TEMPS
Je dis h réfiarable : car premièrement , les biens, les honneurs, la répniaiion. la faveur, quand on les peni , on peut encore les recouvrer ; ou peut même remplacer chacune de ces perles |iar d’aulres endroitsqiii nous en détiommagent avec usure : mais ces lemps perdus et liasses dans rinuiilité, sont autant de moyens de salut que nous n’aurons plus, et qui sont retraticliés du nombre de ceux que Dien nous avoil préparés dans sa miséricorde. En effet, dans tin espace anssi court que celui que nous a vous à vivre, nous ne (touvons pas douter <)ue Dieu n’ait eu des desseins partii'uliers sur cliacun de nos Jours et de nos moments ; qu'il n'ait marqué l’usage que nous en devions faire, le rapfiort qu’ils dévoient avoir avec notre salut eternel, et qu’il o’iit attaché à chacun des grâces et des secours pour consommer l’ouviage de notre saiiclincalion. Or, cea jours et et s moments étant |>erdus, les grâces qui leur éloient atlacliées le sont aus*ii : les mcMnenls de Dieu sont Unis, et ne reviennent plus; le cours de ses miséricoriies est réglé : nous avons cru ne perdre que des monuMits inuiiies; et avec eux nous avons |ierdu des grâces inrsiiiiiables , qui se trouvent rabattues de celles que la boulé de Dieu nous avoil destinées.
Irréparable, secondement, parce que disque jour, chaque moment, devoit nous avancer d’un degre vers le ciel : or, les jours et les moments perdus nous la s>aiil en arrière, et la durée de noire course étant d’ailleurs déierminée, la fin arrive que nous sommes encore fort loin ; qu’il n*y a plus assez de lemps pour fournir le reste de 1a eairièrc ; ou que du moins pour regagner les momcnls perdus et arriver, il faut doubler la niardie, avancer à (las de géant, remplir en un jour la carrière de plusieurs années, faire des efforts héroïques, nous hdler au-delà môme de nos forces ; en venir à de saints excès, qui sont des miracles «le la grâce, et dont W commun des hommes n’est pas d'ordinaire capable , et consommer dans un court intervalle ce qui devait être l’ouvrage laborieux de la vie entière.
Irréparable enfin par rapport aux œuvres de pénitence et de sati'faciion dtml on est capalde en cerluiiie saison de la vie , ti dont on ne l'est plus , quand on a attendu les iiifiriiiilés d’nn à;;e pins avancé. Car après tout, on a beau dire alors que Dieu ne demande point l'iniposélble ; qu'il y a une pénitence pour tous les âges , et que la religion ne veut [tas (pi’tMi avance ses jours sous prétexte d'expier ses fautes : c’est vous-mêmes qui vous êtes mis dans celle iin,>o>sibi)ilé : vos fautes ne ilimui’Hnt pas vos o!)ligd(iun;«; il faut q ie le péché soit puni pour être dlacé. Dieu vous avoit laissé du temps