souiller par la coniagion universelle, et entraîner au torrent des exemples : a-t-il ajouté qu’alors, pour s’accommoder à la corruption de ces derniers temps, il reldcheroil quelque chose de 1a sévérité de son Évangile; qu’il consentiroit que les usages établis par l’ignorance et le déréglement des siècles, succédassent aux règles et aux devoirs de sa doctrine; qu’il exigeroit alors de ses disciples, infiniment moins qu’il n’exigeoU à la naissance de la foi; et que son royaume, qui n’éloit d’abord promis qu’à la violence, seroit alors accorde à l’indolence et à l'oisiveté? l’a-t-il ajouté, je vous le demande? Au contraire, il avertit ses disciples qu’alors, que dans ces derniers temps, il faudra plus que jamais veiller, prier , jeûner , se retirer sur les montagnes , pour se mettre à couvert de la corruption générale : il les avertit que malheur alors à ceux qui resteront exposes au milieu du monde ; qu’il n’y anra presque de sûreté que pour ceux qui se dépouilleront de tout, qui fuiront du milieu des villes; et U finit par les exhorter encore une Ibis de veiller , et de prier sans cesse , pour n’ëtre pat enveloppés dans la condamnation générale : F'igi' late ifoqiie, omni tempore orautes, uf ûabeamiNi fvgere tsfa omnia quœ futura sunf. ( Li'C. , XXI , 36. )
Et en effet, mes Frères, plus les désordres augmentent, plus la piété doit être fenenie et attentive; plus nous sommes environnés de périls, plus la prière, la retraite, la mortification, nous deviennent necessaires. I.e dérèglement des mœurs d’aujourd’hui ajoute encore de nouvelles obligations à celles de nos pères; et loin que la voie du
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salut auii devenue pini abée que danilet premiers temps, nous périrons a^ec une vertu médioci-e, qui, soutenue alors par Texenqde commun, auroil peut 'être suiïi pour nous assurer le salitl.
D'ailleurs, mes Frères, je vous demande en second lieu ; croyez-vous de bonne loi que les préceptes riguiireux.de l'Fvamrile, ces nuximes 4.e croix, de violence, de renoncemeni, de inép* is du monde, n’aient été faites que pour les premiers dtees de la fû ? Croyez -vous que Jésus-Cto isl a t des'ine toutes les ligueurs de sa doctrine |>oor ces liommes cliasteK, innocents, charitables, fervents, qui sivuienl dans ces lem{w lieureux de FiCgltse; ces lioinnies qui s’interdiiuieni enx-môlues lo is les plaisirs, ces premiei's liéi'os de la religion, qui couservoieiU pre>que tous jusqu'à la lin, la grâce de la régeneratiiui qui les avoii faits cliretiensi’ Quoi ! mes Frères, Jesus-Chrisl u'aiiroit rec<Nii|»eiisé leur zèle et leur üdelite, (ju’tn aggravant leur joug, et il auroil réserve pour l^s luminies corrompus de nus siècles toute sou induU'enoe.^ Quoi! mes Frères, Jésus-Chrisl u'auroil fait des lois sévères de pudeur, de ntude.Mie, de retraite, que |)our ces premières femmes diretiennes qui renouçoienl à tout pour lui plaire; qui ne se |iartageoieui qu'entre le Seigneur et leur époux ; qui , renfermées dans reuceiule de leurs maisons, élevoieut leurs enfauts dans la foi et dans la piété? les Electre, les Eunice, les Mde, ces premières béruioes de la foi? et il exigeruit rooiiw aujourd'hui de cén femmes molles, vulopliieuses, iiioiidaiiies , qui blessent tous les jours nos yeux |>ar riudéceiice de leurs parures, et <jui corrompent les emurs par 1a liberté de leurs ffla'iu's, et les pièges qu’elles tendent à riniioceiice? Ft on seroit ici Téquilé et la sagesse tant vantée de la morale chrétienne? Ou exigeroit donc plus île celui qtii doit moins? les transgressions de l;i loi dis|iei:s TO'renl donc de sa sévérité ceux qui la violon ? il siifHroit d'avoir des |kas>»i<iiis pour être en droit de les satisfaire? la voie du ciel s’aidoniroit |»our les pécheurs, et couseiveruît toute son âpreie (tour les Justes? et plus les hommes auroieiil de vices, moins ils auroient liesoin de vertu?
