DEUXIÈME RÉFLEXION
Et c’est ici la secr«nde épreuve, une épreuve de pénitence. Je ne prétends pas ici rappeler l’ancienne pratique de l’Eglise, et la discipline de ces siècles fervent« où l’on faisoil précéder les expiations publiques de la pénitence à la réconciliation du pt-niienl. L’Ezlise avoit alors ses raisons en étalili.ssant celte r^le : elle en a eu aussi en cessant de l’oltsener ; et c’est à nous, en soupirant sur la cessation de ses anciennes règles, à nous conformer à ses usages, et nmi ;>as à les réformer. Mais je v(His dis à vous, mou cher Auditeur, quaud ou ne
feroit alteotion qu’à tm mœurs passées, et à cet enchalDcment de désordres habituels que vous venez porter au tribunal, et qui ont toujours recororneni^ après la solennité , seriez-vous en état de venir vous présenter avec les Justes à la taUe sainte ? Quoi ! de la même bouche dont vous venez de raconter les horreurs de votre consdenee, vous iriez d’abord recevoir J ésus-Christ ? le cœur encore fumant de mille passions mal éteintes, que le lendemain va voir rallumer, vous oseriez participer aux mystères saints? riroaginationeucore souillée des traces toutes vives des crimes que vous venez de révéla au prêtre , vous viendriez vous mder parmi les anges , et vous nourrir de leur pain ? Quoi ! au sortir du tribunal , la communion vous tiendroit lieu de pénitence, elle qui en doit être bi récompense et la consolation, disent les saints? vous iriez de plain-pieddu crimeàrauiel? et loin de répandre quelque temps des larmes avec les pénitents, vous vien^iez d’abord vous ooosoler avec les Justes ? Mais ignorez-voos que oonune dans l'Église du ciel U n’y aura que les vierges innocentes, ou ceux qui auront lavé leurs vêtements dans le sang, et qui seront venus d’une grande tribulation , qui auront droit d’environner Tautel de l’Agneau ; de même dans l’Église de la terre U n’y a que les âmes innocentes et pures , on celles qui ont lavé leurs souillures dans le sang de U pénitetice, et qui ont passé par ses tribulations, à qoi il soit permis de venir environner Ttutd saint pour participer ê ses mystères?
En effet, un pécheur invétéré n’irrlvoil autrefois à l’autel , qu’après des années entières d’humiliations, de jeûnes, de macératioDs, de prières; il se purUioit long-temps dans les exercices pnblics d’une discipline pénible : il y devenoit un homme nouveau ; l’on ne voyoit plus en lui de restes de ses crimes passés, que dans les traces des macérations qui venoient de les expier ; et Ton peut dire que la divine Bucharislie étolt alors ce pain laborieux que l’homme pécheur ne mangcoit I plus qu’à la sueur de son front. Et parce qu’une sage dispensation a changé cet usage , vous supposeriez qu’avoir confessé des crimes invétérés c’est i les avoir punis; et que toute la pureté qu’exige la i cliair de Jétms-Cbrist, de celui qui la reçoit, c’est I qu’il ait découvert l’horreur et rinfeetion de ses I plaies? Ah! l'usage, mes Frères, n'a rien changé à la loi : l’Église a pu se relâcher sur les épreuves : publiques; elle ne se relàdiera -jamais à l'égard des pécheurs dont nous parlons, sur les épreuves paniculières : les siècles ont pu dégénérer de leur première ferveur, le cor|isde Jésnis-Cbriht n’exige pas nM>hu de portté de ceux qui en approchent.