‹ Œuvres de Massillon, Évêque de ClermontChapitre 225 sur 348 · LA PÉCHERESSE DE L’ÉVANGILE · texte numérisé non relu

LA PÉCHERESSE DE L’ÉVANGILE

eetf mulier, qua frat fit civltate pfrentrix, ut eog* nooU quàd JttKM acrubuiiset in domo pHarUtrl , attu- Ht alabnstrum ungurnti: fl4tnlu rrtrô terutpfdes fjut, larrgmia axpit rigare prdrs ejua , et rapittit enpilla lul tergebiit, et oaculnbatur pedea eJU4, et unguento ungebat.

En tn^mc temps une femme de li ville qui etoit de manvaise vie, ayant su que Jdsusetoit I table chez un pharisien, y apporta un vase d'all>Jtre plein d’huile de parfum ; et se tenant derrière lui a ses pieds en pleuraut. elle commença A les arroser de ses larmes; elle les essuyoltavec ses cbevenz, lesbaisoit.etyrepandüitceparfiun. (Luc, vu. 37.)

A des larmes si' abondantes, i une confusion si sincère , à des ministères si louchants , à une riémarclie si Itumilianle et si nouvelle, on comprend aisément , et ce que les passions avoieni pu sur le cœur de cette pécheresse , et ce que la grâce rient d'opérer en elle. La Palestine la regardoit depuis long temps, comme la honte et le scandale de la dlé : Millier in cirifale pecratrix ; la maison du pharisien la voit aujourd’hui comme la gloire de la grâce, et un modèle de pénitence ; Lacryinis ctrpil rigare pedes ejiis : quel changement, et quel spectacle !

Celle ame liée, il n’y a qu’un moment, des chaînes les plus bonieuses et les plus indissolubles, ne trouve plus rien qui l’arrête ; et sans hésiter elle court chercher aux pieds de Jésus-Christ «on salut et sa délivrance : cette ame jusqu'ici toute plongée dans les sens , et ne vivant plus que pour Ut volupté, en sacrifie en un instant les attraits les plus vifs et les attachements les plus chers ; celle ame enfin , jusque là impatiente de tout joug , et dont le cœur n'aroit jamais connu d'autre règle que le déréglement de ses penchants , commence sa pénitence par les démarches les plus humiliantes et les assujélissements les plus tristes. Que les œuvres de votre grâce sont admirables, 6 mon Dieu ! que la misère la plus déses|)érée est près de sa guérison , dès qu’elle devient l’objet de vos miséricoriles infinies ! et que les voies par où vous menez vos élus , sont rapides et abrégées !

Mais d’où vient , mes Frères , que de si grands exemples font sur nous de si fuibles imjrressiuns ? De deux préjugés très-opposés en apparence , et qui cependant partent du même princi|>e , et condnisent à la même erreur.

Le premier, c’est que nous nous figurons la con-

version do cœnr que Dien demande de nous, comme la simple cessation du crime , le refranchement de certains désordres oofrés, et que la bienséance seule commence à nous interdire. El comme ou l’âge , ou de nouvelles situations , ou des penchanu que le temps tout seul a changés, nous ont menés là ; nous n’allons pas plus loin ; nous croyons que tout est fait , et nous écoutons l’Iiistoire des conversions les plus touchantes que l'Église nous propose , comme des leçons qui ne nous regardent plus.

Le second va dans un antre excès ; nous noos représentons la pénitence chrétienne , comme un état affreux, et le désespoir de la foiblevse humaine ; un état sans douceur, sans consolation , suivi de mille devoirs tous plus désagréables au cœur; et rebutés par l’erreurde Celte triste image, les exemples de changement nous trouvent peu sensibles , parce qu’ils nous trouvent toujours découragés.

Or, la conversion de noire pécheresse confond ces deux préjugés, si dangereux pour le salut. Premièrement, sa pénitence non seulement finit ses égarements, mais les expie et les répare. Secondement , sa pénitence commence, il est vrai , ses larmes et sa douleur ; mais elle commence aussi de nouveaux plaisirs pour elle. Elle rend à Jésus- Clyist dans sa pénitence , tout ce qu’elle lui avoit ravi dans ses égarements ; en voilà les réparations ; mais la paix et les douceurs qu’elle n’avoit jamais éprouvées dans ses égarements, elle les trouve avec Jésus-Christ dans sa pénitence ; en voilà les consolations. Les réparations et les consolations de sa pénitence , c'est toute l’Iiisioire de sa conversion , et le sujet de ce discours.

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