De |dus, suiifirez <|ue j’ajouie en dernier lieu, mes Frères : .si le cliaiigement ties mœurs pxivoit changer les règles, si les iisage^i pouvoicnl jnsti- 6er les aluis , la loi étemelle de Dieu s’accommoderoii donc à riiiconstaiice des temps, et au goât bizarre des hommes? Il faiidroit donc un Évangile pour chaque siècle et pour chaque nation? car nos usages u’iloieut |»as établis ihi temps de noi Itères; suiis doute ils ne (ta-seroni pas jnscprà nos deruierB neveux : Us ne sont pas communs à
tons les peuples qui admit comme umts Jésos- Chi isL Donc ces usages ne peuvent , ni devenir noire règle, ni 1a diaoger; car la règle est de lotis les temps et de tous les lieux : donc de nouvelles nm-urs ne forment pas pour nous un nouvel Evangile, puÎM|u’il faiidroit dire anatlièfneà un Ange même qui viendroil nous en anooncer un nouveau, et (|iHi l’Évangile ne aeroit plus qu’une loi bunMine , et point sûre pour les hommes , si elle pouvuii danger avec les liommes : donc il ne but |kis juger des règles et des devoirs par les mœurs cl |>dr les usages, mais juger des usages et des niu iirs par les devoirs et par les règles : donc c’est )<j loi de Dieu qui doit être la règle constante des leiiqts, et non pas 1a variation des temps, devenir la rrgle même de la loi de Dieu.
ISe nous dites donc plus, mes Frères, que les temps ne sont plus les roèmee ; ma» la loi de Dien ne i’est-eUe pas ? que vous ne pouvez pas réformer (iKBUi'S universellement établies; ma» on ne vous charge pas de la réformation de ruoivers : clw n.'es-vous vous-nUme; sauvez votre ame, dont vous êtes chargé; voilà tout ce qu’on exige de vous : qii’enfin, les chrétiens des premiers temps a^ui .111, ou plus de force, ou plus de grâce que iio»s; ah! ils avoient plus de foi. plus de eœsiatKc, plus d’amour pour Jésus-Christ, plos de mépris pour le mtmde : voilà tout ce qui tes dblingiioil de nous.
N'âvoo8-4ioos pas les mêmes sourree de grâces qu’eux, le même ministère, le même autel, la même vteliine ? Les miséricordes du Seigneur ne cnulcnt-elles pas avec la même abondance sur son Fgibie? N’avons-nous pas encore au miiiea de nous des amrs pures et saintes, qui foui revivre la foi et la fonreur des premiers temps, et qui sent des preuves vivantes de la poisthiliié des deveiie, ei des mts^ieordes du Setgseur sur son pau^? Ne dites donc pli» , dit rEsprit de Dieu , que les temps qui uous ont précédés avoient des avantages sur le iiûtre : JY« diras qttOd prtora tenapora mefiora ^ére quèm m«»ic siiMf ; sUfla #Mim r$t Aujusramodi interrogatio. (ëcclbs., vit, ii.) lien a lodjours coûté pour suivre Jésos Christ : il a fallu tlaus tous les temps porter sa croix, ne pas se cniiformer au siède corrompu, vivre comme des étrangers sur b terre : les Saints ont eu dans tons les temps, les mêmes passions à combattre que noos , les mêmes abus à éi Iter , les mêmes pièges à craindre, les mêmes obsbdet à surmonter : et s’il y a ici quelque différence, c’est que dans les premiers teiiqis, ce n'dtoient pas de setils usages aihiiraires qu’il hilloil éviter, les dérisions du monde seutement qu'oa avoit à ci^dre en se
IMMUTABILITÉ DE LA LOI
déclarant poor JèniaCbriKt; c'élotent les mpplices les plus cruels atixqiieU il blloil s’exposer; c’éioit la pui.<sai>ce des Cé^rs, et la fui-eur des jyraiiB qu’il falloU mépriser; c’étoient des superstiUona respeciMbles par leur ancienneté, autorisées par les lois de l’empire, et per le oonsentemenl de presque tous les peuples, dont il foiioit se dbpenser; c'éloit, en un mot, Tunivers entier qu’il blloit armer contre soi. Mais la fui de ces hommes pieux étoil plus forte que les supplices, que les tyrans, que les Césars, que le monde entier; et 1a nôtre ne peut tenir contre la bitarreriedes usages, ou la puérilité d'une dérision; et l’Évangile, qui pouvoit autrefois faire des martyrs, i peint peut-il aujutinrimi fuirner un fidèle. La loi de Dieu est dune immuable dans sa durée ; toujours la même dans tous les temps et dans tous les lieux : mais elle est encore immuable dans son étendue, et la niéme pour tous les états et toutes les conditions ; c’est ma seconde réflexion.